• Une découverte : le musée d'Art Brut de Lapalisse

    Sur la route de Saint-Etienne, nous nous sommes arrêtés à Lapalisse qui se trouve entre Moulins et Roanne. J'avais en effet vu que cette petite ville de l'Allier possédait deux intérêts touristiques : un château, celui du Seigneur de La Palice bien connu de tous (▲ : voir en fin d'article) et un musée d'Art Brut appelé "l'Art en Marche". Le temps n'étant pas top..., nous décidons de visiter le musée, gardant la visite du château pour un autre voyage.

     Jean Dubuffet donne cette définition de l'Art Brut : "Oeuvres ayant pour auteur des personnes étrangères aux milieus intellectuels, le plus souvent indemnes de toute éducation artistique et chez qui l'invention s'exerce, de ce fait, sans qu'aucune incidence en vienne altérer la spontanéité." (Cahier de l'Art Brut N°1 - 1964)

    Luis Marcel, le Directeur de "l'Art en Marche" aime à dire :

    "L'Art Brut est un art populaire, un art de tout le monde pour tout le monde".

     Galeriste et amateur d'art, il retrace ci-dessous l'histoire du musée en citant Aristote : "Seul l'Art rend les hommes libres".

    En 1982, Jean DUBUFFET choisit le terme de "Neuve Invention" pour désigner les œuvres "pas tout à fait brutes" de sa collection. 

     En 1981, je créai la Galerie des 4 Coins pour commercialiser tous les artistes dont personne ne voulait à l'époque. L'Art Brut et ses dérivés étaient encore enfermés dans un ghetto. Donc, sans le vouloir et sans le savoir, je devenais la première Galerie "Neuve Invention". Depuis cette date, la Galerie des 4 Coins est devenue le point de rencontre de tous ces créateurs.

     Il fallait une association pour les réunir. Ce fut fait en 1988, par la création de "l'Art en Marche", association loi 1901 à but non lucratif qui a pour vocation la défense et la promotion des artistes contemporains, la création et la gestion d'un musée d'Art Brut et le développement des classes d'art.

     Il faillait un lieu  pour les montrer au public (la collection "Neuve Invention" n'est pas exposée en permanence au Musée de l'Art Brut de Lausanne, elle sort ponctuellement lors d'expositions temporaires à travers le monde.), le premier site fut celui de Lapalisse dans l'Allier (et le second celui de Haurerives dans la Drôme).

     Le Musée "l'Art en Marche" est situé dans une ancienne friche industrielle de 2.600 m² sur laquelle se trouvait un bâtiment abritant une maroquinerie. Il présente en rotation plus de 500 œuvres de 350 artistes français et étrangers.

     Dès l'entrée, on est mis au parfum : près d'un terrain vague entouré de palissades de bois plus ou moins branlantes au milieu duquel trônent quelques totems (avec en prime une camionnette taguée...), se trouve un grand bâtiment curieusement "peinturluré".

     0 - la friche

     Est-ce bien ici qu'on doit se garer... ? Dans le doute, on le fait !

     0 - Le Musée internet

     J'avoue que je suis un peu méfiante en poussant néanmoins la porte du musée.

     0- Entrée du Musée

     C'est Luis Marcel qui nous ouvre et nous invite à entrer dans ce temple de l'Art Brut.

    Nous sommes les seuls visiteurs.

    Nous ne le regretterons pas !

     En effet, dès les premiers instants, la découverte est surprenante. L'immense salle est remplie d’œuvres éclectiques et diversement colorées. Par où commencer... ?

     Par François Monchâtre peut-être ?

     avec ce "Sacré pique-nique" (1928)

     Avouez que c'est déroutant !

     1 - François Monchâtre - Sacré pique-nique 1928

     François Monchâtre est né en 1928 : il a donc actuellement 86 ans. De son enfance et de ses diverses expériences professionnelles (liftier, garçon d'ascenseur, marionnettiste au cabaret de la Rose Rouge, étalagiste aux Dames de France…), il tire sa passion pour la nature et son regard ironique sur le monde. De 1956 à1960, il suit des études à l'Ecole des métiers d'Art de Paris dans la section vitrail et peinture sur verre. Dans les années 60-70, il expose chez Iris Clert où il côtoie Arman, César, Tinguély...

