• Il y a un quelques temps, je suis allée voir l'exposition Bernard Buffet au Musée d'Art Moderne.

    Le bâtiment est de style Art Déco.

    Exposition Bernard Buffet

    Le portail d'entrée est l'oeuvre du ferronnier d'art Adalbert Szabo : il est décoré de huit hauts-reliefs en bronze doré peut-être (?) l'oeuvre du sculpteur Gabriel Forestier.

    Exposition Bernard Buffet

    Exposition Bernard Buffet

    Bernard Buffet, c'est ma jeunesse : il faisait parfois la Une du journal télévisé des années 60 - époque à laquelle mes parents se décidèrent enfin à acheter la télévision (en 1964 exactement : j'ai un repère car nous avons pu voir en direct l'assassinat de Kennedy.), télévision qui était incompatible à leurs yeux avec les études de leurs deux filles... Maintenant les enfants ont une tablette à 5 ans quand ce n'est pas avant ! Autres temps, autres mœurs.

    C'était en effet à cet époque un peintre qui avait le vent en poupe : aussi novateur que Picasso, sa peinture étonne et même parfois dérange - le monde de l'art en tout cas - mais pas le public, qui lui l'acclame.

    Exposition Bernard Buffet

     Bernard Buffet est né en 1928 à Paris. Elevé aux Batignolles, il commence à peindre ou à dessiner à l'âge de 10 ans. Renvoyé du Lycée Carnot en 1939, il suit les cours du soir de la Ville de Paris où il est initié au dessin. En 1946, il expose son premier tableau, un autoportrait au Salon des moins de trente ans à la Galerie des Beaux-Arts.

    En 1958, alors qu'il venait de quitter Pierre Bergé, avec lequel il vivait depuis plusieurs années et qui gérait sa carrière, il rencontre Annabel Schwob dont il tombe amoureux. Buffet devait la portraiturer inlassablement. En 1961, l'une de ses expositions s'intitula « Trente fois Annabelle Schwob ».

    A ses débuts, au sortir de la guerre, la rareté des couleurs disponibles commande la tonalité générale de ses peintures (gris, ocre) et la finesse de la couche picturale. Il prend ses proches comme sujets, se peint beaucoup lui-même et fait l’inventaire des objets familiers : paniers à bouteilles, dessous de plats, lampes à pétroles et moulins à café. Les animaux qu’il peint – lapin, raie, achetés au marché – s’inscrivent dans une tradition picturale, de Chardin à Courbet.

     L'invention d'un style 

    L'atelier (1947)

    Le peintre s'y est représenté.

    Exposition Bernard Buffet

    La ravaudeuse de filets (1948)

    J'ai adoré ce tableau que je ne connaissais pas.

    Exposition Bernard Buffet

    Deux hommes dans une chambre (1947)

    Il faut oser...

    Exposition Bernard Buffet

     Le buveur (1948)

    Dans la lignée des buveurs d'absinthe de Degas à Picasso...

    Exposition Bernard Buffet 

    Nature morte au coq mort (1947) 

    Exposition Bernard Buffet 

    Pierre Bergé (1950)

    C'est l'année où le peintre rencontre le rencontre à Paris. Il deviendra son compagnon jusqu'à sa rencontre avec Annabel

    Exposition Bernard Buffet

     La Passion 

    Pieta (déposition de croix) - 1946 

    Exposition Bernard Buffet

    La Passion du Christ (Crucifixion) - 1951

     Exposition Bernard Buffet

    Lapidation (1948) 

    Exposition Bernard Buffet

    La barricade (1949)

    Exposition Bernard Buffet

     Nanse 

    La maison (1951)

    Bernard Buffet et Pierre Bergé séjournaient parfois à Nanse dans les Alpes de Haute Provence.

    Exposition Bernard Buffet

     

    Intérieur de la maison de Nanse

    On y voit le peintre en train de terminer son autoportrait (le tableau est adossé au mur de pierres sèches).

    Exposition Bernard Buffet

    Autoportrait (1952)

    Exposition Bernard Buffet

     Le cirque 

    Bernard Buffet effectue plusieurs tableaux sur le thème du cirque, destinés à son exposition de 1956 à la Galerie Drouant- David.

    Tête de clown (1955)

    Dans les années 60, des reproductions de cette oeuvre sont diffusées dans le monde entier.

    Exposition Bernard Buffet

    Les trapézistes (1955)

    Exposition Bernard Buffet

    Acrobates (1955)

    Exposition Bernard Buffet

     Horreur de la guerre 

    Une pièce entière est réservée à l'exposition du Tryptique "Horreur de la guerre".

    Le peintre se défend ici de toute intention politique. Il dit qu'il a seulement peint ce que lui inspirait la guerre : "Si j'ai été aussi violent, c'est que le sujet traité ne permettait pas la douceur".

     

    Exposition Bernard Buffet

    L'ange de la guerre (1954)

    Exposition Bernard Buffet

    Exposition Bernard Buffet

     Que c'est bien observé !

