• Une virée dans le centre

     Autour de notre nuitée au château de Codignat (voir l'article suivant), j'ai prévu une petite virée dans le centre qui commence par Briare où se trouve le fameux pont-canal. Nous l'avons déjà vu une précédente fois mais c'est un bel ouvrage et il mérite une deuxième visite. J'ai tout planifié, même le restaurant au bord du canal. Hélas, trois fois hélas..., je me suis plantée ! Le Saint-Hubert à Briare, qu'on se le dise, c'est absolument infect : les chaises pleines des miettes du repas précédent n'ont pas été nettoyées, l'attente est longue et la qualité des mets, soit-disant de cuisine traditionnelle, laisse beaucoup à désirer.

     Bon, le voyage débute mal : bonjour l'organisateur !
     
    Le pont-canal de Briare a été construit entre 1890 et 1896 sur les plans de Léonce Abel Mazoyer par l'entreprise Daydé et Pillé pour ce qui est de la charpente métallique et par Gustave Eiffel (à ma grande surprise) pour ce qui est des piles en maçonnerie. Il permet aux bateaux qui l'empruntent (et qui naviguent sur le canal latéral à la Loire pendant environ 200 kms) de traverser celle-ci facilement.
     
    Briare - La Loire sous le Pont-Canal internet
     
    Briare - La Loire sous le Pont-Canal
     
     
      Briare - Philippe au Pont-Canal de Eiffel
     
    Briare - Une péniche sur le Pont-Canal
     
    L'étape suivante nous conduit à Gien où l'anglais Thomas Hall créa en 1821 la faïencerie désormais mondialement connue. Les ateliers ne se visitant qu'en groupe constitué, nous nous contentons de visiter le Musée et de faire un tour dans la boutique !
     
    Gien - Enseigne du Musée
     
    Les différentes étapes de fabrication d'un vase en faïence
     
    Gien - Techniques
     
    A gauche, le moule-mère obtenu à partir d'un premier vase sculpté par un artiste. Au milieu, le vase brut exécuté à partir d'une pâte liquide (appelée barbotine) composée d'un mélange d'argiles, de kaolin, de sables et d'eau. Les anses ont été rajoutées par collage d'une barbotine préparée, cette fois-ci sous forme solide. Après séchage et cuisson à 1160°C, le vase prend le nom de biscuit. A droite, le dessin a été reporté par décalcomanie de l'emprunte d'une plaque de cuivre gravée en taille douce.
     
    Gien - Technique début
     
    Il ne reste plus à l'artiste-peintre qu'à procéder aux différentes couches de peinture (fabriquées en interne à l'aide de colorants céramiques) et le tour est joué ! En fait, vous vous doutez bien que cette étape est d'une extrême difficulté et qu'elle est réservée aux meilleurs ouvriers.
     
    Gien - Technique pigments
     
    La dernière étape qui donne son fini à la pièce est l'émaillage, suivi d'une deuxième cuisson, cette fois-ci à 1060°C.
     
    Gien - Technique fin
     
    Quelques unes des plus belles pièces du Musée...
     
    Vase au dragon
       
    Gien - Vase au dragon
       
    Eléments de faîtage
     
    Gien - Décors de faîtage
           
    Plat en barbotine colorée de Félix Lafond
      
    Gien - Plat en barbotine colorée Félix Lafond
              
    La faïencerie de Gien atteignit l'apogée de sa gloire lors de l'Exposition Universelle de 1889, où elle eut l'audace de réaliser des pièces monumentales comme ce "Vase au Paon", d'une hauteur de 3 m et d'un diamètre de 1,12 m. Une porte spéciale dût d'ailleurs être percée dans le four pour pouvoir mettre la pièce à cuire et l'en extraire.
         
    Gien - Vase au paon
       
    En fin d'après-midi, nous arrivons à La Charité sur Loire. L'hôtel de la Pomme d'Or où j'ai réservé une demi-pension est très correct quoique simple : la chambre à 35 euros, qui dit mieux ? Il est en plein centre ville : une petite ballade à pied jusqu'aux bords de
    Loire nous permet d'admirer la vue sur le Prieuré depuis le pont qui l'enjambe.
      
    La Charité - La Loire et les canards
            
    Jolis toits, non ?
           
    La Charité - Vieux toits
     
    L'église est bien jolie avec ses absidioles mais, malgré les 10 années de restauration qu'elle vient de subir, il reste encore du pain sur la planche : l'humidité suinte de partout.
     
    La Charité - Le chevet et le clocher

          La Charité - Le choeur

     Jeu de soleil...

     La Charité - Pilier éclairé

    Le lendemain matin, nous repartons en direction de Moulins où nous avons l'intention de visiter le CNCS, autrement dit le Centre National du Costume de Scène.

           Moulins est une ville qui m'a emballée. D'une taille déjà honnête, elle respire le passé même si des architectes cherchent actuellement à y insérer des structures résolument contemporaines, comme ici ce centre commercial situé sur la Place d'Allier. Celle-ci, en travaux actuellement (la municipalité a décidé de la refaire en petits pavés... et d'y limiter la circulation), devrait avoir "de la gueule" une fois terminée.

