• 2012 est l'année du tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau.

    Pour commémorer l'événement, l'Université Paris-Diderot (Paris VII) a organisé ces jours-ci un colloque intitulé "Rousseau et le spectacle" et invité le chef d'orchestre Jean-Marie Curti de l'Opéra-Studio de Genève à diriger un intermède (un petit opéra en un acte) écrit et mis en musique par l'auteur des Confessions : Le Devin du village.

    Etant inscrite à la newsletter de l'Université, j'ai pu obtenir une invitation pour ce concert précédé d'un délicieux cocktail. Arlette m'accompagnait dans cette sortie.

    Le poumon de ce quarter futuriste, constitué de bâtiments modernes mais jamais uniformes ni monotones, est un grand espace vert dédié aux étudiants et aux habitants de cette partie du 13ème arrondissement. Il jouxte les bâtiments de l'Université qui se sont installés depuis quelques années dans l'ancienne minoterie construite pendant la première guerre (en 1917) par Georges Wybo (l'architecte des grands magasins du Printemps).

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     Le-devin-de-village-Opera-de-J.J.-Rousseau-Les-grands-moul.jpg

     C'est Rudy Ricciotti, l'architecte du Musée des Arts Premiers à Paris et du centre chorégraphique national d'Aix en Provence - Le Pavillon Noir - que nous avions visité avec Christelle lors d'un de nos petits séjours dans le midi qui l'a réhabilité en 2006.

    Les grandes surfaces préalablement vitrées ont été remplacées par des ouvertures ornementées d'élégantes grilles en fer forgé bien mises en valeur à la tombée de la nuit par un éclairage approprié.

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     La Halle aux farines dans laquelle se trouve l'amphithéâtre Vilgrain (que nous avons  cherché pendant un bon quart d'heure... errrant dans cet environnement assez glauque, il faut le dire) fait face au bâtiment des Grands Moulins de Paris.

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       Je connaissais (un peu) l'oeuvre littéraire de Jean-Jacques Rousseau pour l'avoir surtout, je l'avoue, étudiée au lycée... mais je ne le connaissais pas musicien et c'est un grand tort car j'apprends maintenant qu'il fut choisi par Diderot pour écrire les articles sur la musique dans son "Encyclopédie" et qu'il écrivit également un "Dictionnaire de la Musique" qui fait encore référence aujourd'hui dans les conservatoires...

     La première représentation du "Devin du village" eut lieu à Fontainebleau le 18 octobre 1752 devant Louis XV et la cour. Elle fut un franc succès sans doute du fait que cette musique simple représentait un moyen terme entre la musique italienne et la musique française et parlait d'un sujet pastoral déjà à la mode à l'époque et néanmoins encore d'actualité..., à tel point que le Roi fit demander à Rousseau de lui rendre visite le lendemain pour le féliciter et lui proposer une pension. Mais l'invitation mit Rousseau dans un tel état d'angoisse qu'il refusa l'invitation...  Rousseau rapporte dans ses "confessions" que Jélyotte, l'acteur tenant le rôle de Colin, le lui reprocha lui disant :  "Vous avez tort, Monsieur, de partir au milieu de vos triomphes. Vous auriez joui du plus grand succès qu'on connaisse en ce pays. Toute la cour est enchantée de votre ouvrage ; le Roy qui, comme vous le savez, n'aime pas la musique, chante vos airs toute la journée avec la voix la plus fausse de son royaume et il demande une seconde représentation sous huitaine". Rousseau perdit donc le bénéfice d'une pension à vie... mais il garda sa liberté de penser ! Son ami Diderot lui reprocha, lui, non pas d'avoir refusé l'entrevue avec le Roi mais d'avoir ainsi refusé une pension à Thérèse Levasseur, une servante d'auberge avec laquelle il vivait et à qui il avait fait 5 enfants... 

     Cette première représentation sera suivie d'une représentation à l'Opéra le 1er mars 1753 en pleine "Querelle des Bouffons" opposant les partisans de la musique française groupés derrière Jean-Philippe Rameau à ceux d'une ouverture à d'autres horizons musicaux (se rapprochant de la musique italienne) réunis autour de Rousseau.