     Ce n'est qu'en 1975, quand il rejoint l'atelier Jacob dirigé par Alain Bourbonnais, un proche de Jean Dubuffet, qu'il est "classé" parmi les artistes "singuliers de l'art" même s'il est lui-même réfractaire aux étiquettes.

     Il offre un regard à la fois poétique et critique sur le monde.

     Un si beau jardin"

     1 - François Monchâtre - Un si beau jardin

     Emilie François, dite "La mère François"

     Née en 1941 , elle est autodidacte. Elle réalise des personnages de femmes en résine stratifiée recouverts de peinture acrylique avec de grosses têtes et de longues jambes, personnages qui dérangent mais qui attirent également...On dit qu'elle est à la sculpture ce que Claire Bretécher est à la BD.

     2 - Emilie François die la mère François

     Vue d'ensemble sur une partie du musée

     3 - vue d'ensemble sur le vélo

     Louis de Verdal

     "Le fou et l'enfant en mobylette" : et ça fonctionne !

      10 - Louis de Verdal le fou et l'enfant en mobylette 1996

     Jean-Paul Baudoin

     Des têtes grimaçantes et des poitrines généreuses pour ce "Toréador dans l'arène"

     4 - Jean-Paul Baudoin le toréador

     Jean-Paul Baudoin aime tout jeune à griffonner sur le papier de la boucherie de son père (il a d'ailleurs acquis lui-même un CAP de boucher) et il peint le soir dans la cave de la maison familiale.  Par l'entremise d'un cousin artiste, il devient ensuite artisan potier spécialisé dans la reproduction du vieux Quimper, métier qu'il exerce encore aujourd'hui.

     A partir de 1991, il dessine sur des cartons et papiers de récupération tout un monde dédié aux divinités féminines païennes : Isis, Ishtar, Ana, fées et sirènes, mais aussi aux héros de la légende arthurienne. Ce créateur semble en effet avoir certaines accointances avec la magie et collabore en outre librement avec des revues druidiques.

     Ses œuvres ont rejoint depuis 1992 la collection du Musée de la Création Franche (près de Bordeaux).

     On pourrait peut-être intituler ce tableau "Sirènes bretonnes"... ?

     4 - Jean-Paul Baudoin la sirène

     Sculptures de Patrick Guallino

     5 - Guallino

     Patrick Guallino est né en 1943 à Uzès. Il est peintre, sculpteur, illustrateur. Il travaille en collaboration avec sa femme, Anne Poiré qui est elle est écrivain.

     5---Les-Guallino.jpg

     Louis Chabaud

     Né à Aubagne en 1941 d'un père cheminot qui mourra écrasé par un train et d'une mère qu'il a à peine connue puisqu'elle est décédée quand il avait 3 ans, l'enfance de Louis Chabaud est tragique... Élevé par un oncle brutal et une grand-mère infirme, il connaît la violence et la misère. C'est l'école publique qui le sauve : il est bon élève. Tout en préparant son certificat d'études, il vend des marrons chauds l'hiver et des glaces l'été sur les plages.

     A treize ans, il découvre la peinture et il est remarqué puis soutenu par Marius Chave, maître santonnier, et Théo Sicard, peintre provençal renommé à l'époque, propriétaire du grand atelier de céramique d'Aubagne.

     Durant toute son adolescence, il peint des paysages provençaux qu'il vend aux touristes, avec des "pralines", d'où son surnom qu'il a conservé depuis.

     "Paysage provençal" - Louis Chabaud

     6 - Louis Chabaud paysage provençal

     A vingt-cinq ans, il perd sa grand-mère et, sans famille, part sur les routes avec 80F en poche. Tout en continuant à peindre, il tente le café-théâtre en compagnie de son ami Michel Cremades (son spectacle s'intitulera "Michel et Praline"). Puis il s'essaie à la céramique... Bref, c'est un artiste complet. Il est présent dans tous les musées d'art hors norme de France.

