• "Il Trovatore" à la Salle Gaveau

     Ce samedi, nous sommes allés écouter un opéra dans sa version de concert à la Salle Gaveau "Il Trovatore" de Verdi. C'est en effet la première oeuvre de la saison choisie par Martin Lebel, le chef d'orchestre de l'Orchestre philarmonique de la RATP auquel nous sommes fidèles depuis l'an dernier .

    Bon, pour le prochain concert, il va falloir que je demande à Jean-Michel Roquefort, le Président de l'Orchestre philarmonique, qui m'a déjà si gentiment téléphoné l'an dernier à plusieurs reprises pour me fournir tous les renseignements nécessaires au versement de notre cotisation personnelle pour l'année 2010 et les billets pour le spectacle au Casino de Paris, de veiller à nous accorder de meilleures places que celles-ci, placées juste derrière le caméraman qui enregistrait le spectacle... Vous savez que je plaisante bien sûr mais tout de même, pour que Philippe puisse enfin déplier un peu ses gambettes coincées pendant les deux premiers actes entre son siège et le dossier d'un spectateur particulièrement remuant... il a fallu que nous descendions nous installer après l'entr'acte dans les fauteuils d'orchestre laissés libres pendant les deux premiers actes et que mon oeil de lynx avait tout de suite repérés.

    Le trouvère - La salle Gaveau

     Martin Lebel, c'est lui et il porte bien son nom. De surcroît, il est extrêmement sympathique, ce qui ne gâche rien : on a toujours plaisir à le voir diriger cet orchestre composé de musiciens amateurs faisant partie des différents secteurs de la Régie.

     Il dirige l'Orchestre depuis 1996 et s'impose une mission éducative en assortissant d'un commentaire l'exécution de chaque oeuvre. C'est ainsi que pour chacun des 4 actes de cette représentation purement orchestrale et donc sans sous-titres, il a fait un rapide résumé de l'intrigue, fort complexe par ailleurs, toujours avec la pointe d'humour qui le caractérise, permettant à un public pas forcément ultra connaisseur de cette forme d'art lyrique d'en apprécier l'écoute.

    Le Trouvère - Martin Lebel

    Le prologue de l'opéra peur se résumer ainsi. L'action se déroule en Aragon.

    Avant le lever du rideau, Ferrando, capitaine de la garde, narre au spectateur le contexte dans lequel l'opéra va se dérouler : le père du comte de Luna a eu deux fils d'un âge proche. Une nuit, on découvrit une gitane près du berceau du plus jeune des deux frères. On la chassa, mais l'enfant tomba malade peu après et on pensa qu'elle lui avait jeté un sort. Elle fut retrouvée et condamnée au bûcher.

    La fille de la gitane, Azucena, décidée à venger sa mère, s'introduisit dans le château et s'empara du jeune enfant dans l'intention de le jeter lui aussi au bûcher. Mais elle fut prise d'un accès de folie et jeta au bûcher son propre enfant à la place de l'héritier. Elle éleva alors l'enfant du comte de Luna comme son propre fils. Il prit le nom de Manrico.

    Au début de l'opéra, Manrico est devenu adulte et trouvère (troubadour), et Azucena est toujours décidée à exercer sa vengeance contre le comte de Luna à travers Manrico.

     

    Je ne vous raconterai pas les 4 actes de cet opéra : sachez seulement que Léonora est amoureuse du Trouvère, Manrico, et réciproquement mais que le comte de Luna l'aime également...

    Comme Martin Lebel nous l'a lui-même dit en plaisantant :

    "de toutes façons dans les opéras, il y a forcément une tragédie : le ténor et la soprano sont toujours fous amoureux l'un de l'autre et le baryton est un concurrent gênant, ce qui fait que l'issue du drame est toujours sanglante !"

     L'Orchestre philarmonique de la RATP s'était adjoint pour la représentation la participation de plusieurs grands solistes. J'avoue que la Soprano Catherine Manandaza dans le rôle de Léonora m'a époustoufflée et le reste de l'auditoire aussi par sa puissance et l'amplitude de sa tessiture ainsi que par la sensibilité avec laquelle elle interprète sa partition. La voilà ici dans l'un de ses solos lors de la représentation

     Le trouvère - Catherine Manandaza

     Ici avec le ténor, Georges Wanis, jouant le rôle de Manrico, le Trouvère

     Pour écouter des extraits audio du répertoire de Catherine Manandaza, cliquez ICI.