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     Résumé

    Colette, une jeune paysanne, se plaint de l’infidélité de Colin, un jeune paysan dont elle est amoureuse, et va trouver le devin du village pour connaître le sort de son amour. Elle apprend que la dame du lieu a su captiver le cœur de son berger par des présents. Le devin laisse espérer à Colette qu’il saura le ramener à elle. Il fait ensuite entendre à Colin que sa bergère l’a quitté pour suivre un monsieur de la ville. Colin n’en croit rien et revoit sa maîtresse plus amoureuse que jamais.

     L'oeuvre fût représentée de nombreuses fois à toutes les époques et en 1768 Mozart s'en inspira pour composer son opéra "Bastien et Bastienne" mais ce fut sur un livret de Friedrish Wilhelm. Rousseau est le seul compositeur à avoir à la fois écrit le livret et composé la musique de ce "divertissement" écrit en 3 semaines...

     Quelques images du concert de Paris-Diderot. Malheureusement je n'ai pas réussi à trouver le nom de tous les interprêtes. Cette Colette avait une voix magnifique et avait, vous l'avouerez, le physique et l'âge du rôle,

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    tout comme Dominique Tille (au milieu) jouant le rôle de Colin.
    A droite, le baryton jouant le rôle du devin
     
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    dsfff
    Le "choeur" chantant "C'est un enfant"
     
    Final de l'opéra : le chef d'orchestre fait chanter le public comme du temps du Roy ! fddfdfdf

     
    C'est toujours un plaisir que d'être invité à l'Université Paris-Diderot !  

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  • Pour fêter l'anniversaire de Philippe, nous sommes allés à la Comédie des Champs Elysées applaudir Jean Piat  dans une pièce de Françoise Dorin (dont il partage la vie depuis plus de 30 ans). Celle-ci a créé la pièce tout spécialement à son intention. Si je disais à Monsieur Jean Piat qu'il ne fait pas son âge, il me rétorquerait que je suis hypocrite et pourtant aussi incroyable que cela puisse paraître, il tient la scène pendant près d'une heure et demie malgré ses 87 printemps... Un "one man show" étonnant qui s'appelle 

     Vous avez quel âge ?

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    Françoise Dorin prend le prétexte d'une conférence que l'acteur est sensé avoir donnée et qui lui vaut un coup de téléphone de Mme le Ministre à la Jeunesse et aux Sports. Son souhait est qu'il crée un Ministère à la Vieillesse et de son sort. D'où toute une réflexion sur les méfaits et les bienfaits de l'âge... pour laquelle Françoise Dorin s'appuie sur de nombreuses citations littéraires.

    Un extrait de la pièce de Françoise Dorin
     
    ♦ Il me semble qu’ils fabriquent des escaliers plus durs qu’autrefois. Les marches sont plus hautes, et il y en a davantage. En tout cas, il est plus difficile de monter deux marches à la fois. Aujourd’hui, je ne peux en prendre qu’une seule.   
    ♦ A noter aussi les petits caractères d’imprimerie qu’ils utilisent maintenant. Les journaux s’éloignent de plus en plus de moi quand je les lis je dois loucher pour y parvenir. L’autre jour, il m’a presque fallu sortir de la cabine téléphonique pour lire les chiffres inscrits sur les fentes à sous. Il est ridicule de suggérer qu’une personne de mon âge ait besoin de lunettes, mais la seule autre façon pour moi de savoir les nouvelles est de me les faire lire à haute voix, ce qui ne me satisfait guère, car de nos jours les gens parlent si bas que je ne les entends pas très bien. 
     
    ♦ Tout est plus éloigné. La distance de ma maison à la gare a doublé, et ils ont ajouté une colline que je n’avais jamais remarquée avant. En outre, les trains partent plus tôt. J’ai perdu l’habitude de courir pour les rattraper, étant donné qu’ils démarrent un peu plus tôt quand j’arrive. 

    ♦ Ils ne prennent pas non plus la même étoffe pour les costumes. Tous mes costumes ont tendance à rétrécir, surtout à la taille. Leurs lacets de chaussures aussi sont plus difficiles à atteindre. 
     
    ♦ Le temps même change. Il fait froid l’hiver, les étés sont plus chauds. Je voyagerais, si cela n’était pas aussi loin. La neige est plus lourde quand j’essaie de la déblayer. Les courants d’air sont plus forts. Cela doit venir de la façon dont ils fabriquent les fenêtres aujourd’hui. 
     
