• Une soirée "grand Duke"

    J'ai passé la soirée d'hier en compagnie du "Duke"... En effet, je me suis inscrite il y a quelques temps aux Rencontres du "Club musical de La Poste France Telecom" qui se passent tout à côté de chez nous.

    C'est Daniel Michard qui les présente avec toujours beaucoup de conviction et de talent.

    Ainsi nous a-t-il appris que Duke Ellington, de son vrai nom Edward Kennedy Ellington, est né à Washington en 1899. Ses parents, pianistes tous les deux, lui ont donc donné très tôt une solide éducation musicale. Sa mère lui a transmis son goût de l'élégance qui lui a valu, très tôt, le surnom de "Duke". Quant à son père, il lui a transmis la confiance en soi.

    De 1917 à 1919, le jeune Ellington se lance officiellement dans une carrière de musicien : il crée son premier groupe de jazz, le Duke's Serenaders en compagnie de son ami Sonny Greer (qui deviendra son batteur) et joue alors principalement pour la haute société, les grandes réceptions, mais aussi pour un public plus jeune et moins bourgeois.

    En  1927, après avoir été auditionné, il est engagé avec son groupe par le prestigieux club de jazz de New-York, le Cotton Club (qui, entre parenthèses, était sous la main-mise de la pègre...), et parallèlement il enregistre des disques avec Columbia, Brunswick et Victor.

    Une soirée "grand Duke"

    Les années 30 marquent le départ d'une carrière internationale : désormais, l'orchestre devient itinérant, jouant chaque soir dans une ville différente (avec les mêmes musiciens).

    Rappelez-vous du célèbre Caravan...

    Il joue aussi au cinéma dans des petites fictions telles que "Black and Tan Fantasy" (1929).

    Duke Ellington (qui joue son propre rôle) essaie vainement de convaincre Fredi Washington (qui joue le rôle d'une danseuse du spectacle malade du coeur) de renoncer à se produire sur scène : évidemment, celle-ci fera un malaise... Les musiciens qui entourent son lit sont superbement filmés par des jeux d'ombre et de lumière : j'ai beaucoup aimé.

    À la fin 1936, Duke, pour mettre en valeur ses solistes les plus ellingtoniens, les lance en petites formations, devenant lui-même simple accompagnateur au piano. Ainsi Barney Bigard, clarinettiste, Rex Stewart, cornettiste, Johny Hodges, saxophoniste et Ray Nance, trompettiste.

    Les musiciens du Duke en 1940

    Le Duke

    "Take the A Train", composé début 1941 par Billy Stayhorn, deviendra l'indicatif de l'orchestre.

    Comme pour tous les Big Bands, l'émergence du Be Bop plonge l'orchestre, en cette fin de décennie, dans un oubli relatif mais en 1956 le succès revient (et même le triomphe) au Festival de Jazz de Newport, en particulier grâce à un long solo (27 fois 12 mesures) de Paul Gonsalves sur "Diminuendo and Crescendo in Blue" . Celui-ci, narcoleptique et fortement attiré par l'alcool, avait tendance à s'endormir au cours des concerts, ne se réveillant que pour prendre son solo avant de se rendormir.

    Et pourtant : écoutez, c'est sublime.

    En 1958, Ella Fitzgerald enregistre plusieurs chansons avec l'orchestre de Duke Ellington : elle fait avec celui-ci des tournées en Europe et en Amérique du Nord. Elle ouvrait les concerts avec le morceau de Duke Ellington "Take the A Train" et fût une des rares à chanter des paroles sur ce morceau.

    La voici ici, accompagnée par l'orchestre du Duke, sur la Côte d'Azur dans une Samba jazzy.

    Duke Ellington, pianiste, compositeur et chef d'orchestre, s'éteint à New-York le 24 mai 1974.

    Une soirée "grand Duke"

     

    Quarante ans plus tard, le Grand Rex accueillera le Duke Ellington Orchestra (le 29 avril 2014 exactement) : l'orchestre sera dirigé par Paul Ellington, petit-fils du "Duke". Une date à retenir...


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