     Le trouvère - Georges Wanis etCatherine Manandaza

     Voici une photo de Georges Wanis issue de son site dans lequel on peut apprendre qu'il est né au Caire en 1971 de père égyptien et de mère italienne. Il y a entamé ses études de chant lyrique et est ensuite venu en France pour intégrer le Conservatoire de Musique de Paris où il obtiendra son diplôme de concertiste. Pour l'écouter dans l'une des oeuvres qu'il a interprétées, cliquez ICI. Une très belle voix également.

     Le trouvère - Georges Wanis

    Mais qui jouait le rôle du comte de Luna me direz-vous ?

    Il s'agit du baryton Christian Le Moal

    Tiens tiens "Le Moal" ça me dit quelque chose... A n'en pas douter il s'agit d'un proche de Malika Bellaribi-Le Moal, la mezzo soprano jouant le rôle d'Azucena la gitane... Pourquoi pas son mari ? (même si j'ai lu sur mon ami internet que celui-ci était psychothérapeute. Après tout, on peut être psychothérapeute et néanmoins baryton !)

    Celle-ci a droit à un encart spécial dans le programme vendu à l'entrée de la salle (pour seulement 5 euros si l'on est membre honoraire comme nous) et pour cause : elle est à l'origine de la création de ce spectacle en collaboration avec l'Orchestre philarmonique de la RATP, lui-même désireux de monter un opéra. Malika Bellabiribi souhaite, en dehors de la scène, mettre le Chant Lyrique à la portée de tous et met ainsi en place des ateliers pédagogiques dans les quartiers défavorisés du nord du département des Hauts de Seine. Les choeurs du Trouvère sont donc composés de chanteurs des ateliers de chant lyrique du Centre Social et Culturel des Fossés Jean de Colombes.

     Malika Bellaribi-Le Moal : un parcours atypique...

     Née en 1956 dans un bidonville de Nanterre, où ses parents, arrivés d’Algérie, se sont installés, elle est gravement accidentée toute petite lors d'un accident de voiture. Elle sera confiée par son père, pendant une longue période de convalescence, aux religieuses de Saint Vincent de Paul qui l’initient à la musique et lui transmettent leur foi. Elevée dans la culture musulmane, Malika devient catholique. Aujourd’hui, elle revendique à la fois l’algérianité de son origine et l’appartenance à la culture chrétienne.

     N’ayant pas au départ envisagé de carrière artistique, elle commence sa vie professionnelle par la direction d’un service de comptabilité en entreprise. Mais bercée depuis l’enfance par les plus belles voix de l’Orient et de l’Occident, elle engage sa carrière en 1982, en s’inscrivant, par désir d’épanouissement personnel, au Conservatoire international de musique de Paris. Encouragée par ses professeurs elle entre, en 1986, à l’Ecole Normale de musique de Paris Alfred Cortot d’où elle sort en 1993 avec un diplôme supérieur de chant.

     Malika Bellabiribi, une battante et une très belle voix !

     Le-trouvere---Malika-Bellaribi-Le-Moal.jpg

    Un très beau spectacle comme tous ceux que Martin Lebel nous concocte.

    Vous l'aurez compris : je suis fan de Martin Lebel !

     Pianiste et violoncelliste, celui-ci a été quatre fois primé au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris : en fugue, en contrepoint, en orchestration et en direction d'orchestre. Depuis 2001 , il est régulièrement invité au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris à donner des Master-Class pour les élèves en classe de direction d'orchestre etc etc... 

     Si mon petit post vous en donne l'envie, vous pouvez essayer de réserver des places pour le concert (version scénique) qui aura lieu à l'Unesco le mardi 20 décembre prochain : je pense que vous ne serez pas déçus. En plus, c'est donné : 12 euros seulement... Je me demande bien si je ne vais pas en réserver moi-même quelques unes s'il en est encore temps !


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