    ♦ Les gens sont plus jeunes qu’ils n’étaient quand j’avais leur âge. Je suis allé récemment à une réunion d’anciens de mon université, et j’ai été choqué de voir quels bébés ils admettent comme étudiants. Il faut reconnaître qu’ils ont l’air plus polis que nous ne l’étions ; plusieurs d’entre eux m’ont appelé “monsieur”; il y en a un qui s’est offert pour m’aider à traverser la rue.
     
    ♦ Phénomène parallèle : les gens de mon âge sont plus vieux que moi. Je me rends bien compte que ma génération approche de ce qu’il est convenu d’appeler “un certain âge”, mais est-ce une raison pour que mes camarades avancent en trébuchant dans un état de sénilité avancée ? Au bar de l’université, ce soir-là j’ai rencontré un camarade. Il avait tellement changé qu’il ne m’a pas reconnu. 
     "tu as un peu grossi, Georges", ai-je remarqué.
     - c’est la nourriture actuelle, répondit Georges. Elle fait engraisser. 
     "il y a combien de temps que nous ne nous sommes vus Georges ? Ca doit faire plusieurs années..." 
    - je crois que la dernière fois c’était après les élections, dit Georges. 
    "quelles élections ?"
    Georges réfléchit un moment. 
    - celles de Coolidge “dit-il. 
    Je demandais deux autres whiskys. 
    “as tu remarqué, dis-je que ces martinis sont beaucoup moins forts qu’ils n’étaient ?"
    - ah ! Ce n’est plus comme au bon vieux temps de la prohibition, me répondit Georges. Tu te rappelles quand nous commandions très fort de la fleur d’oranger pour boire en douce deux bonnes fines ? Ah ! 
    "mais, dis donc... je me rappelle aussi que tu étais un fameux avaleur de pâtisserie, Georges ! Tu y tâtes toujours?"
    - non, je suis trop gras... La nourriture actuelle est trop riche. 
    "je sais tu viens de le dire il y a un instant ..."
    - j’ai dis ça ? 
    "que dirais-tu d’un autre whisky ? Tu as remarqué qu’ils ne sont pas aussi forts qu’autrefois ?"
    - dis donc ... tu me l’as déjà dis ... 
    "ah ! ..."
     
      ♦ Ce matin en me rasant, je pensais à ce pauvre vieux Georges : je m’arrêtais un moment et regardais mon image dans la glace. Ils ne font plus les mêmes miroirs qu’autrefois. "

    Un extrait vidéo avec une interview de Jean Piat
     

     
     Quelques bonnes répliques
     
    François Mauriac
    C'est pas parce qu'on a un pied dans la tombe qu'il faut se laisser marcher sur l'autre !
    Agatha Christie
    Epousez un archéologue : plus vous vieillirez, plus il vous aimera !
    (la romancière a épousé en secondes noces un archéologue.)
    Jean Gabin
    A partir d'un certain âge, pour avoir l'air frais, il faut venir du dehors !
    Sacha Guitry
    C'est entre 30 et 31 ans que les femmes vivent les 10 meilleures années de leur vie !
     
    Pour éviter la mort, il n'y a qu'une solution, c'est de vieillir !

     Une leçon de sagesse que nous donne Françoise Dorin dans cette pièce portée par un Jean Piat aux yeux toujours aussi bleus et malicieux que du temps où je le vis dans Cyrano de Berjerac dans l'autre "Comédie" (il y a quelques années il est vrai...) et surtout avec une voix qui n'a pas changé, toujours aussi sûre : un morceau de bravoure.

     Bravo Monsieur Piat !

    Une soirée délicieuse en très bonne compagnie


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  • Une très bonne soirée ce samedi en compagnie d'Arlette avec une excellente pièce au Théâtre 13 qui, comme son nom l'indique, se trouve tout près de chez nous. Zadig, le conte philosophique de Voltaire publié à l'origine en 1748. 

    D’après Longchamp, secrétaire de Voltaire, c’est au cours des soirées mondaines données à Sceaux, chez la Duchesse du Maine, que l’idée d’écrire des contes inspire à Voltaire ce petit roman, qualifié aussi de conte philosophique, qui connaît plusieurs éditions à partir de 1747. Il s'est par ailleurs défendu d’en être l’auteur, le considérant comme une simple « couillonnerie ».

     Zadig, a été adapté par Gwenhaël de Gouvello et c'est une réussite : la pièce, qui se passe à Babylone (donc dans l'actuel Irak), est riche en péripéties et n'est jamais ennuyeuse. Les treize acteurs se démultiplient avec habileté pour endosser à merveille les rôles des 47 personnages qui la constituent.