     "L'homme dans la passoire" - Louis Chabaud

     6 - Louis Chabaud l'homme dans la marmite

     Chantal Roynet

     Chantal Roynet est créatrice depuis toujours. Elle a une activité professionnelle de styliste. Crétarice de mode ne rechignant pas à coudre elle-même, elle travaille d'abord pour ses amis puis pour de grands créateurs. Ce sont de véritables sculptures qu'elle réalise comme ici ce "fauteuil nounours". On aime ou on n'aime pas mais il faut en avoir l'idée ! En tout cas cela doit être bien agréable de s'y lover...

     7 - Chantal Roynet - fauteuil nounours

     Alfred Trouvé

     L'artiste est né en 1953 à Wilrijk en Belgique. A dix-sept ans, il suit des cours à l'école des Beaux Arts d'Angers et en 1975 il commence à travailler la résine polyester. C'est un artiste qui est maintenant mondialement reconnu.

     Un engin bizarroïde (pour aller sur la lune ?) surmonté par des serpents najas... Quelle imagination ! Évidemment, c'est difficile à placer dans un salon mais c'est original...

       8 - Alfred Trouvé - engin

     Vue d'ensemble sur une autre partie du musée

     9 - Vue d'ensemble

     Claude Brugeilles

     L'artiste contemporain (il a 70 ans) ne travaille que des matériaux de récupération. Fouiner dans les décharges et les casses (où on le trouve en bleu de chauffe) est son premier travail d'investigation et les roues sa prédilection. Il a travaillé pendant deux ans à une série mettant en scène Don Quichotte et Sancho Pansa.

     11 - Claude Brugeilles - Don Quichotte et Sancho Pansa 2

     11- Claude Brugeilles - Don Quichotte et Sancho Pansa 1

     Simone Le Carre Galimard : Masques faits avec des objets de récupération

     12 - Simone Le Carre Galimard Masques (objets de récupéra

     Elle n'est pas autodidacte : née en 1912 à Troyes, elle fréquente à 17 ans l'Ecole des Arts Décoratifs et en 1949 elle sera, en tant qu'élève de Germaine Richier, chargée de récolter les cotisations et de pourvoir aux dépenses communes de l'atelier.

     C'est à  partir de 1970 que Simone Le Carre Galimard commencera vraiment l'aventure des accumulations d'objets de récupération. En son temps, elle aurait dû faire figure de précurseur de l'art contemporain. Son mari, Maurice, l'assista dans la réalisation de ses œuvres et surtout accepta que la maison soit envahie par l'oeuvre et les objets de récupération dans un minimum d'espace vital. Ils collectaient ensemble, le soir, dans les poubelles de leur quartier...

      Mario Chichorro

     Des masques aussi, mais à une autre échelle

     13 - Mario Chichorro masques

     Mario Chichorro est né au Portugal en 1932. Il fait des études d'architecture à l'Ecole Supérieure des Beaux Arts de Porto pendant 2 ans. Il arrive en France à Perpignan en 1963 et collabore jusqu'en 1968 avec divers architectes après quoi il abandonne l'architecture pour la peinture. C'est un artiste mondialement connu qui expose régulièrement dans les musées.

     13---Mario-Chichorro.jpg

     Valérie Bidaud

     J'ai une pensée particulière pour elle car j'ai découvert que, tout comme ma mère, elle est née au Petit-Quevilly en Seine-Maritime : c'est d'ailleurs son seul point commun avec ma pauvre mère...

     Après des études à l’École des Beaux Arts du Havre, Valérie Bidaud fréquente l’École d'Architecture de Rouen de 1986 à 1989. Pendant près de dix ans, elle dirige une petite entreprise de moulage (des personnages) avant de se consacrer exclusivement à la sculpture en 1998. Elle crée alors un univers issu des fonds marins et de son imagination fertile, s'inspirant aussi bien de Lewis Caroll que de Jérôme Bosch.

     Ses sculptures ont une armature grillagée recouverte de staff et enfin de résine.

     14---Valerie-Bidaud.gif

     "Femme-poisson" : une sculpture pour le moins massive...

     14 - Valérie Bidaud Homme poisson

     Vitalis : je n'ai rien trouvé sur ce sculpteur aux œuvres pour le moins tarabiscotées...

