• Une visite du quartier du Sentier avec l'Université Permanente

    Cette année, et pour la première fois, je me suis inscrite à l'Université Permanente de Paris qui offre aux Seniors habitant Paris depuis plus de 3 ans une profusion d'activités gratuites (surtout des conférences) dans le domaine culturel principalement, mais aussi des propositions de randonnées pédestres ou de promenades découvertes de la capitale.

    C'est ainsi que vendredi j'ai fait une visite guidée du quartier du Sentier (ce rectangle d'immeubles délimité par la rue du Sentier à l’ouest, le boulevard de Sébastopol à l’est, le boulevard Poissonnière et le boulevard de Bonne-Nouvelle au nord et la rue Réaumur au sud, et dédié à la confection textile).

    Le Sentier avec l'Université Permanente

    Le rendez-vous était donné au 2, Place du Caire dans le 2ème arrondissement.

    Le Sentier avec l'Université Permanente

    Celle-ci est ainsi nommée pour rappeler le souvenir de l'entrée victorieuse des troupes françaises au Caire le 28 juillet 1798 (conduite par Bonaparte). Les rues avoisinantes évoquent d'ailleurs l'Egypte (rue d'Aboukir, rue de Damiette, rue d'Alexandrie, rue du Nil...).

    La tête de la Déesse Hathor (identifiable à ses oreilles de vache) que vous apercevez entre les branchages de cet acacia aux belles couleurs d'automne, est l'un des trois hauts-reliefs ornant la façade de l'immeuble situé au niveau du Passage du Caire.

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    L'immeuble a probablement été réalisé dans le style "Retour d'Egypte" peu avant 1830 par Jules-Gabriel Garraud, architecte : à cette époque c'était "l'Egyptomania".

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    Une grande frise ornée de hiéroglyphes surmonte les trois têtes d'Hathor, chacune étant couronnée d’une Mastaba, ce qui confirme une bonne connaissance de l’art égyptien.

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    Une autre frise de hiéroglyphes forme la corniche de l’immeuble. On peut y voir la caricature d'Henri Bougenier, peintre du XIXème siècle dont le nez était, pour le moins, proéminent ! Il faut savoir que des caricatures de ce fameux "nez de Bougenier" ont été crayonnées à divers endroits de Paris par ses camarades de l'époque, en représailles d'une querelle.

    On peut se rendre compte sur la photo par la même occasion de l'élégance des chapiteaux en forme de feuille de lotus des colonnettes qui soutiennent la frise.

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    Donnant sur la Place du Caire, le Passage du même nom dont la construction en 1798 est attribuée à l’architecte Philippe-Laurent Pétrel : mesurant au total 370 m, c'est le plus grand de la Capitale). Il fit l’objet d’une vaste opération de lotissement des terrains de l’ancien couvent des Filles-Dieu (religieuses hospitalières).

    C'est devant l'entrée du Passage du Caire que nous retrouvons notre guide de la matinée, Romain Siegenfuhr, diplômé de l'Ecole du Louvre, ayant créé le site "Culture en Capitale".

    Comme sur la photo : très sympathique mais surtout très compétent.

    Le Sentier avec l'Université Permanente

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    Nous sommes une petite vingtaine à participer à cette visite. A l'avant-plan, une sculpture intitulée "L'homme au bras levé" d'Olivier Brice.

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    Nous prenons maintenant la rue d'Aboukir.

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    Le guide nous fait remarquer les fenêtres en demi-cercle du premier étage, signe d'une activité commerciale intense du quartier, de longue date.

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    Regardez la lucarne où était accrochée une poulie destinée à  monter des charges sans emprunter des escaliers parfois trop étroits...

    Le Sentier avec l'Université Permanente

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    Ah... : comme ça c'est mieux, non ?

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     Alors là, il va falloir que vous me croyiez sur parole car la photo ne rend pas la réalité : il s'agit de pans d'immeubles avec des murs "à fruit" situés rue de Cléry.

    Je ne connaissais pas cette expression : Le fruit est l'inclinaison donnée en arrière au côté extérieur des murs d'une construction, la surface intérieure restant cependant et toujours rigoureusement verticale. C'est pour voir plus de solidité que l'on donne du fruit aux murs.