    L'histoire est à la fois simple et complexe : Voltaire raconte les multiples mésaventures d'un jeune homme qui découvre au fil de ses rencontres que la vertu n'amène pas toujours à la fortune. Naïf, altruiste, Zadig subit la bêtise, l'ignorance et la méchanceté de ses contemporains. Promis de nombreuses fois à la potence, au bûcher ou à la pendaison, il réussit néanmoins à chaque fois à se sortir de situations perdues d'avance. La raison en est une intelligence certaine vouée à servir son sens inné du raisonnement et de la sagesse. Adepte d'une philosophie qu'il éprouve dans le moindre détail, Zadig sait réconcilier des ennemis, confondre des femmes pas si fidèles et démasquer des maris violents.

     Le siècle des Lumières est omniprésent dans cette pièce qui dénonce entre autres l'ignorance de la médecine, l'absurdité de la justice et le fanatisme des prêtres. Bref, une satire déguisée, grâce à la distance prise par Voltaire qui situe l'histoire à Babylone, de la société du XVIIIème siècle et des idées qui restent encore très actuelles de nos jours.

     Le décor est très sobre mais efficace : une série de chaises sont disposées, point barre. Les acteurs les manipulent tout au long de la pièce, les transformant selon les besoins de la scène, en prison, en caravane ou encore en bûcher... 

     Zadig---les-quatre-pretendants.JPG

     Les costumes d'Anaïs Sauterey sont orientaux naturellement mais ils sont simples. Est-ce parce que la pièce reste très actuelle que Zadig est le seul à être vêtu à l'européenne ?

     Ici, Sémire, le premier amour de Zadig, pleure son amant blessé.

     Zadig--Zadig-et-Semire.JPG

     En fait, cet épisode de l'histoire raconte comment Zadig est confronté à un rival qui le blesse à l'oeil, le laissant pour borgne. Sémire le rejète alors préférant s'offrir à Orcan...  Le grand médecin Hermès est appelé au chevet du malade : "s'il se fut agi de l'oeil droit, je l'aurais guéri sans problème mais il s'agit de l'oeil gauche qui lui est incurable !" Voltaire assassine à cette occasion la médecine et surtout les médecins : un clin d'oeil à Molière.

     Ici, Zadig triomphe : il est nommé ministre par le Roi Moabdar en conséquence de sa générosité (après son soutien à un ministre que le Roi venait de renvoyer).

     Zadig--Zadig-est-nomme-ministre.JPG

    L'une des dernières scènes de la pièce : la caravane du Maître Ogul

     Zadig---La-caravane-du-maitre-Ogul.jpg

     J'ai trouvé sur internet une version audio libre de droits de la pièce de Voltaire. Ca dure 2h15... Plus raisonnablement, vous pouvez cliquer   ICI  pour écouter le chapitre succulent sur le chien et le cheval. 

     La pièce se joue jusqu'au 11 décembre prochain. A ne pas louper : j'ai adoré !


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  • Le Festival mondial des théâtres de marionnettes de Charleville-Mézières fêtait ses 50 ans en cette fin de mois de septembre 2011. Arlette et moi y avons passé deux jours extraordinairement riches en découvertes de cet art à part entière qui recouvre beaucoup de disciplines en dehors de la manipulation traditionnelle de petits pantins, comme : le théâtre d'objets, la danse, l'image et l'animation, les nouvelles technologies...

       Mais tout d'abord, voici Charleville en temps de festival. En empruntant la rue de la République, piétonne à cette époque de l'année, on peut voir ça et là des petits spectacles de rue. Le nombre des comédiens est parfois réduit à sa plus simple expression... mais le public est là, fidèle au rendez-vous biennal.

    Marionnettiste de rue

     Pour quelques euros, on peut parfois assister à un mini-spectacle en prenant place dans une voiture : comme à Cannes, les artistes déroulent même le tapis rouge !

     Un marionnettiste et sa voiture

     Ici, un homme a installé sa valise et son pick-up avec une sébille et un petit écriteau où l'on peut lire "votre générosité est ma seule rémunération. Merci". Il exécute avec sa marionnette une fugue de Bach, je pense, plus vraie que nature !

    Bref, vous l'aurez compris, il y a toute une ambiance.