     15 - Vitalis

     Jean-Claude Melton dit Léon

     L'artiste, né en 1943 et qui se dit "marchand de sable", est issu d'un grand groupe de travaux publics (il assure l'approvisionnement en matériaux de la moitié de la France). Son besoin de créer est vital, aussi dans ses moments perdus (il en a peu...), fait-il naître des personnages toujours renouvelés en utilisant des objets tombés en désuétude.

     "La femme au vélo"

     16 bis - la femme au vélo

     16 - Jean-Claude Melton dit Léon

     Ses supports privilégiés sont les boîtes à œufs comme ici dans ce tableau fort expressif.

     16 - Jean-Claude Melton La prison

     Sans doute aussi de Jean-Claude Melton ce pressoir dont les lattes racontent l'histoire du vin et de la vigne ?

     17 - Pressoir

     17 - pressoir gros plan

     Jacques Renaud-Dampel ramasse les pierres dans la nature et ne les sculpte pas : il se contente de les peindre à l'acrylique en interprétant leur forme. Ainsi naissent les "Dampelites".

     Il est originaire du Sud-Ouest et s'est installé en mai 68... à Chambourcy après un séjour de 10 ans à New-York. Ses recherches plastiques et littéraires ont été encouragées par des personnalités telles que Raymond Queneau, Michel Thévoz (qui est conservateur du Musée d'Art Brut à Lausanne) et Jack Lang.

     D'étranges figures humaines dans cette "Dampelite"...

     18 - Jean-renaud Dampel roche peinte

     Roger Bezombes est né à Paris en 1913 (il est décédé en 1994). Après avoir fait les Beaux Arts, son goût pour les voyages l'entraîne en Afrique, blanche (où il se lie avec Albert Camus) puis noire. Il parcourt aussi la Grèce et même la Palestine. En 1955, il reçoit le titre de "peintre de la marine" et participe au niveau international à de nombreuses expositions (le Centre Pompidou l'a exposé en 1978).

     20 - Roger Bezombes Costumes

     Une espagnole sans doute, si j'en crois la mantille ?

     20 - Roger Bezombes - l'espagnole

     Pascal Audin

     L'artiste habite et travaille à Poitiers et est surtout connu dans la ville comme champion du monde de "manger de bananes" (il est inscrit dans le livre des records avec 6kgs en un quart d'heure !). Côté art, il est complètement autodidacte : il se met à peindre en 1996 sans avoir jamais visité une exposition de peintures ni regardé le moindre livre.

     Un peu comme la maison du Facteur Cheval, sa maison est peinte de A à Z.

     21 - Pascal Audin devant sa maison

     Il peint et sculpte un peu comme les enfants et dit d'ailleurs se sentir bien avec eux.

     Une explosion de couleurs...

     21 - Pascal Audun vue d'ensemble

     21 - Pascal Audun Sculpture colorée

     Au fond du bâtiment et à côté d'une autre sculpture de Pascal Audin, une curieuse construction dans laquelle on peut rentrer... Qui en est l'auteur ? Peut-être celui qui signe G.I.L ? Je ne sais pas...

     22 1

     A l'intérieur, ce n'est pas plus sobre...

     22 2

     Revenons à un artiste plus classique même s'il peint des monstres : Kurt Joseph Haas.

     L'artiste est né en 1935 à Zurich. Autodidacte, il commencera à peindre à l'âge de 40 ans. Ses premières oeuvres sont abstraites, géométriques, puis peu à peu deviennent surréalistes. Il se promène toujours avec un harmonica dans la poche : ainsi, il peut jouer du blues aussi bien qu'il dessine sur un coin de table ou un menu de restaurant... Il expose aux États-Unis en particulier où son succès est immense.

     

     23 - Kurt Joseph Haas peinture

     Rosemarie Koczy (1939 - 2007)

     Rosemarie Koczy a quitté l'Allemagne en 1959 pour la Suisse et est entrée en 1961 à  l’École des Arts Décoratifs de Genève. Par la suite, elle est allée vivre à New York.

     Les dessins, peintures et sculptures que fait l'artiste (née en Allemagne en 1939 et déportée successivement dans deux camps de concentration) s'appellent "Je vous tisse un linceul". Ils sont un hommage aux morts des camps que l'on enlevait avec des bulldozers, que l'on jetait dans un trou et qu'on recouvrait ensuite de chaux vive.