    Exposition Bernard Buffet

    Les pendus (1954)

    Exposition Bernard Buffet

    Exposition Bernard Buffet

    Les fusillés (1955)

    Exposition Bernard Buffet

    Sans commentaire...

    Exposition Bernard Buffet

     La fureur de peindre 

    Le sommeil d'après Courbet (1955)

    Exposition Bernard Buffet

    Autoportrait (1955)

    Exposition Bernard Buffet

    Atelier (1958)

    Exposition Bernard Buffet

    Illustration de "La voix humaine" de Cocteau (1957)

    Exposition Bernard Buffet

    Exposition Bernard Buffet

    Exposition Bernard Buffet

    Exposition Bernard Buffet

     Annabel 

    La natte - 1960

    Exposition Bernard Buffet

     A cette date s'arrête le Bernard Buffet que j'aime. L'exposition le montre dans son intégralité mais cela ne me branche pas de vous montrer la suite.

    Na !


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  • L'été dernier je suis allée voir une exposition au Musée d'Art moderne intitulée "L'intensité d'un regard". Elle présentait les tableaux de la première femme artiste-peintre à avoir un Musée qui lui soit consacré : Paula Modersohn-Becker.

    C'est une artiste (allemande) surprenante : on n'a pas l'habitude de voir des tableaux aussi forts et surtout sans aucune complaisance. Au début c'est vrai, on est un peu désorienté puis on aime son originalité et ses coups de pinceaux vigoureux.

    Paula au cinéma (et au musée)

    Beaucoup de portraits de gens du cru, d'enfants, de maternité, d'autoportraits, de paysages et de natures mortes.

    Vieille paysanne (1905)

    Après une formation à Berlin, Paula Modersohn-Becker rejoint la communauté artistique de Worpswede, dans le nord de l’Allemagne : c'est une région très pauvre où elle commence à peindre ce qu'elle ressent.

    Paula au cinéma (et au musée)

    Vieille paysanne

    On lit beaucoup de choses dans le regard de cette femme : c'est l'une des caractéristiques de Paula Modersohn Becker et le sous-titre de l'exposition "L'intensité d'un regard" le souligne.

    Paula au cinéma (et au musée)

    Elsbeth (la fille d'Otto Modersohn) dans le jardin (1902)

    Paula Modersohn Becker au Musée d'Art Moderne et "Paula" au cinéma

    Jeune fille nue assise avec des vases de fleurs (1906)

    Une petite influence de Gauguin, non ?

    Paula au cinéma (et au musée)

    Petite fille blonde assise avec un chat dans les bras (1905)

    Paula au cinéma (et au musée)

    Autoportrait à la branche de camélia (1906-1907)

    Paula au cinéma (et au musée)

    Autoportrait à son sixième anniversaire de mariage (1906)

    Paula n'est pas encore enceinte mais elle rêve de l'être : elle ne le sera qu'en 1907.

    Paula au cinéma (et au musée)

    Mère nue en buste avec son enfant sur le bras (1906)

    Paula au cinéma (et au musée)

    Mère allaitant (1903)

    Paula au cinéma (et au musée)

    Le landau

    Paula au cinéma (et au musée)

    Enfant endormi (1904)

    Paula au cinéma (et au musée)

    Nature morte au miroir vénitien (1903)

    Paula au cinéma (et au musée)

    Nature morte au potiron (1905)

    Je vais essayer de reproduire ce tableau aux pastels... mais c'est pas gagné. Beaucoup de travail en perspective !

    Paula au cinéma (et au musée)

    Voici le dernier tableau peint par l'artiste.

    Nature morte avec tournesol (1907)

    Paula Modersohn Becker au musée et au cinéma

    Un film vient de lui être consacré qui retrace les dernières années d'une vie trop courte puisqu'elle décède à 31 ans suite à un premier accouchement.

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    1900 : tandis que Camille Claudel en bave des ronds de chapeau en France, au nord de l'Allemagne, Paula Becker vient juste d’avoir vingt-quatre ans. C'est une grande fille pleine de vitalité, de désirs, d'humour. Elle n'en a toujours fait qu'à sa tête et son coup de pinceau s'affirme loin des codes que son milieu essaie de lui imposer.

    Sa peinture est comme elle : forte, pleine de matière, originale, libre. À contre-courant de ce que ses prétendus maîtres lui enseignent, elle peint à grandes touches ce qu'elle ressent, au gré des rencontres, les gens du peuple, les paysages… refusant de se laisser dicter sa place, son inspiration, son style.

    Quand elle épouse Otto Modersohn, un homme veuf avec une petite fille (Elsbeth que Paula a peinte), celui-ci est déjà reconnu (il est également peintre) et a du succès. Cependant, malgré la forte complicité qui règne entre eux, malgré tout l'amour et l'admiration qu'il lui voue, Paula se rend vite compte qu'elle ne pourra s'affirmer pleinement qu'en prenant le large. Elle va donc partir pour Paris, où la ville pullule d'artistes dont les rencontres sont stimulantes : Rilke (qui deviendra un grand ami de l'artiste), Gauguin, Cézanne, les Nabis, plein d'autres…

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    Pour parler de cette femme hors norme, il était exclu de se montrer académique et figé ; Christian Schwochow a choisi une comédienne à la personnalité singulière, à la présence forte : Carla Juri.