       La Place ducale est en fête elle aussi. Un élégant manège s'y est installé et elle est ceinte de stands vendant, qui des Pinnochio, qui des Polichinelle, qui des objets articulés etc etc...

    La-Place-ducale-avec-le-manege.jpg

     La Place Ducale de jour

     Ce stand a retenu mon attention par l'élégance de ses poupées.

     Stands-de-marionnettes-elegantes.jpg

     Et puis, le Festival, ce sont aussi les expositions dans différents lieux de la ville. Voici quelques images de l'une d'entre elles intitulée "Les baraques polichinelles" (créée pour commémorer le quadricentenaire de ce bossu légendaire). Elle se tientà l'intérieur de la Basilique Notre Dame d'Espérance. Comme vous le voyez sur la photo qui suit, le brouillard est dense ce matin mais le beau temps va arriver.

     Basilique Notre Dame

     La mauvaise réputation : qui faut-il pendre, Polichinelle ou le gendarme ?

     Basilique Notre Dame Polichinelle et le gendarme

    Le rêve de Polichinelle en ombres chinoises

     Basilique Notre Dame Le rêve de Polichinelle en ombres chi

     L'exposition nous donne aussi l'occasion d'admirer les superbes vitraux de la Basilique exécutés entre 1954 et 1979 d'après les cartons de René Durbach. Ici, on voit Vitéz Lazlo, la marionnette la plus connue en Hongrie, avec sa poêle à frire !

     Basilique ND René Durbach Vitrail et VItez Laszlo

     Et voici Petrouchka, la marionnette russe éprise d'une ballerine dans le ballet de Stravinsky...

     Basilique ND René Durbach Vitrail et Petrouchka

    Il ne me reste plus qu'à vous parler des 8 spectacles "in" que nous avons vus parmi les quelques 150 présentés au public cette année.

     Nous avons vu six spectacles du type "théâtre d'objets".

     Par le "Collectif Aïe aïe aïe" : Puppet crashtest

    Dans un petit laboratoire, deux ingénieurs autodidactes procèdent à une série de tests sur des sujets qui ont la particularité d'être vivants tout en ne l'étant pas... PUPPETCRASHTEST est une forme courte expérimentale, dans laquelle il sera question de la vie de nos amies les marionnettes, de leur résistance, de leurs limites, de leur reproduction, de leur intériorité et de leurs petits yeux en plastique dépourvus de liquide lacrymal.

    Par la "Compagnie à" : Ma foi

    Une histoire délirante entre une bonne soeur adepte de musique électronique et la nativité...

     à mourir de rire !

     

    Par la Compagnie "La Bakélite" : La galère

    Une épopée maritime pleine de rebondissements à base d'objets hétéroclites et d'eau.

    Et de l'eau, les spectateurs du premier rang en reçoivent !

     galere-615_dr.jpg

     Les trois vieilles d'Alejandro Jodorowsky par la Compagnie "Point Zéro"

    Elles sont jumelles et elles ont 88 ans ; elles sont acariâtres et... toujours vierges !

     Tout un programme me direz-vous : en tout cas, c'est un spectacle pendant lequel on ne s'ennuie pas et que vous pourrez voir en allant au théâtre de Cachan cet hiver (le 9 février prochain) : je vous le recommande.

     

    "Savanna" est un spectacle de l'israëlien Amit Drori.

    Savanna est un projet entre l'avion de papier que fabrique l'enfant et les machines volantes dont rêvait Léonard de Vinci. Sur le plateau, avec de la robotique, de la vidéo et du son, cinq créateurs fabriquent une nature artificielle dans laquelle on croise un étonnant bestiaire d’animaux imaginaires doués d'une sensibilité extraordinaire.

     Beaucoup de poésie dans ce spectacle pourtant créé à partir d'électronique.

     

    Le dernier spectacle appartenant à la catégorie "théâtre d'objets" que nous avons vu est "Crowning Glory : de pion à Reine, un échec réussi" par la Compagnie Akselere.

    Nous sommes dans un salon de coiffure. La coiffeuse raconte l’histoire d’une petite fille, qui lui tend la main de l’autre côté du miroir. Elle a un début de vie difficile, normalement voué à l’échec. La petite fille est comme un pion, elle avance de case en case, sur le grand échiquier de la vie. Elle peut devenir reine, il s'agit de suivre les règles du jeu. "Raconter une histoire c’est comme une visite chez le coiffeur, ça nous transforme."

