• L'Alsace sous la canicule : Colmar et sa région

    Le mardi, nous quittons la vallée de Munster pour aller visiter Colmar qui n'est qu'à une vingtaine de kilomètres à l'est. Sa situation au centre du vignoble alsacien et son climat particulièrement propice à la culture de la vigne, lui valent le surnom de "Capitale des vins d'Alsace".

    Au passage, nous faisons un petit arrêt à Eguisheim, élu "Village préféré des français 2013" par l'émission de France 2. C'est une petite cité médiévale située à 5 kms de Colmar, particulièrement pittoresque et fleurie. Pour y parvenir, on passe par les vignobles.

     

     Nous sommes surpris par la hauteur des pieds de vigne : pas du tout comme en Bourgogne ou même en Touraine. Ici et dans toute l'Alsace, les vignes sont conduites à l'aide de trois rangs de fils de fer.

     

     La cité d'Eguisheim est construite en arrondi.

    On commence à la visiter par le côté du rempart sud, partie où se trouvent les plus jolies maisons.

     

    Des blasons ornent les frontons et les linteaux de portes.

    Il s'agit de signes lapidaires comme l'explique ce panneau, simple marque du tailleur de pierre, dates gravées ou encore initiales des propriétaires.

    Ces hottes et ce pressoir témoignent du passé vinicole d'Eguisheim.

    Retour d'Alsace

    Jolie grille de porte

    Une jolie composition florale

    Mine de rien, le village étant circulaire, nous en avons fait le tour ! Il nous reste à visiter son centre.
     Mais avant, un petit café à l'ombre de cette jolie terrasse est le bienvenu.

    L'Hôtel de Ville a des clochetons bien élégants.

    Juste en face, une maison aux élégantes fresques

    Les viticulteurs (ils sont légion), possèdent les plus belles maisons du village : ça respire la richesse !

    D'anciennes cours dimières abritent leurs exploitations. Au XVIIème siècle, elles étaient au nombre de 20 dans le village d'Eguisheim. Propriété de nobles ou de puissantes abbayes richement dotées de terres et de vignobles, elles sont le lieu de ventes, d'achats, d'échanges, de mesures, de taxations et de gestion des productions notamment issues de la vigne mais aussi des céréales et des forêts.

    J'ai aussi flashé sur les enseignes. Ici, celle d'une boulangerie,

    là, celle d'un restaurant

    ou encore cette autre pour un marchand de vin.

    La place principale du village possède en son centre une très jolie fontaine en grès rose surmontée d'une statue du Pape Léon IX, originaire de la ville d'Eguisheim.

    Derrière la fontaine, le Château des Comtes et la Chapelle Saint-Léon IX sont construits sur une plate forme octogonale qui a conservé une partie de ses enceintes du XIIIème siècle. Les bâtiments ont été restaurés à la fin du XIXème siècle dans le style néo-roman. Le château est ouvert uniquement lors d'expositions, de certains événements et réceptions.

    La statue de Saint Léon IX, Pape, se dresse sur la façade.

    Les peintures intérieures furent exécutées dans le style du XIème siècle.

    Les sept médaillons de la voûte représentent sept scènes de la vie de Léon IX.

    Sur un mur du château, une inscription indique qu'il s'agit du lieu de naissance du Pape Léon IX, fils d'Hugo IV d'Eguisheim.

    Tiens... des cigognes sont venues crêcher sur la chapelle !

    L'église Saint-Pierre Saint-Paul

    A l'intérieur, une vierge ouvrante en bois polychrome (l'une des seules encore en Alsace)  est présentée au sein d'un beau portail roman, tous deux du début du XIIIème siècle.

    Quand à elle, je ne peux pas dire que je la trouve jolie mais c'est plutôt une curiosité !

     

    Nous continuons ensuite sur Colmar. A l'arrivée, une promenade en petit train pour prendre la température de la ville...

    Puis c'est la visite à pied du centre historique.

    Voici "la maison des têtes" : construite en 1609, elle est sans doute la plus célèbre et la plus remarquable maison renaissance de Colmar. Depuis la fin du XIXe siècle, la maison des Têtes est propriété de la Bourse aux Vins. Les montants et les meneaux des fenêtres ainsi que les panneaux de l’oriel central sont décorés de 106 têtes grimaçantes, en grande partie restaurées, qui ont donné son nom à la maison dès le XVIIIe siècle, et en 1888, à l’ensemble de la rue.