     Dans la religion juive, quand quelqu'un meurt on lave son corps (une femme lave le corps d'une femme et un homme celui d'un homme) et on le recouvre d'un linceul blanc avant de le mettre dans le cercueil.

     Les traits que dessine Rosemarie Koczy représentent le linceul que les morts des camps n'ont pas eu... Ainsi, l'artiste les enterre dignement et respectueusement. Les deux sculptures qui entourent ces dessins représentent les trains qui emmenaient les juifs dans les camps de concentration.

     Des dessins et des sculptures forts de sens...

     24 - Rosemarie Koczy

     24 - Rosemarie Koczy détail

     Gilbert Clément

     L'artiste est né à Saint-Bonnet de Joux, un village du Charolais. D'une mère catholique pratiquante et d'un père menuisier-ébéniste anticlérical qui fumait des boyards papier maïs, il mène une existence chaotique de vendeur de casseroles à défaut de pouvoir devenir menuisier à son tour, faute... au progrès ! Réfugié depuis 40 ans dans un petit village de l'Aveyron, il est atteint périodiquement de pulsions créatives qui finissent souvent dans un coin de son jardin potager...

     Collectionnant les bouchons... il a réalisé cette "Madame Capsule" !

     25 - Gilbert Clément La femme bouchons

     Jean Tourlonias

     L'artiste qui a exposé dans le monde entier, notamment aux États-Unis, au Japon et en Allemagne, est né dans le Puy de Dôme en 1937 et est décédé en 2000. De retour de la guerre d'Algérie, il commence à peindre et trouve son style en 1986 : un style qui répond à sa passion pour l'automobile. Il ne peint que sur commande, au tarif horaire d'un ouvrier, des toiles qui sont toutes au même format (65cm par 100cm) et qu'il dédicace à des célébrités ou à leurs acquéreurs.

     "Spéciale Jean Dubuffet" : huile sur toile cirée

     26 - Spéciale Jean Dubuffet 1997 Huile sur toile cirée

     Comme vous pouvez le constater, l'Art Brut peut plaire à chacun, grand ou petit, car il est très varié : des spécialistes aux non-initiés, tous y trouvent le plaisir et la surprise de déambuler dans ce labyrinthe créatif et de découvrir cet art marginal, si souvent ignoré.

     J'ai pris moi-même beaucoup de plaisir à visiter ce musée.

    Le petit résumé que j'en ai fait s'est largement inspiré des informations sur les artistes que j'y ai trouvé affichées. Il y a peut-être des erreurs : si vous lisez l'article, n'hésitez pas à m'en informer !

     **********

     (▲) Lapalisse (orthographe moderne) est la ville du Maréchal de François Ier, Jacques II de Chabannes, dit Seigneur de La Palice. Contrairement à la croyance populaire, il n'a jamais été l'auteur d'aucune lapalissade. Ses soldats, pour illustrer le courage dont il fit preuve lors du siège de Pavie en 1525 où il trouva la mort, écrivirent une chanson à sa mémoire dans laquelle se trouve la strophe suivante :

     Hélas, La Palice est mort,

     Est mort, devant Pavie ;

     Hélas, s'il n'était pas mort,

     Il ferait encore envie.

     voulant exprimer le fait qu'il s'était battu comme un lion. Sa veuve, Marie de Melun, s'inspirant de cette chanson fit graver comme épitaphe sur son somptueux monument funéraire :

     Ci-gît le Seigneur de La Palice ;

     S’il n’était mort il ferait encore envie.

     Mais il existe à cette époque (nos recherches généalogiques nous le prouvent) deux graphies différentes de la lettre minuscule s : le s rond (s) et le s long (ſ). Ce dernier peut être confondu avec un f. Une erreur de lecture a fait lire "hélas, s’il n’était pas mort, il ſerait (serait) encore en vie". Aujourd’hui on retrouve encore cette phrase déformée en : "Un quart d’heure avant sa mort, il était encore en vie".

     Comme quoi, il n'est jamais trop tard pour s'instruire !


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