       La Place de l'Allier à Moulins

    Cet été, la place d'Allier, en travaux depuis 3 ans... devrait être rendue aux piétons et la Municipalité a même prévu d'y copier la Capitale en y faisant un "Allier-Plage" !

          La colonne de la Place de l'Allier et le magasin Burton

     En parcourant les rues, on peut admirer de jolies maisons à colombages.

     Vieille rue de Moulins

     Le Jacquemart de Moulins, construit en grès rose, rythme la vie des moulinois qui y sont tellement attachés qu'ils l'ont reconstruit à plusieurs reprises, notamment après l'incendie de 1946 qui le ravagea. En haut du beffroi vivent Jacquemart et Jacquette, ainsi que leurs deux enfants, Jacquelin et Jacqueline.Toutes les heures, et ceci depuis le XVIIème siècle, les parents frappent leur cloche, tandis que les enfants marquent les quarts d'heure. Le clocher que vous apercevez est celui de la Cathédrale,

      Le Jacquemart de Moulins

          et justement c'est là que nous nous rendons. Construite à la fin du XVème siècle, la Collégiale Notre-Dame fût érigée en Cathédrale en 1823.

     La Cathédrale vue des jardins

     C'est de cette époque que datent les deux flèches en pierre calcaire.

          Les tours de la Cathédrale 2

           A l'intérieur, une très belle collection de vitraux : ici le martyre de Sainte-Barbe

    Les vitraux du choeur de la Cathédrale

           Après avoir été flagellée, la Sainte a les seins coupés par des cisailles...

    Ca donne pas envie de postuler !

     Vitrail de Ste Barbe 16ème siècle dans la Cathédrale

     Dans l'église, une belle mise au tombeau en bois polychrome

          Mise au tombeau du 16ème siècle

           Mise au tombeau détail femme pleurant

          Mais la Cathédrale est surtout connue pour le Tryptique du Maître de Moulins qui, comme son nom l'indique, est un inconnu. L'église n'ayant pas servi au culte pendant de nombreuses années, le tableau n'a pas subi les outrages du temps ce qui fait qu'il a conservé ses couleurs d'origine : il est magnifique !triptyque du Maitre de Moulins

    Tryptique-du-Maitre-de-Moulins.jpg

           Direction maintenant le Centre national du costume de scène : pour y accéder, il suffit de traverser la Loire.   Ici, les deux églises de Moulins vue depuis la cour du CNCS.

    Les deux églises vues du CNCS

     Le bâtiment a été construit sur une période d'un siècle sous Louis XV. A l'origine destiné à abriter la cavalerie, il a connu des heures de gloire jusqu'au XIXème siècle. Endommagé pendant la deuxième guerre mondaile, il fût occupé jsuqu'en 1980 par la  gendarmerie et échappa en 1984 à la démolition par un classement au titre des Monuments historiques.

    Le CNCS Extérieur

     Une vidéo de présentation du Musée

     Nous ne verrons malheureusement pas la queue d'un des 8500 costumes provenant de la Comédie-Française et de l'Opéra national de Paris. Une exposition temporaire intitulée "L'envers du décor" a remplacé pour un temps le fonds habituel...

    L'exposition nous fait découvrir les coulisses du théâtre au XIXème siècle : fonctionnement des machineries, trucages et astuces. Les photos étant interdites (décidément, c'est à la mode !) voici celles que j'ai pu tirer du site internet du musée. Dans cette salle qui montre un atelier de fabrication de décors, on voit que l'artiste peintre réalisait sa toile à même le sol.

     Exposition-l-envers-du-decor-2.JPG

     Dans cette autre salle a été reconstituée une véritable scène de théâtre où l'on peut voir le trou du souffleur et les trappes qui permettaient aux artistes de disparaître comme par enchantement ! Y sont exposées aussi plusieurs machineries que l'on peut actionner pour imiter, par exemple, le bruit du tonnerre : une caisse contenant des pierres bascule autour d'un axe : je vous promets, on s'y croirait ! On apprend aussi que la mer, elle, était simulée par une toile argentée sous laquelle étaient cachés des enfants...

     Exposition-l-envers-du-decor-4.JPG

     On découvre enfin les 3 façons d'ouvrir un rideau au théâtre. La manière allemande où le rideau est équipé sur une perche qui monte ou descend d'un seul tenant ; la manière italienne où le rideau s'ouvre en deux parties, remontant sur les côtés en drapé. La manière italienne a d'ailleurs plusieurs variantes (à la romaine, à la vénitienne). Il y a enfin la manière française qui copie et associe les deux technniques. Tiens, j'aurais pensé que c'était la manière chinoise !

    Maquette d'un décor de théâtre datant du 19ème siècle

    Decor-de-theatre-grec.jpg

     L'exposition se tient jusqu'au 20  mai 2012.


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