• Retour d'Alsace

    Ca y est... les vacances se sont terminées Jeudi dernier. Partis ce matin de Breitenbach dans le Haut-Rhin (un petit village situé près de Munster), nous sommes rentrés sans encombre à Paris sous une chaleur caniculaire. Heureusement que ma "tuture" est équipée d'une clim !

    Hélàs à Paris c'est kif kif bourricot... et même pire car l'appartement garde la chaleur de la journée tandis qu'en Alsace les nuits étaient fraîches. Mais à vrai dire, nous étions contents tous les deux de retrouver notre "chez nous" après quinze jours d'absence... Pensez-vous : quinze jours sans téléphone et sans internet : le bagne quoi ! C'est vrai qu'on s'habitue bien à ces commodités de la vie moderne.

    Mais remontons le temps...

    Partis de Courcelles le matin du 20 juillet de bonne heure, nous arrivons à Breitenbach (prononcer "braïtainebarre") en milieu d'après-midi. Notre gîte est superbement fleuri et M. et Mme Meyer, les propriétaires, nous accueillent chaleureusement. Ce sont des gens un peu plus âgés que nous : ils se réservent le premier étage de la maison tandis qu'ils ont deux gîtes en rez-de-chaussée.

    Vue depuis la salle à manger

    Un petit abri bien sympathique !

    Depuis la chambre, les maisons voisines bénéficient tout comme nous d'une jolie vue sur les montagnes qui culminent à 1200 mètres. Le village, lui, est à 450 mètres d'altitude : c'est sans doute pour cela que les nuits y sont fraîches...

    Notre première visite est pour la petite ville de Munster. C'est actuellement une commune de 5000 âmes. Elle a beaucoup souffert de la première guerre : A partir de février 1915, Munster est bombardée quotidiennement et au terme de la guerre, elle est détruite à 85%... La reconstruction est entamée dès le lendemain de l'armistice de 1918.

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    La place principale de la ville, la place du marché, est délimitée par les deux églises : l'une est dédiée au culte catholique et celle-ci au culte protestant. La pierre utilisée pour la construction de cette dernière est le grès rose des Vosges provenant des carrières du Schratzmaennelé, du Baerenstall et du Hohnack. 

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    Devant l'église se trouve la fontaine au lion : au Moyen Age le lion était considéré comme un symbole de force et de courage. La tradition orale raconte que, chaque fois que la ville était en conflit avec l’abbé, elle tournait le lion de telle manière qu’il montre son postérieur à l’abbaye, ce qui mettait l’abbé dans une colère noire… C'est toujours le cas aujourd'hui !

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    L'Hôtel de ville est bien fleuri.

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    Nous continuons notre promende par un petit tour du côté de l'ancienne abbaye Saint-Grégoire (fondée en l'an 660) : elle est située derrière la place du marché. Les structures restées en place (l'église abbatiale avait déjà été détruite à la révolution) sont dévastées pendant la Première Guerre mondiale et seules subsistent les voûtes du cloître datant du XVII siècle et l’escalier en colimaçon menant autrefois aux cellules des moines.

    Comme vous pouvez le voir à droite de la photo, des supports-piliers ont été placés un peu partout dans la ville, permettant aux cigognes de venir y construire leur nid (qu'elles consolident tous les ans) au lieu de venir nicher (et salir de leurs excréments) les cheminées ou les toits...

    Certaines ont compris le message, d'autres non !

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    Les mauvais élèves...

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    La cigogne blanche est un oiseau porte bonheur et, comme vous le savez, symbole de l’Alsace. C’est un grand échassier à la démarche calme, au vol lent et souvent planant. Sa longueur est d’un mètre pour une envergure de deux mètres et un poids de trois kilos seulement : étonnant, non ? Entre 1960 et 1974, la population alsacienne de cigognes est passée de 148 à 9 couples. De nombreuses cigognes ne revenaient plus de leur quartiers d’hiver : victimes de la sécheresse et de la disparition des prairies, du drainage des zones humides dans la région et surtout à cause de l’électrocution sur les lignes électriques. Pour palier à cette baisse d’effectifs, des expériences de sédentarisation ont été tentées avec succès. Après trois ans de captivité, les cigognes ont renoncé à la migration, à la condition de trouver une nourriture suffisante sur place. L'enclos des cigognes de Munster a ainsi perdu sa vocation de sauvetage : dès le mois d’août, seules 20 % d’entre elles s’envolent vers l’Afrique de l’Ouest pour y passer l’hiver. Elles reviennent en Alsace dans la 2ème quinzaine de février après un parcours de pas moins de 12 000 km aller-retour !

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    J'ai à peine mis le zoom : promis juré !

    Mais je n'ai pas de mérite : les cigognes sont habituées à voir du monde.

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    Ebats amoureux ou dispute de couple, je ne sais... Mais en tout cas, on a entendu claquer les becs : le mode de communication de ces oiseaux, nous a-t-on expliqué. On dit que les cigognes claquettent.

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    La journée a été chaude : un bol d'air en fin d'après-midi sur les hauteurs de "la route du fromage". Cette route est jalonnée de fermes-auberges offrant aux randonneurs parfois le gîte et toujours le couvert. Il y a en effet de très belles ballades à faire dans cette vallée de Munster mais... il faut aimer marcher et, comme vous le savez, ce n'est pas gagné pour Philippe !

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    La ferme-auberge de Rotenbrunnen se trouve face au petit ballon.

    Les propriétaires élèvent des vaches et produisent le fromage du pays, le munster.

    Petit café en terrasse

    Le lendemain, après une nuit récupératrice bien au frais, il fait toujours aussi chaud dehors : aussi, nous décidons de ne sortir que le matin, à la fraîche : direction le village voisin de Muhlbach sur Munster.

    A l'intérieur de l'église, un vitrail de Saint-Odile, la patronne des alsaciens, montre la sainte portant un livre ouvert repésentant deux yeux. Pourquoi, me direz-vous ? Explication ci-dessous.

    Odile est la fille du Comte Etichon-Adalric, duc d'Alsace et de son épouse Berswinde. Celui-ci, attendant un héritier mâle, est d'autant plus déçu à la naissance de sa fille Odile qu'elle est née aveugle et déshonore donc sa famille. Sa mère, pour lui éviter la mort, réussit à la confier à une nourrice et à l'éloigner de son époux. Odile est ainsi élevée dans un monastère. Quand elle reçoit plus tard les huiles saintes du baptème, la jeune fille retrouve la vue. Elle vient revoir son père en compagnie de son frère, le comte Hugues mais celui-ci devient victime à son tour de la violence de son père : il meurt en laissant trois fils en bas-âge, dont Rémi, futur évêque de Strasbourg. À la suite de cette catastrophe, Etichon-Adalric regrette profondément sa conduite (il était temps !). On raconte que pour obtenir sa rédemption, il reçoit joyeusement sa fille...

     Elle fut cannonisée par Pie XI et c'est le pape Pie XII qui l'instaura Saint Patronne de l'Alsace.