    Un petit crobard vaut mieux qu'un grand discours !

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    La rue des Degrés, comme son nom l'indique, n'est qu'un petit escalier faisant communiquer la rue de Cléry avec la rue Beauregard (dont le nom sera expliqué plus loin).

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    Ses façades aveugles se prêtent au Street Art.

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    La butte sur laquelle nous venons de monter, appelée au XVIIème siècle la "butte aux gravois" (les habitants parlaient aussi de la "Ville-Neuve-sur-Gravois"), provient des immondices et des boues de voirie entassés à cet endroit depuis le Xème siècle jusqu'à la fin du XVIème siècle en dehors de l'enceinte de Charles V (limitée à la rive droite). Les rares rues voisines se plaignaient d'ailleurs des mauvaises odeurs...

    Une visite du quartier du Sentier avec l'Université Permanente

    Des moulins s'y installèrent puis des maisons...

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    Le quartier prit au XIXème siècle le nom de "butte Bonne-Nouvelle" du nom de l'église que l'on aperçoit un peu plus loin.

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    Au 23 de la rue Beauregard (ainsi nommée du fait du panorama qu'elle offrait à l'époque.), se trouvait la maison occupée autrefois par Catherine Deshayes, épouse du bijoutier Monvoisin, dite "la Voisin"célèbre empoisonneuse prétendue sorcière.

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    Voici une estampe de la Voisin (1640 - 22 février 1680) datée du XVIIème siècle 

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    Très connue par ses contemporains (principalement des femmes (Eh oui, les femmes sont parfois plus vicieuses que les hommes, ou plus roublardes... !) dans les domaines de la chiromancie et de la vente de poisons, elle est suspectée d'être à la tête d'un réseau d'environ 100 empoisonneurs qui sévirent pour le compte de la haute société à la fin du XVIIème siècle, ce qui la fit mêler à "L'affaire des Poisons". Elle est également connue pour sa pratique d'avortements, illégaux et sévèrement punis à l'époque.

    L'historien Jean-Christian Petifils raconte :

    "on y vendait aussi bien des onguents que d'actifs poisons, herbes vénéneuses, ciguë, morelle, grains d'opium, venin de crapaud ou de vipère, sublimé, arsenic ou ses dérivés, le réalgar ou l'orpiment ; des devineresses, comme la Bosse, la Vigoureux ou la Voisin, font commerce de philtres aphrodisiaques, où se mêlent urine, sperme, sang menstruel, rognures d'ongle, bave de crapaud et mouches cantharides ; des sages-femmes, comme la Lepère, pratiquent les avortements en série ; des prêtres apostats et sacrilèges, comme l'abbé Cotton, maître des petites écoles de la Charité, l'abbé Deshayes, prêtre de Notre-Dame de Paris, Gilles Davot, chapelain de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, l'abbé Mariette, vicaire à Saint-Séverin, et surtout le plus hideux d'entre tous, Etienne Guilbourg, dit le Prieur, adepte du démon, fournissent des hosties consacrées, rédigent des conjurations, glissent sous le calice des poudres et des poisons pour les « activer » et obtenir la bénédiction des esprits, signent des pactes avec le diable."

    La Voisin se livrait souvent à la pratique de messes noires : un jour, la célèbre Madame de Montespan lui demanda d'en organiser une pour qu'elle puisse revenir dans les faveurs du roi en éliminant sa rivale, Mademoiselle de Fontanges. La Voisin accepta et fit appel à l'abbé Etienne Guilbourg pour l'aider.

    Je ne vous raconte pas les horreurs que j'ai lues à ce sujet qui aboutirent à l'arrestation de la Voisin et à son supplice en place de Grève où elle fût brûlée vive...

    Une visite du quartier du Sentier avec l'Université Permanente

    Comme quoi, il n'est pas prudent de jouer avec le feu ! Ha ha ha...

    A la Magritte...

    Ceci n'est pas un fleuriste, c'est un restaurant (au coin de la rue que nous allons emprunter).

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    Rue de la Lune

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    L'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle a été construite sur pilotis (du fait sans doute de la nature meuble du terrain). L'édifice actuel, de style néoclassique, date de 1830.

