• "Les bêtes du sud sauvage" à Ciné-Diderot

    Ce mercredi, je suis allée voir un très beau film à l'Université Paris-Diderot dans le cadre de son Ciné Club mensuel : il a obtenu, entre autres distinctions (plus de 30 récompenses), la Caméra d'Or au Festival de Cannes 2012 : "Les bêtes du sud sauvage" de Benh Zeitlin, un jeune cinéaste américain.

    Les bêtes du sud sauvage à CinéDiderot

    Synopsis

    Dans le bayou de Louisiane se trouve un village isolé appelé le "Bassin". C'est là que vit Hushpuppy, une petite fille de 6 ans, avec son père, Wink, un homme au caractère dur et à la santé fragile. A l'école, l'enfant apprend comment survivre dans un monde hostile, un savoir qu'elle va pouvoir mettre en pratique quand approche une violente tempête : l'eau monte, le vent dévaste les maisons et les habitants sont dispersés. Quand le temps se calme, Wink et Hushpuppy partent à la recherche des survivants. Pendant ce temps, dans l'Arctique, un troupeau d'aurochs, resté prisonnier des glaces pendant des siècles, est libéré : le "Bassin" va bientôt recevoir leur visite...

    ☼☼☼☼☼☼

    Il s'agit d'un film à petit budget dont la grande originalité réside dans le fait que tout est filmé caméra au poing et à hauteur d'enfant. La "voix off" de Hushpuppy la place au centre de l'histoire : la fillette crève littéralement l'écran (elle a d'ailleurs été choisie parmi 3500 candidats au tournage...) . Quant au personnage du père, il est lui aussi joué (avec beaucoup de vérité) par un acteur non professionnel, boulanger de métier.

    Une leçon d'humilité pour les écoles de théâtre...

    Hushpuppy est une petite fille dont la Nature, inhospitalière dans ce bidonville marécageux du sud de la Louisiane, a forgé le caractère : sa coiffure hirsute reflète d'ailleurs celui-ci. Son père l'a aussi élevée dans cette optique : pas d'amour apparent chez celui-ci (c'est l'enjeu de la la survie...) qui va jusqu'à la frapper quand elle devient rebelle (il faut dire que, dans un accès de colère, elle va jusqu'à mettre le feu à l'aide d'un chalumeau à la cabane qui lui sert de logement, se réfugiant alors innocemment à l'intérieur d'un carton vide !).

    Le film montre aussi l'état de dénuement de cette population qui vit dans des baraquements dont on se demande comment ils peuvent tenir debout, à la merci d'une inondation (l'ouragan Katrina d'août 2005 est encore dans tous les mémoires) : une digue protège en effet la ville voisine de Los Angeles afin de mettre ses habitants à l'abri du déchaînement des éléments.

    Mais il n'y  pas que les éléments qui menacent la population du "Bassin" : les structures gouvernementales sont aussi leur pire ennemi, elles qui veulent l'extraire de ce milieu inhospitalier pour héberger ses habitants dans des dortoirs aseptisés et sans âme. C'est sans compter sur la solidarité des habitants de ce bayou qui n'ont qu'un seul désir : vivre peut-être dans la mouise... mais CHEZ EUX.

    Le titre du film interroge, non ?

    Les bêtes, bien sûr ce sont tous les animaux qui vivent dans le bayou (poules, poussins, chiens, cochons...). Il y a aussi les poissons-chats, les crabes et les écrevisses qu'Hushpuppy et son père pèchent à main nue et "à la pelle" dans les eaux du Mississippi... Et c'est aussi ces aurochs préhistoriques qui resurgissent avec la fonte des glaces (impressionnante cette reconstitution de l'effondrement de la banquise) et qui déferlent sur le bayou comme pour prévenir d'une menace imminente.

    Il fait aussi (c'est une hypothèse de ma part) référence aux hommes qui y vivent telles des bêtes, contraints par le changement climatique à lutter quotidiennement pour leur survie.

    Une très belle musique cajun rythme le film.

    Que demander de plus ?


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