    Mais nous ne sommes pas venus à Muhlbach sur Munster pour voir le vitrail de Sainte-Odile : il s'y trouve un musée que Philippe et moi avons très envie de visiter. Il s'agit du Musée de la schlitte. Vous souvenez-vous de ce film de Robert Enrico, "Les Grandes Gueules", qui se passait dans une scierie des Vosges ? Bourvil y tenait le rôle d'un homme qui, pour faire tourner la scierie qu'il a héritée de son père, embauche des détenus en liberté conditionnelle. Lino Ventura, lui, y tenait le rôle d'un ancien détenu venu travailler à la scierie dans l'espoir de pouvoir "casser la gueule" d'un libéré conditionnel qui, d'ailleurs, ne viendra jamais...

    Un petit extrait du tournage à Vagney grâce à l'Ina

    La schlitte est une sorte de grosse luge en bois, réservée à divers usages traditionnels de transport agricole et forestier dans la montagne vosgienne ou en Forêt-Noire. Elle a été utilisée jusqu'à la deuxième guerre mondiale avant la mécanisation du monde agricole. Le Musée de la Schlitte présente tous les outils que les bûcherons utilisaient autrefois pour abbatre le bois dans les forêts et le descendre dans la vallée. Il présente aussi divers métiers du bois.

    Entrons dans cette jolie maison...

    L'entrée ne coûte que 3 euros et en plus nous avons eu droit à une visite guidée particulière (nous étions les seuls visiteurs ce jour-là) par une jeune fille très sympathique et compétente.

    Une schlitte chargée de bois est présentée ici sur un "chemin de raftons" (constitué de traverses de bois plus ou moins espacées selon le degré de la pente). Le travail du schlitteur forestier consistait en effet tout d'abord à construire ce chemin de schlittage avec des rondins en épousant les pentes boisées des forêts vosgiennes (il y avait des tournants...) puis à guider les schlittes en les freinant à la seule force de ses bras... Un métier où il y avait beaucoup d'accidents, on s'en doute.

    Le musée présente différents types de supports pour illustrer ceci.

    Une gravure

    Une photo d'époque

    Une oeuvre d'art

    Lorsque les troncs dépassaient 4 mètres de long, on utilisait 2 schlittes : l'une (celle de devant) était nommée "le bouc" et l'autre "la chèvre" (qui est ni plus ni moins qu'un bouc sans cornes, les cornes étant les parties recourbées de la luge servant au schlitteur à contenir son poids).

    Le dimanche, hommes et femmes montaient chercher du petit bois de chauffage pour leur usage personnel je suppose (?) dans une hotte : en bois pour les hommes, en osier pour les femmes.

    Le dessin suivant s'intitule "un jour de permission à la forêt".

    Le musée recense aussi tous les ennemis de la forêt : les accidents climatiques (vent ou neige), les insectes, les champignons, le gibier, la mitraille de l'après-guerre...

    La graphiose de l'orme (aussi appelée maladie hollandaise de l'orme) est une maladie fongique de l'arbre apparue pour la première fois en 1919 aux Pays-Bas et dans le nord de la France, puis qui s'est répandue dans toute l'Europe. Il n'y a malheureusement pas de traitement : l'orme malade doit être abbatu pour ne pas contaminer ses voisins... Nous avons des ormes juste devant chez nous et je prie toujours le ciel pour qu'ils ne tombent pas malades car ils nous font un bel écran de verdure...

    De la mitraille dans un morceau de bois

    A l'étage est présenté l'outillage de divers métiers du bois.

    Les outils du menuisier : c'est Philippe qui était content ! (et compétent pour discuter avec la charmante jeune fille.)

    Vous me direz : "c'est l'arlésienne : tu en parles et on ne la voit jamais !"

    Mais si : la voici présentant le récipient pour faire chauffer la colle (au bain-marie).

    Les outils du cuvelier

    Les outils du sabotier

    Les outils du tourneur sur bois

    A l'étage également, un fardier : il s'agit de la charette à chevaux avec laquelle on transportait les troncs d'arbres dans la vallée.

    Vous connaissez le terme de "scieur de long" ? Il s'agit de scier des troncs dans le sens de la longueur pour en faire des planches.Le "chèvrier" se tenait en équilibre sur le tronc tandis que le "renardier" était en-dessous.

    Moi je dis BRAVO au Musée de la Schlitte !

    A la sortie du musée, une jolie maison...

     

    Dans le village, le tapissier-décorateur est également sellier-bourrelier : il vend du matériel d'équitation ainsi que des colliers de cloches de vaches aux agriculteurs. Certaines cloches sont de vraies oeuvres d'art et valent "bonbon"... La vitrine du magasin faisant des reflets, je n'ai que cette photo à contre-jour.

     

    Après être restés terrés à la maison tout l'après-midi..., nous émergeons le soir et décidons de faire une petite ballade sur les hauteurs, comme la veille : rien de mieux pour se rafraîchir. Sans avoir de but précis, et après avoir traversé de très belles forêts de pins, nous arrivons devant un cimetière militaire. Il s'agit d'un cimetière allemand où reposent 2438 soldats (sur les 7000 au total) tués lors de la "bataille du Linge" entre le 20 juillet et le 15 octobre 1915...

    Dans le cimetière, plusieurs sépulture juives...

    Non loin de là a été conservé le site de la bataille (les tranchées allemandes et françaises) et un Musée-Mémorial y a été construit. Nous décidons d'y retourner un autre jour.

    Le mardi, nous quittons la vallée de Munster pour aller visiter Colmar qui n'est qu'à une vingtaine de kilomètres à l'est. Sa situation au centre du vignoble alsacien et son climat particulièrement propice à la culture de la vigne, lui valent le surnom de "Capitale des vins d'Alsace".

    Nous sommes surpris par la hauteur des pieds de vigne : pas du tout comme en Bourgogne ou même en Touraine. Ici et dans toute l'Alsace, les vignes sont conduites à l'aide de trois rangs de fils de fer.

    A l'arrivée, une promenade en petit train pour prendre la température de la ville...

    Puis la visite à pied du centre historique.

    Voici "la maison des têtes" : construite en 1609, elle est sans doute la plus célèbre et la plus remarquable maison renaissance de Colmar. Depuis la fin du XIXe siècle, la maison des Têtes est propriété de la Bourse aux Vins. Les montants et les meneaux des fenêtres ainsi que les panneaux de l’oriel central sont décorés de 106 têtes grimaçantes, en grande partie restaurées, qui ont donné son nom à la maison dès le XVIIIe siècle, et en 1888, à l’ensemble de la rue.

    Dans la cour de la maison est installé un grand restaurant qui est tenu par le Chef Marc Rohfritsch.

    A son menu dégustation (65 euros), il y a :

    Amuse-bouche
    L'Escalope de Foie d'oie poêlée aux Quetsches
    La Nage d'Huîtres et écrevisses au curry
    Le Blanc de Bar en capeline de mousse de Brochet, sauce Champagne
    Le Sorbet au vin de Muscat
    Le Filet de Chevreuil, aux fruits d'Automne et
    Sauce Poivrade
    Le Plateau de Fromages
    La Gourmandise du Pâtissier

    Pour notre part, nous nous contenterons le midi d'une Flammekueche !