    Dans la cour de la maison est installé un grand restaurant qui est tenu par le Chef Marc Rohfritsch.

    A son menu dégustation (65 euros), il y a :

    Amuse-bouche
    L'Escalope de Foie d'oie poêlée aux Quetsches
    La Nage d'Huîtres et écrevisses au curry
    Le Blanc de Bar en capeline de mousse de Brochet, sauce Champagne
    Le Sorbet au vin de Muscat
    Le Filet de Chevreuil, aux fruits d'Automne et
    Sauce Poivrade
    Le Plateau de Fromages
    La Gourmandise du Pâtissier

    Pour notre part, nous nous contenterons le midi d'une Flammekueche !

    Mais nous n'en sommes pas là : continuons notre balade.

    Voici la Collégiale Saint-Martin, la plus grande église gothique du Haut-Rhin.

    Le portail de Saint-Nicolas : le saint est entouré des trois jeunes gens qu'il a sauvés du saloir du boucher et des trois jeunes filles qu'il a sauvées de la prostitution.

    Tant qu'on est dans les églises, voici l'église des Dominicains : elle est surtout connue pour renfermer un tableau datant de la Renaissance intitulé "La Vierge au buisson de roses" du peintre Martin Schöngauer. L'entrée y est payante et... on n'a pas le droit de prendre des photos, même sans flash : l'arnaque !

    En fait, il suffit tout bonnement d'aller sur le site de la Ville de Colmar pour trouver une reproduction du tableau. Ce qui est extraordinaire dans ce tableau ce sont les détails qui entourent la vierge : oiseaux et fleurs sont traités avec beaucoup de grâce.

    L'un des portails de l'église contient aussi une jolie vierge, en pierre cette fois-ci.

    Dans les rues de la ville, on peut voir de belles enseignes en fer forgé.

    Celle-ci est vraiment magnifique, non ? Quelle délicatesse dans la ciselure !

    Il s'agit de l'enseigne d'un charcutier comme le montre sa vitrine.

    Cette photo donne un bon rendu de cette jolie place de Colmar : il s'agit de la place du Koïffhus, autrement dit, l'ancienne douane. En son centre, une fontaine décorée par Bartholdi. Ce dernier est en effet natif de Colmar et il a beaucoup contribué à décorer la ville.

    Nous avons découvert que, tout comme en Bourgogne, il y avait en Alsace des toits en tuiles vernissées... Dans ce bâtiment, on entreposait autrefois au rez-de-chaussée du corps de logis principal (1480) les marchandises soumises à l'impôt communal. À l'étage, siégeaient les représentants de la Décapole, Ligue composée de dix villes libres d'Alsace.

    L'ancienne douane possède un très bel escalier renaissance.

    Du haut de l'escalier, on a une vue superbe sur la rue des Marchands.

    Allez, promenons-nous un peu dans ces jolies rues bordées de maisons à colombages. Celle-ci est la maison Pfister. Elle date de 1537 et a été construite pour un chapelier de Besançon dont elle porte le nom. C'est sans doute la plus connue de la ville.

    Elle se distingue par son bel oriel à deux étages (un oriel est un encorbellement aménagé sur un ou plusieurs niveaux d'une façade) et par sa tourelle.

    La maison Zum Kragen, accolée à la maison Pfister, est connue pour sa statue de bois polychrome d'un personnage barbu en tenue renaissance.

    Une autre maison à encorbellement : j'ai oublié de quoi il s'agit...

    De toutes façons, où qu'on se tourne en levant le nez, on voit des merveilles d'architecture !

    Ici, la tourelle de l'ancien presbytère protestant

    Cette maison, à droite avec les fenêtres en ogives, date de la seconde moitié du XIVème siècle.

    Chemin faisant, nous arrivons à "la Petite Venise". C'est le nom donné au cours de la Lauch à Colmar. Ce nom provient sans doute de l’alignement original des maisons de part et d’autre de la rivière qui dessert le sud-est de la ville. Ce quartier était habité à l’origine par une communauté rurale de vignerons.

    A droite, l'ancien marché couvert de la ville. Du fait de sa position au bord de la rivière, les maraîchers pouvaient accoster au pied du bâtiment. Ayant servi de parking aux automobiles en son temps, le bâtiment a été restauré et a, depuis 2012, recouvert sa vocation première.

    On ne s'en lasse pas...

    Une terrasse de restaurant bien accueillante !

