• Au Théâtre 13 jardin, tout nouvellement inauguré le week-end dernier, nous sommes allés voir une pièce d'Alexis Michalik intitulée Intra-muros.

    Le spectacle nous a emballés : deux détenus d'une centrale viennent assister à un atelier-théâtre proposé par un metteur en scène sur le déclin et une assistante sociale qui a une bonne raison - la pièce nous le dévoilera - de l'avoir organisé.

    Intra-muros d'Alexis Michalik au Théâtre 13 jardin

    Ce spectacle, inspiré d'une réelle rencontre entre l'auteur et des prisonniers, a été conçu autour de réponses imaginées à des questions qu'il n'a pas eu le temps de leur poser.

    Richard, le metteur en scène, briefe les deux détenus : à droite Kevin qui s'est inscrit à l'atelier et à gauche Ange qui s'est inscrit par amitié pour son ami mais qui n'en a rien à cirer...). A gauche, l'assistante sociale, Alice, et à droite la partenaire de Richard, Jeanne, et aussi son ex-femme)

    Intra-muros au Théâtre 13 Jardin

    Le décor est minimaliste : un lit en fer pour symboliser la cellule, des chaises pour l'atelier-théâtre et des portants qui permettent aux acteurs de se changer pour interpréter les différents rôles (et ils sont nombreux).

    Un musicien, dans un coin de la scène, gère le son et accompagne les échanges des protagonistes avec divers instruments.

    Kevin, il a la rage au ventre ! Il le dit et le montre avec beaucoup de talent.

    Intra-muros au Théâtre 13 Jardin

    Le spectacle mêle habilement des scènes de la vie des détenus (à l'aide de flash-backs) avec celles de l'atelier-théâtre, si bien que parfois on ne sait plus trop si on est dans le théâtre ou dans la vie...

    Richard : Paul Jeanson
    Jeanne : Jeanne Arenes
    Alice : Alice de Lencquesaing
    Ange : Bernard Blancan
    Kevin : Faical Safi
    Le musicien : Raphaël Charpentier

    La pièce se joue jusqu'au 16 avril : franchement, elle est excellente et vaut largement les 14 euros demandés (pour les seniors). Plein pot, c'est seulement 18 euros.

    En plus, on est bien assis dans cette nouvelle salle.

    Que demande le peuple !


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  • Après deux ans de travaux, le Théâtre 13 Jardin situé à deux pas de chez nous a rouvert ses portes ce week-end. Il faisait même "Portes Ouvertes" tout le week-end en offrant aux spectateurs la gratuité des spectacles.

    Je suis donc allée y jeter un œil cet après-midi.

    Inauguration du Théâtre 13 Jardin

    Ici, ce sera la buanderie m'a-t'on dit : l'espace est occupé aujourd'hui par les costumes d'un ancien spectacle "Le mandat" de Nicolaï Ermann donné en 2007.

    Inauguration du Théâtre 13 Jardin

    Cette future loge est occupée, elle, par les costumes d'une pièce jouée en 2005 :  "Le collier de perles du Gouverneur Li Qing".

    Inauguration du Théâtre 13 Jardin

    Mais ce soir c'est à un vrai spectacle que j'ai assisté dans la toute nouvelle salle du théâtre relookée au goût du jour (un peu tristounette pour le mien propre : j'aurais bien vu des fauteuils rouges...).

    Inauguration du Théâtre 13 Jardin

    Elle s'intitule : "Bébé barbu" ou" Les nouvelles aventures de Jean-Claude Barbès" (Naissance, éducation et avènement d'un Gargantua des temps modernes), une création de la Compagnie du "Grand Colossal Théâtre".

    A mourir de rire !

    Un rôle très physique pour l'actrice, Aline Vaudan, qui doit simuler un accouchement difficile (celui d'un bébé de 107 kilos !). On se reconnait ensuite parfaitement dans le rôle des parents (ou des grand-parents...) de cet enfant Roi qui nécessite qu'on s'occupe de lui à longueur de journée ne laissant aucune place aux parents pour une vie un peu plus personnelle...

    La scène des

    "Il est où Toto ?"

    "Il est là !".

    "Coucou !"

    qui se répète inlassablement est indescriptible de drôlerie.

    Inauguration du Théâtre 13 Jardin 

    Bravo à ces acteurs qui nous ont fait passer un excellent moment et merci au Théâtre 13.


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  • Cet après-midi, j'ai entraîné Philippe dans une drôle d'aventure : j'avais réservé deux places pour aller voir un spectacle performance, entre le documentaire et la science-fiction, à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration à la Porte Dorée.

    une heure dans la peau d'un immigré...

    Son titre : "Ticket"

    une heure dans la peau d'un immigré...

    Alors que l'on nous avait regroupés dans la cour du musée (il y avait une vingtaine de participants), un grand hurluberlu habillé d'un costume "m'as-tu-vu" et d'une paire de chaussures en croco se met à nous dire : "Dépêchez-vous, dépêchez-vous, allez, allez... plus vite que ça !"