    Mais nous n'en sommes pas là : continuons notre balade.

    Voici la Collégiale Saint-Martin, la plus grande église gothique du Haut-Rhin.

    Le portail de Saint-Nicolas : le saint est entouré des trois jeunes gens qu'il a sauvés du saloir du boucher et des trois jeunes filles qu'il a sauvées de la prostitution.

    Tant qu'on est dans les églises, voici l'église des Dominicains : elle est surtout connue pour renfermer un tableau datant de la Renaissance intitulé "La Vierge au buisson de roses" du peintre Martin Schöngauer. L'entrée y est payante et... on n'a pas le droit de prendre des photos, même sans flash : l'arnaque !

    En fait, il suffit tout bonnement d'aller sur le site de la Ville de Colmar pour trouver une reproduction du tableau. Ce qui est extraordinaire dans ce tableau ce sont les détails qui entourent la vierge : oiseaux et fleurs sont traités avec beaucoup de grâce.

    L'un des portails de l'église contient aussi une jolie vierge, en pierre cette fois-ci.

    Dans les rues de la ville, on peut voir de belles enseignes en fer forgé.

    Celle-ci est vraiment magnifique, non ? Quelle délicatesse dans la ciselure !

    Naturellement, il s'agit de l'enseigne d'un charcutier !

    Cette photo donne un bon rendu de cette jolie place de Colmar : il s'agit de la place du Koïffhus, autrement dit, l'ancienne douane. En son centre, une fontaine décorée par Bartholdi. Ce dernier est en effet natif de Colmar et il a beaucoup contribué à décorer la ville.

    Nous avons découvert que, tout comme en Bourgogne, il y avait en Alsace des toits en tuiles vernissées... Dans ce bâtiment, on entreposait autrefois au rez-de-chaussée du corps de logis principal (1480) les marchandises soumises à l'impôt communal. À l'étage, siégeaient les représentants de la Décapole, Ligue composée de dix villes libres d'Alsace.

    L'ancienne douane possède un très bel escalier renaissance.

    Du haut de l'escalier, on a une vue superbe sur la rue des Marchands.

    Allez, pronmenons-nous un peu dans ces jolies rues bordées de maisons à colombages. Celle-ci est la maison Pfister. Elle date de 1537 et a été construite pour un chapelier de Besançon dont elle porte le nom. C'est sans doute la plus connue de la ville.

    Elle se distingue par son bel oriel à deux étages (un oriel est un encorbellement aménagé sur un ou plusieurs niveaux d'une façade) et par sa tourelle.

    La maison Zum Kragen, accolée à la maison Pfister, est connue pour sa statue de bois polychrome d'un personnage barbu en tenue renaissance.

    Une autre maison à encorbellement : j'ai oublié de quoi il s'agit...

    De toutes façons, où qu'on se tourne en levant le nez, on voit des merveilles d'architecture !

    Ici, la tourelle de l'ancien presbytère protestant

    Cette maison, à droite avec les fenêtres en ogives, date de la seconde moitié du XIVème siècle.

    Chemin faisant, nous arrivons à "la Petite Venise". C'est le nom donné au cours de la Lauch à Colmar. Ce nom provient sans doute de l’alignement original des maisons de part et d’autre de la rivière qui dessert le sud-est de la ville. Ce quartier était habité à l’origine par une communauté rurale de vignerons.

    A droite, l'ancien marché couvert de la ville. Du fait de sa position au bord de la rivière, les maraîchers pouvaient accoster au pied du bâtiment. Ayant servi de parking aux automobiles en son temps, le bâtiment a été restauré et a, depuis 2012, recouvert sa vocation première.

    On ne s'en lasse pas...

    Une terrasse de restaurant bien accueillante !

    Ah, j'oubliais une autre curiosité dans la ville : un Manneken-Pis, réplique de la célèbre statue de Bruxelles, a été offerte par la Belgique à l'occasion du quatrième anniversaire de la libération de la ville de Colmar et en souvenir des souffrances communes endurées par les deux pays. Moi, je préfère celui de Bruxelles : il est moins clinquant !

    C'est tout pour Colmar : nous n'y reviendrons que pour visiter le Musée Bartholdi.

    Le lendemain, c'est une autre ville du Haut-Rhin que nous décidons d'aller visiter : Muhlouse, la ville où Dorothée a vécu plusieurs années et qu'elle aimait beaucoup, m'a dit Catherine. La métropole compte 285 000 habitants (soit 40% de la population du Haut-Rhin) et est la "Capitale européenne des musées techniques". On peut en effet y visiter le plus grand musée de l'automobile du monde et le plus grand musée ferroviaire d'Europe.

    La place de la Réunion est la grande place de Muhlouse. On peut la voir ici depuis l'escalier du Rathaus, autrement dit l'Hôtel de Ville.

    Sur le côté du Rathaus, le Klaperstein : un masque de pierre pesant une dizaine de kilos que l'on accrochait au cou des médisantes pour les humilier...

    Depuis l'escalier du Rathaus, on peut admirer le temple Saint-Etienne qui est la principale église réformée de la ville. Son architecture lui vaut souvent d'être considérée comme la "Cathédrale".

    Depuis son parvis, on a une belle vue sur la place de la Réunion.

    Après avoir déjeuné en centre ville, nous allons prendre un petit café à la Tour de l'Europe haute de 106 mètres et construite dans les années 70. Un restaurant panoramique tournant s'y trouve au 31ème et dernier étage : on a depuis là une vue plongeante sur la ville.

    Philippe, mort de chaleur : ça se voit, non ?

    Puis nous nous rendons à "la Cité du train" pour la visite du Musée. L’idée d’un musée du chemin de fer en France remonte au début du XXème siècle lors de la clôture de l’exposition universelle de Paris mais ce n'est qu'en 1969 que le projet de Musée à Muhlouse (la ville offre le terrain) est accepté par la SNCF.

    Un musé énaaauuuurrrrme : en voici seulement quelques images !

    Vue générale

    Une locomotive datant de 1844

    Un wagon de voyageurs de 1850

    Les voitures des officiels : cette voiture est celle de Napoléon III.

    Les chemins de fer et les vacances : C'est Michelin qui équipa de pneus les trains qui prirent de ce fait le nom de la firme (les Michelines que nous avons empruntées étant jeunes pour relier les grandes villes à la banlieue...).

    Voici une locomotive chasse-neige

    Cette voiture possède un étage à l'air libre... pour les voyageurs de 3ème classe.

    Les chemins de fer et la guerre : sabotage sur les rails

    La Compagnie des Wagons-lits : voiture-restaurant

    Record du monde de vitesse pour cette motrice en 1953 !

     

    C'est tout pour Muhlouse : nous y reviendrons pour visiter la Cité de l'automobile.

    Le jeudi, nous prenons la route de Neuf-Brisach, à l'est de Colmar et à seulement quelques kilomètres de la frontière allemande. Objectif : visiter la ville fortifiée par Vauban à l'époque du Roi Louis XIV.