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    La maison Castrique : un beau Siège Social à deux pas des Grands Boulevards...

    A la tête d'une société d'assurance de bris de glaces et de vitrines, Marie Caroline Castrique la développe en y ajoutant un service de remplacement des vitres brisées. En 1842, elle poursuit son idée et crée la Générale Maison Castrique pour assurer le nettoyage des vitres de ses clients.

    Ainsi naquit la première entreprise de nettoyage d'Europe de glaces et de vitrines !

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    A l'arrière du bâtiment, une mosaïque présente l'enseigne.

    Anecdote : Nathalie Kosciusko-Morizet y avait signé un bail pour son futur local de campagne pour la Présidence de l'UMP...

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    Une belle enseigne, non ?

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    La rue de la Ville Neuve (Cf. Ville-neuve-sur-Gravois plus haut) débouche sur le Boulevard Poissonnière au niveau du Théâtre du Gymnas Marie-Bell.

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    La tragédienne Marie Belle en prend la direction en 1962 ; elle interprète notamment une Phèdre particulièrement marquante. Elle dirige le théâtre jusqu’à son décès le 15 août 1985.

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    Le petit immeuble du centre est le premier immeuble daté de la Capitale (1830).

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    En prenant la rue Rougemont, on débouche sur une construction fort élégante...

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    Mais avant d'en parler, le guide s'arrête au N° 13 devant la devanture d'une ancienne crèmerie BOF,un établissement où l’on vend du lait, de la crème, du fromage et souvent des oeufs, d'où l'acronyme BOF pour "Beurre, Oeufs Fromages".

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    Pendant la Seconde guerre mondiale, les détaillants en beurre œufs et fromage ont acquis la dégradante réputation de s'enrichir grâce au marché noir. Ils vendaient leurs produits sous le manteau à des prix excessifs, profitant du rationnement. Le sigle BOF (Beurre Œufs Fromage) est négativement connoté depuis.

    Les laiteries et les crèmeries n’ont pas toujours existé. Pendant très longtemps, les paysans buvaient du lait et vendaient leur fromage à la ville. Les laiteries de campagne apparaissent au début du XXème siècle tandis que les techniques se perfectionnent pour conditionner le lait selon des normes d’hygiène qui se font exigeantes. A la ville, il s'agit souvent de pauvresses venues de leur campagne pour vendre au détail les quelques litres qu’elles tiraient de l’exploitation familiale. 

    La crèmerie de ville, seul établissement capable de s’adapter aux bouleversements du progrès industriel et agricole, remplace ensuite la paysanne. La première crèmerie ouvre à Paris en 1870, près des Halles et de son arrivage de matière première.

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    À Paris, dans la seconde moitié du XIXème siècle, certaines crèmeries deviennent des restaurants bon marché, fréquentés par une clientèle populaire et laborieuse, où les ouvrières et les étudiantes sont nombreuses. Outre des laitages et des fromages, ces crèmeries proposent du riz, des œufs, des bouillons, puis également des viandes plus ou moins soigneusement préparées. Lorsqu'on est lassé de manger tous les jours la même chose dans sa crèmerie habituelle, on va dans une autre, d'où l'expression "Changer de crèmerie" !

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    Détail intéressant, cette laitière très "image d'Epinal" figée en façade sur de la céramique est déjà un métier qui disparaît. Elle est ici fantasmée par la ville qui l’habille de couleur et de vêtements folkloriques ; mais cette image est davantage rêvée qu’elle n’est fidèle et la laitière appartient au passé.

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    Il s'agit de l'oeuvre d'un peintre de la Faïencerie Ebel et Cazet

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    Nous voici devant l'imposant bâtiment de la Banque BNP Paribas. Il fallait bien ce luxe pour une banque... A l'origine, l'édifice était celui de l'ancien Comptoir National d'Escompte de Paris.

    Il est l'une des réussites du style éclectique de la fin du XIXème siècle.

    Il fut élevé entre 1878 et 1881 par Corroyer, élève de Viollet-le-Duc, et se distingue par l’aspect monumental  de sa façade et l’opulence de son ornementation. Encadrant le fronton en marbre rouge, on trouve d’un côté la Finance et son grand livre, et de l’autre le Commerce représenté avec le caducée d’Hermès, sculptures également de Millet.