     J'ai adoré cette pièce et le jeu de cette actrice d'origine irlandaise, Colette Garrigan.

     

    Les deux autres spectacles auxquels nous avons assisté étaient d'origine asiatique.

     Le premier, c'est la troupe de marionnettes à gaine de Liao Wen-Ho et son "spectacle de marionnettes magiques". A Taïwan, en des temsp où l'éducation était réservée à une élite, les spectacles de marionnettes ont toujours eu un rôle pédagogique. Ils restent encore aujourd'hui extrêmement populaires. Les marionnettes de Liao Wen-Ho racontent des fables faisant s'affronter bons et méchants et où les dieux tiennent une place importante dans la résolution de l'intrigue. Le spectacle était heureusement sous-titré en français et non en anglais comme sur cette vidéo...

    Liao-Wen-Ho-et-ses-marionnettes.jpg

     Enfin, notre dernier et huitième spectacle était issu de Birmanie. Son nom, "The four puppets", aurait pu laisser croire qu'il était en anglais : que nenni, nous l'avons vu dans la langue du pays et sans sous-titre ! La Birmanie ne peut pas se payer le luxe de Taïwan...

     De très belles marionnettes racontant encore ici un conte populaire.

    Il était une fois un maître marionnettiste qui non seulement fabriquait mais également manipulait des marionnettes. Il avait un fils nommé Aung qui n’était pas enthousiaste à l’idée d’apprendre l’art de la marionnette, ni de voyager à travers le monde pour en faire son métier.

    A travers cinq scènes, le théâtre traditonnel Htwe Oo de Ranoon, composé de grands

    maîtres et d'une nouvelle génération de marionnettistes, raconte cette histoire et

    présente quatre marionnettes de la grande tradition Birmane : Thagyarmin le roi des

    dieux, Yakkha le démon, Zawgyi le sorcier et Khema l'hermite.

     De bien jolies marionnettes, non ?

     
    (que nous avons pu photographier tout à loisir à la fin du spectacle)
     
    Myanmar-deux-marionnettes-musiciennes.jpg
     
    Myanmar-marionnettes-demons.jpg
     
     
    Myanmar-marionnette-a-l-ombrelle.jpg
     
     
    Salutation des marionnettes
     

    Myanmar-la-troupe-salue.jpg

     

    Rendez-vous en 2013 pour la 17ème édition de ce formidable festival !

     

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  •  Ce dimanche, je suis allée en compagnie de mon amie Sophie applaudir Danièle Israël qui joue en ce moment à l'Aire Falguière (un minuscule théâtre tel qu'il n'en existe qu'à Paris) le "Discours sur le bonheur" écrit par Madame du Châtelet suite à sa rupture avec Voltaire.  Après 10 ans d'une vie commune passionnelle, fusionnelle et intellectuelle, Emilie du Châtelet, une femme d'exception en ce 18ème siècle, ne se laisse pas aller : elle nous fournit même, au travers d'une trentaine de pages écrites sans aucun but de publication mais plutôt à titre de psychothérapie, une véritable leçon de vie : vivez vos passions (si vous en avez, sinon contentez-vous de vos goûts), profitez de tous les péchés "autorisés" mais toujours sans excès... Telle est la leçon que cette femme hors du commun, insoumise aux préjugés de son époque, scientifique de renom dans un monde d'hommes, nous livre au travers de ce petit texte publié 30 ans après sa mort et dont l'édition de 1997 est  faite par Elisabeth Badinter.

     Discours-sur-le-bonheur-Texte-de-la-piece.gif

     La mise en scène de Pierre Humbert est très sobre. Une petite scène adaptée à la taille du théâtre (pouvant acceuillir une trentaine de spectateurs), un chevalet sur lequel repose un croquis mathématique et une simple petite table de style Louis XV : le décor est planté et Danièle Israël peut entrer en scène. C'est ce qu'elle fait en s'adressant à nous pour constater que nous sommes bien étrangement habillés... tandis qu'elle apparait elle-même vêtue d'une élégante robe corsetée. Le ton est donné : le metteur en scène a choisi de jouer la proximité avec le spectateur, rendant ainsi ce monologue vivant.

     Discours sur le bonheur 011

     Discours sur le bonheur 006

     Discours sur le bonheur 008

     Merci Madame Israël pour ce moment de pur... bonheur !


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