    En 1697, les traités de Ryswick mettent fin à la guerre de la Ligue d'Augsbourg entre Louis XIV et la Grande Allaiance. La France perd la place forte de Brisach sur la rive allemande du Rhin. Afin de combler la perte de l'ancienne place forte qui laisse un vide défensif entre Strasbourg et Muhlouse, Louis XIV décide de la construction d'une nouvelle ville fortifiée face à Brisach pour prévenir toute invasion d'outre-Rhin. Il en confie l'étude à ses architectes Vauban et Jacques Tarade.

    La grande place carrée de Neuf-Brisach possède une très jolie fontaine octogonale construite en grès rose qui date de 1726. Elle est surmontée du soleil et du lys, symboles respectifs de Louis XIV et de la monarchie française.

    La visite de la ville commence par la Porte de Belfort qui abrite depuis 1957 le Musée Vauban (pas terrible du tout : il aurait besoin d'être rajeuni lui aussi !)

    Des pannonceaux destinés aux enfants nous renseignent sur la biographie de Vauban. Sébastien Le Prestre, Marquis de Vauban, a été baptisé le 5 mai 1633 à Saint-Léger de Foucheret en Bourgogne. Il meurt à Paris en 1707 à l'âge de 74 ans. C'est un homme à multiples visages : ingénieur, architecte militaire, urbaniste, ingénieur hydraulicien et essayiste français. Louis XIV le nomma Maréchal de France à la fin d'une carrière hyper-active.

    Il avait l'habitude de voyager dans une chaise muletière de son invention !

    Louis XIV reconnait en Vauban un "bon Français" et, à sa mort, parle de lui avec beaucoup d’estime et d’amitié : "Je perds un homme fort affectionné à ma personne et à l’État".

    Vauban est un homme de caractère, qui paie de sa personne, exigeant dans son travail et très soucieux du respect de ses instructions. Mais c'est aussi un humaniste, qui se passionne pour la justice sociale : on rapporte par exemple qu'il partage ses primes et ses soldes avec les officiers moins fortunés, et prend même parfois sur lui les punitions des soldats sous son commandement lorsqu'il les trouve injustes…

     Il mène une vie simple et ses rapports avec son entourage sont très humains, qu'il s'agisse de ses proches ou des gens de sa région natale, où il aime à revenir lorsqu'il le peut (c'est-à-dire rarement !) : son père, Urbain le Prestre, l'a éduqué très jeune dans le respect des autres, quelles que soient leurs origines. Ses origines modestes — famille de hobereaux provinciaux désargentés — ont sans doute contribué à forger l'humanité de son caractère.

     On peut dire aussi que Vauban est un noble « malcontent ». Mais au lieu d’emprunter le chemin de la révolte armée comme le font les gentilshommes de la première moitié du XVIIe siècle, il utilise la plume et l’imprimé, au nom d’un civisme impérieux, pleinement revendiqué, au service de la « nation France » et de l’État royal qu’il veut servir plus que le roi lui-même. Toute son œuvre de pierre et de papier en témoigne : son action ne vise qu’un but, l’utilité publique, en modelant le paysage, en façonnant le territoire, en transformant l’ordre social.

     Vauban, apôtre de la vérité, apparaît comme un citoyen sans doute encore un peu solitaire. Mais au nom d’idées qu’il croit justes, même si elles s’opposent au roi absolu, il contribue à créer un espace nouveau dans le territoire du pouvoir, un espace concurrent de celui monopolisé par les hommes du roi, l'espace public, et à faire naître une force critique appelée à un grand avenir : l’opinion.

     Par ses écrits progressistes, Vauban est considéré comme un précurseur des encyclopédistes.

    Lettre de Louis XIV donnant un statut particulier à la ville de Neuf-Brisach

    La construction de la place-forte débute le 18 octobre 1698 avec la pose de la première pierre. Un canal est spécialement creusé jusqu’aux Vosges pour acheminer le grès rose nécessaire à la construction. Les fortifications de la nouvelles citadelle sont achevées en 1702.

    Un plan relief sonorisé présente la ville de Neuf-Brisach telle que Vauban l'a imaginée. C'est Louis XIV qui a choisi lui-même cette forme octogonale parmi trois projets qui lui ont été présentés par l'architecte.

    L'original de ce plan relief est conservé à Paris au Musée des Invalides (Musée des Plans Reliefs).

     

    La visite du Musée terminée, nous entamons un petit tour des remparts. Il faut tout d'abord passer sous une voûte dont la longueur vous donne la mesure de l'épaisseur des remparts...

     Au sortir de la voûte, on rase les murs à la recherche d'un peu d'ombre. Mais comme vous pouvez le constater, celle-ci est bien maigre car il est bientôt midi.

    Fort judicieusement, l'Office du Tourisme nous a conseillé de ne faire que le quart du circuit !

    Ecusson d'angle

    Nous terminons donc notre petite marche apéritive par la Porte de Colmar.

    Il est temps d'aller déjeuner : j'ai repéré un restaurant sur le Petit Futé... Il s'appelle très originalement "Les remparts" et ma foi nous n'avons pas été déçus, ni par l'accueil de ses patronnes (la mère et la fille) ni par la qualité des mets préparés.

    Retour au bercail dans la 306 climatisée !

    Le vendredi, peu de route à notre programme : nous avons l'intention d'aller visiter la maison qu'Albert Schweitzer a habitée (il l'avait fait construire grâce au Prix Goethe qu'il avait reçu de la ville de Francfort-sur-le-Main) dans une commune voisine, Gunsbach, où son père avait été nommé pasteur luthérien et instituteur.

    Nous sommes accueillis par une jeune femme passionnée par la vie du célèbre docteur de Lambaréné et c'est donc une visite très passionnante que nous allons faire. Nous visitons l'entrée de la maison et deux pièces restées telles que le couple Schweitzer les occupait jusqu'en 1959 (il décèdera 6 ans plus tard au Gabon, à Lambaréné sans revoir la France).

    Albert Schweitzer est né dans un petit village alsacien, Kaysersberg le 14 janvier 1875, donc après l'annexion de l'Alsace Lorraine par l'Empire allemand. Il fait ses études à Muhlouse puis à Strasbourg tout en étudiant l'orgue à Paris chez Charles-Marie Widor. Ayant commencé à jouer pendant les offices paroissiaux à l'âge de neuf ans, il donne son premier concert à seize ans. C'est d'ailleurs grâce à ses concerts qu'il financera la construction de son hôpital au Gabon. En effet, le jour de la Pentecôte 1896 (il a alors vingt et un ans) il décide qu'à trente ans il se consacrera à un service purement humanitaire.

    Albert Schweitzer n'est donc pas que le médecin que tout le monde connait : c'est aussi un philosophe, un homme de lettres, un théologien et un musicien.

    La vitrine dans la cage d'escalier de la maison regroupe des objets lui ayant appartenu concernant toutes ces facettes de sa personnalité.

    Il épouse en 1912 une allemande, Hélène Bresslau qui le suivra au Gabon. Ils auront une fille unique, Rhena, qui léguera la maison de ses parents à l'Association internationale pour l'oeuvre du Docteur Albert Schweitzer de Lambaréné (AISL).

    Il devient Docteur en médecine en 1913 et fonde son hôpital à Lambaréné en Afrique équatoriale française mais en 1917, avec sa femme, ils sont internés dans des camps comme prisonniers de guerre.