    Et le voilà qui joint le geste à la parole en malmenant ceux qui traînaient encore...

    Le but : nous mettre dans les conditions vécues par les immigrés clandestins qui cherchent à rejoindre l'Angleterre depuis la jungle de Calais.

    Le passeur, puisqu'il s'agit bien d'un passeur (son costume et ses chaussures ont sans doute été achetés avec les 500 euros qu'il réclame pour chaque passage...), nous fait ainsi faire au pas de course le tour du bâtiment, nous fait nous accroupir en nous disant "je pars à la recherche d'un camion et je ne sais pas pendant combien de temps je vais être absent : en attendant, personne ne bouge !"

    La personne debout est une journaliste de France info qui enregistre le spectacle...

    une heure dans la peau d'un immigré...

    Un bon cinq minutes après (mon Dieu que le temps semble long quand on doit rester dans une position inconfortable !), il vient nous rechercher et nous explique qu'il a trouvé ce qu'il cherchait : un camion sûr.

    Après nous avoir délestés de nos papiers d'identité... (véridique !) - nous voici maintenant mis dans la même situation que les vrais clandestins... -, il nous conduit au dit camion : un conteneur en fait, comme ceux dans lesquels les clandestins se cachent très souvent.

    une heure dans la peau d'un immigré...

    Après avoir obstrué l'entrée du camion par des cartons, il verrouille ce dernier et nous voici plongés dans un noir intégral.

    Quelques minutes après, voilà que deux individus s'introduisent dans le conteneur par une trappe située sur le toit prévue à cet effet. On comprendra par la suite qu'il y a un chinois et un algérien. Seul l'un d'entre eux comprend et parle le français : entre eux ils s'expriment en anglais.

    Ce sont bien sûr deux acteurs qui jouent le rôle d'immigrés clandestins.

    L'un possède une torche et l'autre un briquet : ils explorent le conteneur et nous prennent à témoin, nous, les autres clandestins... : "surtout, ne pas faire de bruit : le chauffeur du camion n'est pas au courant et, les chauffeurs, c'est bien connu, ne sont pas tendres avec les clandestins."

    une heure dans la peau d'un immigré...

    Le briquet, c'est pour chauffer un clou destiné à se brûler le bout des doigts pour effacer les empreintes digitales : pas d'empreintes, pas de traces, ni vu ni connu je t'embrouille !

    Tandis qu'une voix off parle du quotidien des clandestins, on entend le chauffeur du camion discuter avec un collègue ou bien les policiers s'apprêtant à intervenir. Malheureusement la pluie s'étant invitée au spectacle, tonitruant sur le toit du conteneur, nous a empêchés de tout bien entendre...

    L'ouïe est en effet le seul organe qui relie le clandestin au monde extérieur.

    Au début amusés par ce jeu d'acteurs, nous avons ensuite pris notre rôle au sérieux, jouant le jeu en allant même jusqu'à mettre les mains au mur quand la police a ouvert les portes du camion...

    Enfin libres !

    une heure dans la peau d'un immigré...

    Après cette petite expérience amusante (certains diront qu'elle était angoissante), nous avons retrouvé les acteurs dans le musée pour discuter du spectacle et en apprendre un peu plus sur le vécu des clandestins (beaucoup moins amusant) : le spectacle a été créé à partir d'interviews faites dans la jungle de Calais.

     

    Même si je n'ai jamais perdu de vue que j'étais devenue "acteur" d'une pièce de théâtre..., j'ai trouvé l'expérience intéressante.

    La troupe de théâtre de rue qui a monté ce spectacle s'intitule "Le Collectif du Bonheur Intérieur Brut". Elle joue ce spectacle depuis 2008 à travers la France (à la Cartoucherie au départ) et même en Italie.

    Les cinq acteurs du "spectacle" à la fin de l'aventure...

    une heure dans la peau d'un immigré...

    Sympa !


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  • Le Studio Raspail accueillait en ce week-end de fin février la troupe du Groupe Lyrique pour deux spectacles musicaux : Le Pauvre Matelot, complainte lyrique de Darius Milhaud sur un livret de Jean Cocteau et Le Medium, Opéra de Gian Carlo Menotti sur un livret de sa création.

    J'avais convié mon amie Marie-France à m'y accompagner et nous avons toutes les deux passé un excellent après-midi.

    Le Pauvre Matelot a été créé en 1926.

    Cocteau s'est inspiré d'un fait divers sanglant de l'époque. Une femme tient un bar de marin en décrépitude sans aucune nouvelle de son mari, un matelot parti quinze ans plus tôt pour faire fortune. L'époux revient un jour, riche et changé. Il apprend avec joie que sa femme lui est restée fidèle mais, pour regarder son bonheur "du dehors", décide de se faire passer pour quelqu'un d'autre. Il raconte à sa femme qui ne le reconnaît pas qu'il est un ami de son mari pauvre et criblé de dettes.

    La réaction de la femme ne se fait pas attendre...