    Un grand toit en pavillon, rehaussé d’un clocheton, couronne enfin le tout, rappelant que Corroyer fut aussi l’un des restaurateurs du Mont-Saint-Michel !

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    Au dessus des trois hautes arcades de l’entrée, se tient la Prudence qui tient d’une main un sceptre et de l’autre le miroir de la Vérité, grande statue sculptée par Millet. Elle est surmontée  entre les demi-coques de bateaux en haut-relief, d’une frise de cinq médaillons en mosaïque polychrome figurant les cinq continents.

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    Empruntant la rue Bergère qui longe l'édifice, nous arrivons à la Cité Bergère.

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    Cette création urbaine du règne de Charles X est une des plus originales de la Restauration. A l’origine passage fermé la nuit, disposant de trottoirs (innovation pour l’époque) et de réverbères, la cité Bergère relève du style néo-classique le plus élégant.

    Dans cette voie paisible la plupart des immeubles sont des hôtels de tourisme ayant gardé leur ordonnance de baies cintrées sur entresol et leurs chapiteaux ioniques.

    Le Sentier avec l'Université Permanente

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    Les entrées sont souvent agrémentées de gracieuses marquises en fonte datant de la Belle époque.

    Le Sentier avec l'Université Permanente

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    La sortie de la Cité s'effectue par un passage voûte donnant sur la rue Montmartre.

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    Tout près, au 7 boulevard Montmartre, le Théâtre des Variétés est l'un des plus anciens théâtres parisiens encore en activité (il date de 1807).

    Avouez qu'il fait triste figure avec ces néons publicitaires...

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    Notre guide nous montre une photo représentant le théâtre vers 1820, à côté des deux Panoramas.

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    Les Panoramas étaient une attraction commerciale constituée de deux rotondes de 17 mètres de diamètre et de plus de 20 mètres de haut où se déployaient des toiles peintes figurant des paysages de Paris, Toulon, Rome, Jérusalem et d'autres grandes villes célèbres. Le spectateur, placé au centre sur une estrade, recevait la lumière par le haut (par un puits de lumière cachée).

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    Le cinéma n'existait pas encore...

    La Bibliothèque Nationale possède plusieurs estampes représentant des panoramas de Paris tels que celui-ci (une vue du Boulevard Poissonnière).

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    A côté du Théâtre des Variétés, une "pelle" raconte l'histoire du Passage des Panoramas. Doté, dès 1817, de l'éclairage au gaz, il possédait une foule de boutiques de luxe dont le graveur Stern qui y possède encore un emplacement.

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    Le passage des Panoramas sous l'Empire : une affiche du Théâtre des Variétés

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    Voici la Galerie des Variétés qui fait communiquer le théâtre avec le Passage des Panoramas.

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    L'enseigne du graveur Stern

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    On peut voir rue des Panoramas des fenêtres en demi-cercles : c'était le signe, rappelez-vous, d'une grande activité commerciale... et ça l'est toujours !

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    Une rue qui porte bien son nom : la rue des Colonnes. Elle date de l'époque révolutionnaire. Les arcades couvertes permettaient aux passants d'accéder facilement aux commerces. A l'origine, c'était une voie privée fermée par des grilles entre 11 heures du soir et 5 heures du matin.

    Cela conduira aux passages couverts.

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    L'architecte (Nicolas Vestier) dessine des colonnes doriques, très sobres donc, et orne les façades de palmettes (inspirées de l’architecture étrusque).

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    La rue, longue de 90 mètres, a été mutilée et fractionnée par le percement de la rue de la Bourse en 1826 et de celle du Dix-Décembre en 1864. Elle a sans doute inspiré les créateurs de la rue de Rivoli.

    C'est d'ailleurs à la Bourse que se termine cette très intéressante balade.

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    Le plan de la balade

    Cela parait peut-être grand mais en fait on n'a fait que 500 mètres en tout. Que de richesses et d'histoire sur une si petite surface !

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    Merci à la Mairie de Paris (enfin je peux voir où passent mes impôts...)


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