    L'Hôpital de Lambaréné

    Albert Schweitzer fit ses premières consultations dans un poulailler de Lambaréné qui faisait office de cabinet médical, elles ont d'abord lieu en plein air, le matin à partir de 8h30, la journée s'achevant avec le jour vers 18h. il a toujours voulu que ses malades continuent à voir le ciel, c'est pourquoi le malade vit à l'hôpital aussi librement que possible entouré de son univers familier. Le dispensaire devint peu à peu un centre hospitalier de traitement de la lèpre et des maladies tropicales.

    En 1952, il reçoit le Prix Nobel de la Paix. Il est considéré comme le précurseur des médecins du monde.

    Son cabinet de travail à Gunsbach où il n'y consultait pas de patients mais où il avait un lit pour se reposer de ses longues journées de travail.

    Son bureau

    Le piano à pédalier d'orgue offert par l'association des amis de Bach et qu'il avait fait parvenir à Lambaréné (il a remonté le fleuve Ogooué sur une pirogue : une photo sur le piano en témoigne).

    Albert Schweitzer meurt à Lambaréné (il y est enterré) le 4 septembre 1965.

    Nous sommes déjà samedi... Au programme aujourd'hui, le village d'Eguischem (à la fraîche : nous y arrivons avant 9 heures...), le Musée Bartholdi à Colmar et la visite du site de la bataille du Linge.

    Commençons par Eguisheim : c'est une petite cité médiévale située à 5 kms de Colmar, particulièrement pittoresque et fleurie. Pour y parvenir, on passe par les vignobles.

    La cité d'Eguisheim est construite en arrondi.

    On commence à la visiter par le côté du rempart sud, partie où se trouvent les plus jolies maisons.

     

    Des blasons ornent les frontons et les linteaux de portes.

    Il s'agit de signes lapidaires comme l'explique ce panneau, simple marque du tailleur de pierre, dates gravées ou encore initiales des propriétaires.

    Ces hottes et ce pressoir témoignent du passé vinicole d'Eguisheim.

    Retour d'Alsace

    Jolie grille de porte

    Une jolie composition florale

    Mine de rien, le village étant circulaire, nous en avons fait le tour ! Il nous reste à visiter son centre.
     Mais avant, un petit café à l'ombre de cette jolie terrasse est le bienvenu.

    L'Hôtel de Ville a des clochetons bien élégants.

    Juste en face, une maison aux élégantes fresques

    Les viticulteurs (ils sont légion), possèdent les plus belles maisons du village : ça respire la richesse !

    D'anciennes cours dimières abritent leurs exploitations. Au XVIIème siècle, elles étaient au nombre de 20 dans le village d'Eguisheim. Propriété de nobles ou de puissantes abbayes richement dotées de terres et de vignobles, elles sont le lieu de ventes, d'achats, d'échanges, de mesures, de taxations et de gestion des productions notamment issues de la vigne mais aussi des céréales et des forêts.

    J'ai aussi flashé sur les enseignes. Ici, celle d'une boulangerie,

    là, celle d'un restaurant

    ou encore cette autre pour un marchand de vin.

    La place principale du village possède en son centre une très jolie fontaine en grès rose surmontée d'une statue du Pape Léon IX, originaire de la ville d'Eguisheim.

    Derrière la fontaine, le Château des Comtes et la Chapelle Saint-Léon IX sont construits sur une plate forme octogonale qui a conservé une partie de ses enceintes du XIIIème siècle. Les bâtiments ont été restaurés à la fin du XIXème siècle dans le style néo-roman. Le château est ouvert uniquement lors d'expositions, de certains événements et réceptions.

    La statue de Saint Léon IX, Pape, se dresse sur la façade.

    Les peintures intérieures furent exécutées dans le style du XIème siècle.

    Les sept médaillons de la voûte représentent sept scènes de la vie de Léon IX.

    Sur un mur du château, une inscription indique qu'il s'agit du lieu de naissance du Pape Léon IX, fils d'Hugo IV d'Eguisheim.

    Tiens... des cigognes sont venues crêcher sur la chapelle !

    L'église Saint-Pierre Saint-Paul

    A l'intérieur, une vierge ouvrante en bois polychrome (l'une des seules encore en Alsace)  est présentée au sein d'un beau portail roman, tous deux du début du XIIIème siècle.

    Quand à elle, je ne peux pas dire que je la trouve jolie mais c'est plutôt une curiosité !

    Mais l'heure tourne... il est grand temps de partir pour Colmar pour la visite du Musée Bartholdi. Celui-ci est né le 2 août 1834 à Colmar au 30 rue des Marchands, là même où a été inauguré le musée qui porte son nom en 1922 suite à un don de sa veuve, Jeanne-Emilie Bartholdi, à la ville de Colmar de tous les meubles, oeuves de sculpture, d'architecture, de peintures, de gravues, d'objets d'art, de bibliothèques etc... se trouvant, au décès de la donatrice, dans sa maison, 82 rue d'Assas à Paris, adresse de l'ultime appartement-atelier du sculpteur.

    Cour intérieure du Musée : "les grands soutiens du monde" (1902)

    Porte d'entrée du musée

    Alors qu'il a à peine deux ans, son père décède et sa mère décide alors d'aller habiter Paris afin d'éduquer ses enfants. Dès son enfance, le jeune Bartholdi affiche des dons artistiques : son avenir se trace au fil des visites des ateliers et monuments de la capitale.

    En 1853, alors que Bartholdi n'a que 19 ans, il exécute pour sa ville natale une de ses premières commandes : il s'agit d'une "Statue du Général Rapp" dont voici un moulage ayant servi à la restauration du monument (en 1945) saccagé par les troupes allemandes en 1940 sur ordre du chef de l'administration civile en Alsace...

    A 21 ans, il entreprend un voyage en Egypte qui le marquera dans son parcours artidécouvre une civilisation de grandeur où seuls les monuments ont survécu au temps...

    En 1863, il achève le monument à Martin Schongauer à Colmar, vous savez : l'artiste qui a peint la Vierge au buisson de roses conservée dans l'église des Dominicains. 

    En voici un détail : il s'agit d'une "Allégorie de l'orfèvrerie".

    Il a fait plusieurs esquisses pour ce monument.

    En 1869, il entreprend un deuxième voyage en Egypte et sculpte son "Petit Vigneron". 

     

    Celui-ci est exposé au marché couvert de Colmar.

    En 1870, il a 36 ans : il réalise une maquette pour la ville de Clermont-Ferrand à l'effigie de Vercingétorix. Ce n'est qu'en 1906 qu'il réalise le monument ci-dessous toujours pour la ville de Clermont-Ferrand.

    La même année, il fait la première ébauche connue de "la Liberté éclairant le monde". En effet, dès 1865, lors d'une conversation, il avait entendu l'idée que la France devrait offrir aux Etats-Unis d'Amérique une cadeau pour fêter le centenaire de l'indépendance : il en deviendra le créateur.