    Ah, j'oubliais une autre curiosité dans la ville : un Manneken-Pis, réplique de la célèbre statue de Bruxelles, a été offerte par la Belgique à l'occasion du quatrième anniversaire de la libération de la ville de Colmar et en souvenir des souffrances communes endurées par les deux pays. Moi, je préfère celui de Bruxelles : il est moins clinquant !

    C'est tout pour Colmar : nous n'y reviendrons que pour visiter le Musée Bartholdi.

    *****

    Bartholdi est né le 2 août 1834 à Colmar au 30 rue des Marchands, là même où a été inauguré le musée qui porte son nom en 1922 suite à un don de sa veuve, Jeanne-Emilie Bartholdi, à la ville de Colmar de tous les meubles, oeuves de sculpture, d'architecture, de peintures, de gravues, d'objets d'art, de bibliothèques etc... se trouvant, au décès de la donatrice, dans sa maison, 82 rue d'Assas à Paris, adresse de l'ultime appartement-atelier du sculpteur.

    Cour intérieure du Musée : "les grands soutiens du monde" (1902)

    Porte d'entrée du musée

    Alors qu'il a à peine deux ans, son père décède et sa mère décide alors d'aller habiter Paris afin d'éduquer ses enfants. Dès son enfance, le jeune Bartholdi affiche des dons artistiques : son avenir se trace au fil des visites des ateliers et monuments de la capitale.

    En 1853, alors que Bartholdi n'a que 19 ans, il exécute pour sa ville natale une de ses premières commandes : il s'agit d'une "Statue du Général Rapp" dont voici un moulage ayant servi à la restauration du monument (en 1945) saccagé par les troupes allemandes en 1940 sur ordre du chef de l'administration civile en Alsace...

    A 21 ans, il entreprend un voyage en Egypte qui le marquera dans son parcours artidécouvre une civilisation de grandeur où seuls les monuments ont survécu au temps...

    En 1863, il achève "le monument à Martin Schongauer" à Colmar (vous savez, l'artiste qui a peint la Vierge au buisson de roses conservée dans l'église des Dominicains). 

    En voici un détail : il s'agit d'une "Allégorie de l'orfèvrerie".

    Il a fait plusieurs esquisses pour ce monument.

    En 1869, il entreprend un deuxième voyage en Egypte et sculpte son "Petit Vigneron". 

    Celui-ci est exposé au marché couvert de Colmar.

    En 1870, il a 36 ans : il réalise une maquette pour la ville de Clermont-Ferrand à l'effigie de Vercingétorix. Ce n'est qu'en 1906 qu'il réalise le monument ci-dessous toujours pour la ville de Clermont-Ferrand.

    La même année, il fait la première ébauche connue de "la Liberté éclairant le monde". En effet, dès 1865, lors d'une conversation, il avait entendu l'idée que la France devrait offrir aux Etats-Unis d'Amérique une cadeau pour fêter le centenaire de l'indépendance : il en deviendra le créateur.

    Suite à la guerre de 70, un accord donne l'Alsace à la Prusse en mai 1871. Il décide alors de partir aux Etats-Unis pour glorifier la République française en attendant de la retrouver en France. Il a aussi en tête de concrétiser l'amitié Franco-Américaine. En arrivant dans le port de New-York, Il voit en l'île de Bedloe la place de sa statue : il noue de nombreux contacts, vendant son projet d'oeuvre.

    En 1872, il réalise "La malédiction de l'Alsace".

    Puis en 1895 "La Suisse secourant la ville de Strasbourg".

    En 1880, Bartholdi termine "le Lion de Belfort". Voici un moulage à l'échelle de l'homme de la patte du lion...

    1882 : inauguration de la "Statue de Rouget de l'Isle" à Lyons-le-Saunier. Voici un moulage de la tête de l'écrivain.

    Le 4 juillet 1884 à Paris, la France remet officiellement aux Etats-Unis "la Statue de la Liberté".

    Ci-dessous, la statue quitte l'atelier de Bartholdi à Paris...

    L'année suivante, une réplique de quelques mètres est installée à la pointe de l'ïle des Cygnes à Paris tandis que l'original est embarqué à bord de "l'Isère". La statue sera inaugurée le 24 octobre 1886.

    Le musée présente aussi quelques pièces de la maison d'habitation du sculpteur réunissant des meubles, des tableaux, et des objets personnels.

    Voici la salle à manger telle qu'elle a été reconstituée.

    Avec son plafond si particulier...

    Frédéric Auguste Bartholdi décède à Paris le 4 octobre 1904.

    Nous sommes restés plus d'une heure et demie au Musée !


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