    Le Groupe Lyrique au Studio Raspail

    Le Medium a été créé en 1946.

    Madame Flora (Baba) vit avec sa fille Monica et un jeune muet, Toby, qu’elle a tiré de la sauvagerie des rues de Budapest. Pour pourvoir aux besoins du foyer, Madame Flora vend ses talents de médium : elle entre dans de fausses transes devant des clients qui ont l'impression d'entrer en contact avec leurs défunts, alors qu’ils ne s'agit que d'effets spéciaux produits par Monica et Toby. L’intrigue se noue à la fin d’une séance, lorsque Madame Flora sent des mains glacées encercler son cou...

    Le Groupe Lyrique au Studio Raspail

     Un très beau spectacle, avec de très belles voix et une mise en scène originale. J'ai particulièrement aimé le rôle du jeune-homme muet qui est interprété avec beaucoup de grâce par le danseur Gael Rougegrez.

     Participation au chapeau... On y retournera !


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  • Pour fêter dignement le Nouvel An chinoisla Mairie du 13ème a prévu comme d'habitude un programme très alléchant allant du cinéma (Le dernier loup et Le chien du Tibet) au défilé en passant par la musique (avec un concert intitulé "Nouvelle route de la soie"), une conférence ("Le boudhisme et le boudhisme zen"), une exposition (La calligraphie "d'un seul tenant"), la photographie ("Jeunes instruits") et... l'Opéra traditionnel.

    Et c'est justement l'Opéra de Canton que je suis allée voir et écouter.

    Canton se trouve dans le sud de la Chine.

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    L'opéra traditionnel chinois est issu des différents types de théâtres en vogue dans la Chine ancienne. A l'origine mise en scène d'extraits de la littérature classique et de l'historiographie chinoise, il intègre multiples éléments progressivement codifiés pour résulter dans la conception d'un art dramatique complet. L'esthétique épurée de la mise en scène, les compositions musicales d'instruments variés, les couleurs chatoyantes des costumes, le langage mystérieux du maquillage, les chants mélodieux et la technicité du jeu composent les multiples facettes d'une interprétation qui sert l'évocation d'une histoire émouvante et sophistiquée.

    L'Opéra de Canton est l'un des quatre opéras les plus importants. Il a été répertorié par l'UNESCO comme Patrimoine culturel immatériel mondial.

    La salle des fêtes de la Mairie avait été décorée de superbes bouquets qui, malheureusement, n'ont pas été développés ce qui m'a empêchée de les prendre en photo...

    C'est Philippe Moine, l'adjoint au maire chargé de la culture, qui a présenté la soirée à laquelle assistaient beaucoup d'habitants du 13ème et bien sûr en particulier du quartier chinois.

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    L'Opéra qui nous a été présenté s'appelait : La lanterne au lotus magique. Cette pièce apparut à l'époque des dynasties Song et Yuan (960-1368) et eut un regain d'intérêt en 1957. Un film en a été tiré en 2002.

    Tandis que les acteurs opéraient sur la scène, le texte en était projeté dans les deux langues sur cet écran. J'ai eu l'incroyable chance d'être arrivée pas spécialement en avance et de me retrouver au premier rang, les chaises réservées pour les "huiles" étant restées vides...

    Super pour la photographe !

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    La pièce raconte l'histoire de San Shengmu, une immortelle, qui s'amourache d'un érudit mortel du nom de Liu Yanchang. C'est sans compter sur la tyrannie de son frère qui fera tout pour séparer les amants...

    La première actrice à entrer en scène est l'une des suivantes de San Shengmu, Lengzhi.

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    Les mouvements de manches sont très gracieux.

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    Bonjour la durée du temps de maquillage...

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    San Shengmu : "Depuis que nous sommes mariés, tout me semble merveilleux".

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    Remarquez la concision du chinois : une ligne suffit pour trois en français !

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    Trois jours plus tard, le frère de San Shengmu, Erlang, furieux de cette union, envoya un chien du ciel pour voler cette lanterne et la jeune femme dut se résoudre à renvoyer son amant...

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    San Shengmu : "C'est sûrement mon frère qui arrive: le pire approche..."

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    San Shengmu : "Lenzhi, ramenez vite mon mari dans le monde d'en bas !"

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    L'écharpe représente le "mur" entre les mortels et les immortels.

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    Il ne s'agissait ici bien sûr que d'un extrait de l'opéra condensé : le public français (et même peut-être chinois d'origine) n'étant pas habitué à voir un tel spectacle.

    A suivi un chant en duo : "Un songe dans le jardin du Pavillon des pivoines". Inutile de vous dire que là, je n'ai rien compris et que je regardais ma montre assez souvent !

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    Pour finir la soirée, nous avons assisté à une danse de l'épée qui était également chantée.

    En voici un court extrait. Son titre : "Adieu ma concubine"

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    Attention à vos oreilles occidentales... !

    Les salutations des acteurs...

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    L'Opéra ce Canton à la Mairie du 13ème

    Un très beau spectacle qui m'a fait voyager pour pas cher...


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