    Suite à la guerre de 70, un accord donne l'Alsace à la Prusse en mai 1871. Il décide alors de partir aux Etats-Unis pour glorifier la République française en attendant de la retrouver en France. Il a aussi en tête de concrétiser l'amitié Franco-Américaine. En arrivant dans le port de New-York, Il voit en l'île de Bedloe la place de sa statue : il noue de nombreux contacts, vendant son projet d'oeuvre.

    En 1872, il réalise "La malédiction de l'Alsace".

    Puis en 1895 "La Suisse secourant la ville de Strasbourg".

    En 1880, Bartholdi termine "le Lion de Belfort". Voici un moulage à l'échelle de l'homme de la patte du lion...

    1882 : inauguration de la "Statue de Rouget de l'Isle" à Lyons-le-Saunier. Voici un moulage de la tête de l'écrivain.

    Le 4 juillet 1884 à Paris, la France remet officiellement aux Etats-Unis "la Statue de la Liberté".

    Ci-dessous, la statue quitte l'atelier de Bartholdi à Paris...

    L'année suivante, une réplique de quelques mètres est installée à la pointe de l'ïle des Cygnes à Paris tandis que l'original est embarqué à bord de "l'Isère". La statue sera inaugurée le 24 octobre 1886.

    Le musée présente aussi quelques pièces de la maison d'habitation du sculpteur réunissant des meubles, des tableaux, et des objets personnels.

    Voici la salle à manger telle qu'elle a été reconstituée.

    Avec son plafond si particulier...

    Frédéric Auguste Bartholdi décède à Paris le 4 octobre 1904.

    Nous sommes restés plus d'une heure et demie au Musée !

    Après le déjeuner, nous reprenons la route de Breitenbach mais cette fois-ci en passant par Turckheim, les vignobles, ensuite Orbey et la route du Linge. Nous n'avons pas encore vu le champ de bataille ni le Musée...

    La bataille du Linge opposa du 20 juillet au 15 octobre 1915 l'armée allemande à l'armée française. Elle fit 17000 morts (7000 du côté allemand et 10000 du côté français). Elle résulte d'une erreur de tactique du Haut Commandement français qui voulut engager une offensive de grande envergure destinée à reprendre  possession de la vallée de Munster (l'Alsace-Lorraine était devenue allemande en 1871...). Au final, cette opération se solda par un échec, chacun restant sur ses précédentes positions.

    En effet, le commandement allemand y avait fait creuser des tranchées, consolidées par des pierres bétonnées, depuis longtemps. On voit à droite du plan, en vert, le tracé de ces fortifications. Par contre, les français attaquèrent sans avoir préparé le terrain et ne purent que creuser des tranchées "à la va vite" (elles sont dessinées en bleu sur le plan). De plus, le terrain côté français était très abrupt tandis que l'armée allemande avait construit ses tranchées sur un terrain plat...

    La zone rose est celle où eurent lieu les affrontements au corps-à-corps : une véritable boucherie.

    Une ébauche de tranchée française en première ligne

    La limite entre les deux zones (le côté français se trouve dans la pente). Les croix blanches sont celles des soldats français et les croix noires celles des soldats allemands : du corps à corps à la bayonnette !

    Tranchée et blockhaus allemands

    Vue sur les premières lignes françaises depuis un blockhaus allemand

    Le côté français à pic dans les sapins.

    Au premier plan, une fortification des allemands est consolidée par une rangée de barbelés.

    Très émouvant d'être sur ces lieux : mon grand-père a vécu, lui, "l'enfer de Verdun" l'année d'après.

    Une table d'orientation indique l'altitude du lieu.

    Le Musée-Mémorial a été inauguré le 9 août 1981. Actuellement, des travaux visent à l'agrandir et à le rendre accessible aux personnes handicapées.

    La tenue bleu horizon du soldat de base a été créée en 1915.

    Les chasseurs à pied se distinguent par un fort esprit de corps et de solides traditions résultant d'un passé glorieux ainsi que par un uniforme aux distinctives propres. Présents sur tous les champs de bataille, ils ne failliront pas à leur réputation de soldats d'élite.

    Un chasseur à pied de 1914

    Les compagnies de chasseurs-skieurs ont été créées dès l'hiver 1914-15. Elles effectuent en période hivernale des missions de reconnaissance, d'attaques d'avant-postes, d'embuscades et de repérage des lignes ennemies. Elles participent aux opérations militaires le reste de l'année. A partir de l'hiver 1915/16, des habits blancs leur sont distribués.

    Un chasseur-skieur de 1914-15

    Tenue hivernale du chasseur

    Depuis la guerre de 1870, la France a inventé "le mouchoir d'instruction militaire" visant à informer le soldat de base du maniement d'une arme, des soins à apporter à un blessé ou toute autre situation à laquelle il pourra être exposé sans avoir au préalable reçu de formation (ce n'est plus une armée de métier...). Ces mouchoirs sont de grande taille, en coton rouge et blanc. Les pays étrangers les adopteront pour leurs soldats.

    Celui-ci explique le montage et le démontage d'un révolver modèle 1873.

    L'Allemagne adopte, elle, dès 1907 la couleur "Feldgrau" pour la tenue de ses soldats. Ce sera un avantage certain sur les français lors de la guerre de 14-18.

    Sous-Officier d'artillerie prussien et son périscope

    Les allemands avaient construit des abris : celui-ci montre un soldat gravant des pancartes en bois destinées à se repérer sur le terrain inconnu.

     

    Au sortir du Musée, nous allons au cimetière français de la bataille du Linge : il se trouve au Col du Wettstein, non loin de là.

    Cette tombe serait-elle celle d'un aïeul de Philippe ? Il est en train de chercher...

    Cette journée se termine ici, à la fraîche : le col est à 882 mètres.

    Ce dimanche, nous partons pour une visite beaucoup plus "légère" : celle de l'Ecomusée d'Alsace situé entre Colmar et Muhlouse. Nous y arrivons de bonne heure pour éviter la canicule qui perdure toujours...

    L'Ecomusée d'Alsace est un village vivant recréé de toutes pièces sur une friche industrielle de mines de potasse d'Alsace. Y sont regroupées et reconstituées d’authentiques constructions alsaciennes (maisons à colombages, maisons d’ouvriers, boutique, mairie, tour fortifiée, Halle des fêtes, ferme, école, lavoir, jardins, champs…), généralement anciennes (certaines datant du XVe siècle). Ces maisons, parfois vouées à la destruction, trouvent ici une seconde vie. Elles sont ouvertes au public et des acteurs costumés, dont certains sont bénévoles, présentent les travaux traditionnels de la région au moyen d’outils anciens : forgeron, charron, tonnelier, scieur, sellier, menuisier, boulanger... La mission de l'Ecomusée vise à présenter les bâtiments et les us et coutumes d'antan, ainsi qu'à assurer la transmission d'un patrimoine vivant par la formation d'artisans et la sensibilisation des plus jeunes.

    Voici un joli petit film réalisé par Daniel Ziegler pour l'Ecomusée.

