• L'Alsace sous la canicule : Vauban et la citadelle de Neuf-Brisach

    Le jeudi, nous prenons la route de Neuf-Brisach, à l'est de Colmar et à seulement quelques kilomètres de la frontière allemande. Objectif : visiter la ville fortifiée par Vauban à l'époque du Roi Louis XIV.

    En 1697, les traités de Ryswick mettent fin à la guerre de la Ligue d'Augsbourg entre Louis XIV et la Grande Alliance. La France perd la place forte de Brisach sur la rive allemande du Rhin. Afin de combler ce vide défensif entre Strasbourg et Muhlouse, Louis XIV décide de la construction d'une nouvelle ville fortifiée face à Brisach pour prévenir toute invasion d'outre-Rhin. Il en confie l'étude à ses architectes Vauban et Jacques Tarade.

    La grande place carrée de Neuf-Brisach possède une très jolie fontaine octogonale construite en grès rose qui date de 1726. Elle est surmontée du soleil et du lys, symboles respectifs de Louis XIV et de la monarchie française.

    La visite de la ville commence par la Porte de Belfort qui abrite depuis 1957 le Musée Vauban (pas terrible du tout : il aurait besoin d'être rajeuni lui aussi !)

    Des pannonceaux destinés aux enfants nous renseignent sur la biographie de Vauban. Sébastien Le Prestre, Marquis de Vauban, a été baptisé le 5 mai 1633 à Saint-Léger de Foucheret en Bourgogne. Il meurt à Paris en 1707 à l'âge de 74 ans. C'est un homme à multiples visages : ingénieur, architecte militaire, urbaniste, ingénieur hydraulicien et essayiste français. Louis XIV le nomma Maréchal de France à la fin d'une carrière hyper-active.

    Il avait l'habitude de voyager dans une chaise muletière de son invention !

    Louis XIV reconnait en Vauban un "bon Français" et, à sa mort, parle de lui avec beaucoup d’estime et d’amitié : "Je perds un homme fort affectionné à ma personne et à l’État".

    Vauban est un homme de caractère, qui paie de sa personne, exigeant dans son travail et très soucieux du respect de ses instructions. Mais c'est aussi un humaniste, qui se passionne pour la justice sociale : on rapporte par exemple qu'il partage ses primes et ses soldes avec les officiers moins fortunés, et prend même parfois sur lui les punitions des soldats sous son commandement lorsqu'il les trouve injustes…

     Il mène une vie simple et ses rapports avec son entourage sont très humains, qu'il s'agisse de ses proches ou des gens de sa région natale, où il aime à revenir lorsqu'il le peut (c'est-à-dire rarement !) : son père, Urbain le Prestre, l'a éduqué très jeune dans le respect des autres, quelles que soient leurs origines. Ses origines modestes — famille de hobereaux provinciaux désargentés — ont sans doute contribué à forger l'humanité de son caractère.

     On peut dire aussi que Vauban est un noble "malcontent" mais au lieu d’emprunter le chemin de la révolte armée comme le font les gentilshommes de la première moitié du XVIIe siècle, il utilise la plume et l’imprimé, au nom d’un civisme impérieux, pleinement revendiqué au service de la "nation France" et de l’État royal qu’il veut servir plus que le roi lui-même. Toute son œuvre de pierre et de papier en témoigne : son action ne vise qu’un but, l’utilité publique, en modelant le paysage, en façonnant le territoire, en transformant l’ordre social.

     Vauban, apôtre de la vérité, apparaît comme un citoyen sans doute encore un peu solitaire. Mais au nom d’idées qu’il croit justes, même si elles s’opposent au roi absolu, il contribue à créer un espace nouveau dans le territoire du pouvoir, un espace concurrent de celui monopolisé par les hommes du roi, l'espace public, et à faire naître une force critique appelée à un grand avenir : l’opinion.

     Par ses écrits progressistes, Vauban est considéré comme un précurseur des encyclopédistes.

    Lettre de Louis XIV donnant un statut particulier à la ville de Neuf-Brisach

    La construction de la place-forte débute le 18 octobre 1698 avec la pose de la première pierre. Un canal est spécialement creusé jusqu’aux Vosges pour acheminer le grès rose nécessaire à la construction. Les fortifications de la nouvelles citadelle sont achevées en 1702.

    Vous aurez compris que j'ai fait du "copié-collé" : n'empêche que je me suis beaucoup instruite en lisant tout ceci sur le net !

    Un plan relief sonorisé présente la ville de Neuf-Brisach telle que Vauban l'a imaginée. C'est Louis XIV qui a choisi lui-même cette forme octogonale parmi trois projets qui lui ont été présentés par l'architecte.

    L'original de ce plan relief est conservé à Paris au Musée des Invalides (Musée des Plans Reliefs).

     

    La visite du Musée terminée, nous entamons un petit tour des remparts. Il faut tout d'abord passer sous une voûte dont la longueur vous donne la mesure de leur épaisseur...

     Au sortir de la voûte, on rase les murs à la recherche d'un peu d'ombre. Mais comme vous pouvez le constater, celle-ci est bien maigre car il est bientôt midi.

    Fort judicieusement, l'Office du Tourisme nous a conseillé de ne faire que le quart du circuit !

    Ecusson d'angle

    Nous terminons donc notre petite marche apéritive par la Porte de Colmar.

    Il est temps d'aller déjeuner : j'ai repéré un restaurant sur le Petit Futé... Il s'appelle très originalement "Les remparts" et ma foi nous n'avons pas été déçus, ni par l'accueil de ses patronnes (la mère et la fille) ni par la qualité des mets préparés.

    Retour au bercail dans la 306 heureusement climatisée !


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