    Tout au long de la journée, des animations sont prévues à heure fixe : nous arrivons pile poil pour assister au nourrissage des cigognes. Celles-ci sont carnivores (en fait, elles mangent vraiment de tout) et le jeune homme qui fait l'animation leur donne à manger des poussins de un jour. Les cigognes en sont très friandes et les gobent à la vitesse Grand V pour les régurgiter ensuite dans leur nid avant de les manger à nouveau en s'en délectant cette fois-ci.

    Avez-vous entendu les claquements de bec ? C'est le mode de communication des cigognes : on dit que les cigognes claquettent ! Nous avons remarqué que très souvent quand elles font ce raffut, elles se tordent le cou en se regardant non pas le nombril mais le dos comme ce couple dans son nid.

    Au fait, les cigognes vivent en couple et... elles sont monogames !

    Elles ne sont pas farouches non plus...

    Du haut de cette tour (une maison-forte provenant des remparts de Muhlouse), on a une vue d'ensemble sur l'Ecomusée, sa nature et son habitat.

    Les habitations

    Un jardin médiéval

    Avant de redescendre, nous admirons le joli plafond reconsttitué d'après une habitation strasbourgeoise : il date du XVème siècles;

    Une curieuse roue : elle donne de façon alphabétique les noms d'origine alsacienne et leur signification. Naturellement Philippe a cherché FISCHER et... il a trouvé !

    Sur le côté, on peut voir la correspondance du nom avec les pays étrangers : en France c'est donc FISCHER, le pêcheur (ou le garde-pêche), en Italie c'est PESCATORE, aux Pays-Bas c'est FISKER, en Angleterre c'est FISHER (sans le C !), en Pologne c'est HALASZ et en Slovaque c'est RYBAR.

    On est bien avancés avec ça !

    Redescendons sur le plancher des vaches.

    Même si ce sont des chevaux que nous croisons non loin de là.

    Il y a une présentation d'attelages dans quelques minutes sur l'une des places du village.

    Le baudet bâté qui rendait bien des services autrefois...

    Tout comme ces percherons

    Elle, c'est la vosgienne : nous en avons vu beaucoup dans les montagnes. Autrefois en voie de disparition, la race vosgienne compte aujourd'hui près de 13000 têtes grâce à un plan de sauvegarde.

    Peu de photos de maisons : la chaleur était telle que j'ai oublié de cliquer !

    Le soir heureusement, un orage salvateur nous permet de respirer mieux. Le lendemain, nous décidons d'aller du côté de Gérardmer en passant par le col de la Schlucht. Philippe écoute gentiment son nouveau GPS (malgré mes conseils de ne pas le faire !) et nous voilà partis sur une petite route très sympa ma fois. Comme vous le voyez, le bois dans les vosges, ça ne manque pas.

    Quelques kilomètres plus tard, la route s'arrête net... Si je n'avais pas dit à Philippe qu'il y avait un panneau "interdit à toute circulation" je crois bien que nous aurions fait une première...

    C'est sûr, on aurait eu notre photo dans le journal !

    En reprenant la route classique, goudronnée celle-ci, nous arrivons au col à 1139 mètres.

    Peut-être que le temps va se dégager, qui sait ?

    Ces cyclistes ont le moral...

    La route des crêtes : nous la découvrirons lors d'un prochain voyage !

    Déjeuner à Gérardmer au restaurant "La clé des champs" : super bon accueil et un bon menu du jour. Le décor, un poil chargé mais c'était pas grave : on n'a pas vraiment choisi le restau, désirant surtout nous mettre à l'abri de la pluie... Si tu lis mon blog, Laëtitia (en fait, je crois bien que personne ne va le lire car l'article est beaucoupo trop long !) et qu'il vous prenne l'envie d'aller manger au restau pour pas trop cher, c'est rue François Mitterand : facile de se le rappeler.

    Déjà mardi : plus que deux jours en Alsace...

    Aujourd'hui, nous retournons sur Muhlouse : au programme, la visite de la Cité de l'Automobile. Le beau temps est revenu. En chemin, un petit arrêt sentimental à Guebwiller : c'est ici que j'ai fait mes premiers pas avec une petite employée de maison qui aidait Maman à cette époque là et qui avait proposé de m'emmener en vacances dans son pays : l'Alsace...

    J'ai fait mes premiers pas le 8 août1950 : c'est marqué derrière la photo !

    Retour d'Alsace

    Mais revenons à nos moutons, ou plutôt à nos voitures !

    Voici l'entrée du Musée

     Cette photo du hall où sont présentées les voitures anciennes ne rend pas compte de l'immensité du lieu. Ce sont les copies des réverbères du Pont Alexandre III à Paris qui en font l'éclairage.

    1878 : Finie la carriole et le cheval, vive la première voiture à vapeur !

    1892 : La Panhard sort en série pour la première fois (6 exemplaires).

    1893 : Cette Peugeot Phaetonnet peut rouler jusqu'à 20 kms/heure !

    La "Jamais Contente" : première voiture (électrique) à avoir dépassé les 100 Kms/heure en 1899.

     1907 : Un bus Lorraine-Dietrich (60 kms/heure)

    Une Scott de 1923 - 80 kkms/heure. Quelle curieuse voiture, vous ne trouvez pas ? On dirait qu'il lui manque une roue : mais non, elle a été fabriquée telle quelle.

    Une Royal-Esders de 1930 - 200 kms/heure

     Je commence à m'y reconnaître avec cette Renault de 1934 (95 kms/heure)

     La voiture la plus chère de la collection : une Bugatti de 1933 à 40 millions d'euros... (200 kms/heure)

    Sa mascotte était un éléphant (les mascottes ont été interdites en 1958 pour cause de danger).

    Une Mercédes-Benz "ailes de papillon" de 1955 (200 Kms/heure)

    Marque Arzens "la Baleine" : avec ses 7 mètres de long, elle ne doit pas être facile à garer !

    Une Talbot de 1948 : l'aérodynamisme arrive... Il s'agit bien sûr d'une voiture de course.

    Encore un peu de nostalgie avec cette Dyna-Panhard, la première voiture de mon Papa ! J'en ai vu des paysages avec elle quand j'étais petite mais, mon Dieu, que j'avais mal au coeur à cette époque ! Elle roulait quand même à 130 kms/heure et Papa a défoncé les grilles du Château de Versailles lors de sa première prise en main...

     C'était une visite en raccourci figurez-vous !

    C'est aujourd'hui mercredi notre dernier jour de visites du Haut-Rhin : nous avons en effet décidé de partir demain matin pour Paris ayant fait à peu près le tour de tout ce que nous pouvions visiter dans cette région de l'Alsace. Strasbourg, ce sera pour un prochain voyage.

    Notre destination du jour : les villages de Riquewhir et Ribeauvillé si réputés.

    En chemin, nous nous arrêtons, interpellés par l'originalité d'un clocher : il s'agit de celui de Bennwhir, village qui a été totalement détruit pendant la deuxième guerre et dont l'église a été reconstruite fort élégammant de façon moderne.

    Sur la place de l'église, un monument aux morts en grès rose érigé en 1924. Il s'agit du monument de la fidélité : une Alsacienne et une Lorraine sont réunies au sortir de la guerre de la première guerre mondiale. C'est le seul vestige du village au lendemain des combats de décembre 1944 : il porte encore la trace des conflits...

    Sur la place, une fontaine en grès rose également, dédiée à Saint-Odile la patronne de l'Alsace, a été réalisée en 1987 par Gérard Ambroselli : elle remplace celle détruite pendant la guerre (les combats bien connus sous le nom de "la poche de Colmar".

    L'église a un joli toit vernissé et un clocher en béton ajouré fort original.

     

    L'intérieur : du beau moderne.

    Un chemin de croix très élégant

    A quelques kilomètres de là : Riquewhir, surnommée "la perle de l'Alsace".

    La porte d'entrée de la ville, à contre-jour malhzureusement...

     

    Au bout des petites ruelles, les vignes...

    Je parierais d'ailleurs que derrière ce grand portail se cache une exploitation viticole.

    En Alsace, les couleurs sont de plus en plus légion. J'avoue que je n'apprécie pas forcément les violets mais cette maison bleue n'est pas si mal après tout...

    A Riquewhir, il y a de belles enseignes en fer forgé.

    J'ai testé celle-ci en contre-jour et l'ai récupérée grâce à Photoshop : nickel mes cours de cette année à Paris-Diderot !

    Que de travail sur ces colombages ! Cete maison est appelée "le gratte-ciel" tellement elle est haute...

    Voici la maison Hansi : il s'y trouve une boutique en rez-de-chaussée et un musée à l'étage. Hansi (ou Oncle Hansi), est un artiste illustrateur français (Jean-Jacques Waltz de son vrai nom) né à Colmar le 23 février 1873 et mort également à Colmar le 10 juin 1951.

    Né alors que l'Alsace était devenue allemande, le jeune Jean-Jacques montre une aversion marquante pour l'occupant, imitant en cela son père. Il déteste les professeurs de son "lycée boche" et quand, suite à des études de dessin et d'arts décoratifs, il devient célèbre comme dessinateur de cartes postales, il utilise la caricature pour faire passer ses idées : tandis qu'au premier abord, ses illustrations paraissent d'innocentes scènes de la vie alsacienne, une observation plus attentive permet d'y déceler une aversion pour les allemands qui sera sa marque. Il ridiculise ainsi  souvent le touriste allemand (qui vient à partir des années 1870 par cohortes visiter l'Alsace) qu'il représente avec son chapeau tyrolien, son sac à dos et son bâton.

    La tension anti germaniste retombée, le désir d'un rapprochement entre les deux peuples se faisant jour, la polémique se désenfle et Hansi n'est plus au premier rang de l'actualité. Mais Jean Jacques Waltz sommeillait derrière Hansi et le grand aquarelliste qu'il est se met au travail. De ses innombrables ballades en terre alsacienne , il ramène de somptueuses aquarelles.

    Pendant la grande guerre, Hansi s'engage au 152ème régiment d'infanterie en tant que caporal.

    Dans l'après-guerre, non seulement la popularité de Hansi décroît, mais l'incompréhension s'installe également. Si les Alsaciens ont accueilli l'armée française avec joie, ils ne veulent toutefois pas perdre une identité durement préservée pendant la période allemande. Or, Jean-Jacques Waltz a pris un parti clair : celui de la France, ce qui lui attire l'inimitié des autonomistes, de ses compatriotes favorables à l'Allemagne et des allemands...

    Pendant la deuxième guerre, il fuit très rapidement en Bourgogne puis à Agen. Il est pris, battu par des hommes de la Gestapo et laissé pour mort. Ensuite, il s'exile en Suisse jusqu'à la fin de la guerre pour ne rentrer en Alsace qu'en 1946, une fois sa maison reconstruite.

    Jean-Jacques Waltz-Hansi meurt le 10 juin 1951. Ses obsèques sont menées par une compagnie du 152e régiment d'infanterie, le fameux 15-2 des "Diables rouges", dans lequel il avait servi.

    La visite du musée se fait sur deux étages.

    Au deuxième étage a été reconstituée une salle de classe et un DVD est projeté sur un tableau noir, racontant la vie du dessinateur.

     

    A l'entrée de la salle de classe, l'Oncle Hansi nous souhaite la bienvenue.

    Sur les tables des écoliers, des livres destinés aux petits alsaciens de l'époque montrent par leurs titres le patriotisme de leur auteur.

     La salle à manger : belle harmonie de rouge

    L'atelier du dessinateur

    Retour d'Alsace

    Le passage du Rhin après l'issue de la guerre 14-18...

    Foulard commémorant la victoire de 1945

    Retour d'Alsace

    Hansi aquarelliste : ici, la ville de Colmar

    Du côté de Labaroche, près d'Orbey

    Une pièce est réservée aux supports ou affiches publicitaires.

    Publicité pour les mines de potasse d'Alsace

    Publicité pour la Grande Brasserie Alsacienne à Paris

    Enseigne pour la Brasserie Boefinger

    Notre visite de Riquewhir se termine. Ribeauvillé, l'autre perle de l'Alsace se trouve à quelques pieds de vigne d'ici... Au passage, quelques petits clichés de l'église fortifiée d'Hunawhir.

    A l'intérieur, une chaire en grès rose , sans doute unique en Alsace, traverse un pilier.

    Fresques murales du XVème siècle et cloche fondue en 1700 (remplacée en 1971 par une nouvelle cloche car celle-ci était fêlée)

    Le couronnement de la Vierge (ou de Sainte Hunne, cette dernière ayant donné son nom au village).

    Nous déjeunons bien agréablement à l'Auberge du Cheval Noir : la terrasse est bien tentante mais il fait décidément vraiment trop chaud dehors (pour que je dise ça, croyez-moi, il faut que ça passe les limites du supportable) !

    Vous voulez savoir la différence entre Riquewhir et Ribeauvillé : pour moi, (pour faire simple) il n'y en a pas ! C'est juste que Ribeauvillé est plutôt une petite ville tandis que Riquewhir reste un petit village.

    La Grand'rue traverse tout le village d'est en ouest. Elle est bordée de nombreux commerces et offre de beaux points de vue sur les vignobles et le château d'Ulrich.

    Une bien jolie façade

    Cette monumentale statue de grès rose représente un ménétrier : elle rappelle que les seigneurs de Ribeauvillé étaient depuis le 13ème siècle les "rois des ménétriers", c'est-à-dire qu'ils étaient les protecteurs (mais aussi les juges : ils réglaient les conflits) de tous les musiciens itinérants et baladins d'Alsace.

    L'Office de tourisme possède d'ailleurs une jolie enseigne sur ce sujet.

    Deux indications sur cette photo : il y a des cigognes à Ribeauvillé et l'hiver il y neige fort !

    La Porte des bouchers date du XIIIème siècle : elle donne accès à la vielle ville.

    Le château de Saint-Ulrich domine la petite ville.

    Avant de repartir, une petite visite au Domaine Bott Frères, là où Papa achetait son vin...

    J'ai acheté une bouteille pour Arlette : je ne lui dévoile aucun secret ici puisque c'est la seule personne (je suis bien prétentieuse, vous ne trouvez pas !) qui ne consulte pas mon blog... et pour cause !

    Allez : rendez-vous pour les prochaines vacances, italiennes cette fois-ci...


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