    La voici interprétant Paula en compagnie de son futur mari, Otto Modersohn, dans la communauté artistique de Worpswede, dans le nord de l'Allemagne.

    Paula Modersohn Becker au Musée d'Art Moderne et "Paula" au cinéma

    Paula présente à Rilke son portrait qui n'enchante pas le poète...

    Paula Modersohn Becker au Musée d'Art Moderne et "Paula" au cinéma

    Paula rit fort, marche à grand pas, elle est robuste, ne cherche pas à minauder ou à plaire. A une époque où on demandait avant tout aux femmes d'être charmantes, décoratives, discrètes, elle vit à fond, ne cède sur rien, se moque des conventions. Elle est une femme libre et au-delà d'un portrait d'artiste qui mérite d'être connue pour son œuvre, le film raconte qu'il est possible de se vivre femme autrement, quelles que soient les circonstances, l'époque, la pression culturelle et sociale…

    J'ai adoré ce film.

    Il y a aussi un livre que Marie Darieussecq lui a consacré, Etre ici est une splendeur (vie de Paula M. Becker), qui lui est consacré.

    Je viens de me le faire prêter par ma voisine pour nos vacances à Courcelles...


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  • La semaine dernière je suis allée en compagnie d'une amie visiter l'exposition Frédéric Bazille au MO, comme on dit quand on est snob !

    C'est un peintre que je connaissais un peu mais que je ne savais pas classer. En fait, l'exposition s'appelait "La jeunesse de l'impressionnisme" : voilà maintenant chose faite.

    Il y avait une queue pas possible car c'était le dernier jour de l'exposition mais, heureusement, j'avais des billets coupe-file, ce qui nous a permis de passer devant presque tout le monde...

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

    Frédéric Bazille est né à Montpellier en 1841 et est décédé au combat à Beaune-la-Rolande en 1870 (il s'engage à cette époque contre la volonté de sa famille pour lutter contre l'occupant) : il ne lui a fallu que 28 ans pour devenir un peintre célèbre.

    Il a d'ailleurs souvent été un sujet pour les peintres, les sculpteurs, ou même les photographes.

    Le voici photographié par Etienne Carjat en 1865 dans une pose académique.

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

    Et voici le médaillon sculpté par Philippe Solari en 1868

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

    Ici, il est immortalisé par Pierre Auguste Renoir en 1867-1868.

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

    Et voici le buste qu'en a fait Auguste Baussan en 1883. Il s'agit d'un modèle pour le monument funéraire de l'artiste au cimetière protestant de Montpellier.

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

    Je n'ai retenu que quelques uns des tableaux exposés, dont celui-ci qui s'intitule :

    L'atelier de la rue de la Condamine (1869-1870)

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

    Frédéric Bazille déménage à l'hiver 1867 de la rue Visconti (près de Saint-Germain des Prés) pour aller dans le XVIIème arrondissement aux Batignoles où il loue un immense atelier pour 200 francs de plus. C'est le quartier de l'avant-garde artistique, non loin du café Guerbois et de Manet.

    Pour la dernière fois, il représente l'intérieur de son atelier, ici habité de la joyeuse présence de ses amis réunis autour de sa propre silhouette peinte par Manet. Maître joue du piano ; Manet et peut-être Monet regardent un tableau sur le chevalet (la vue de village) ; en haut de l'escalier, Renoir s'adresse à un homme qui pourrait être Sysley. Beaucoup de tableaux aux murs ont été refusés au Salon, mais cette société bohème aime désormais à se définir par son indépendance vis-à-vis des institutions.

    Dans la même pièce, un très joli tableau de Jean-Baptiste Corot peint en 1868 sur le même thème.

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

    Un tableau très touchant : cette "Petite italienne chanteuse de rue" qui date de 1868.

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

    Sans le reflet... Un des rares tableaux du peintre à montrer la vie parisienne

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

    En parallèle dans une salle : Femmes au jardin de Claude Monet (1886)

    A l'époque, Frédéric Bazille l'acheta à Monet qui était à cours d'argent...

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

    et La réunion de famille de Frédéric Bazille (1867)

    Deux tableaux peints en plein air : une innovation à l'époque.

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay 

    La robe rose peint en 1864 m'a emballée. Si je ne devais retenir qu'un seul tableau de Frédéric Bazille, ce serait celui-là : la luminosité du soir tombant (ou du petit matin ?) est merveilleuse.

    Cliquez sur l'image...

    Loin de "l'indigestion de murailles et de rues" de la capitale, Bazille profite des beaux jours dans la propriété familiale de Méric pour peindre Thérèse des Hours, sa cousine de quatorze ans, assise sur le muret de la terrasse, dominant la rivière du Lez. Face à elle, le village de Castelnau. Première des "Figures au soleil" peintes par Bazille, l'oeuvre est déjà une réussite pour le jeune peintre et pose les principes de ses recherches futures : la composition est claire et recherche l'équilibre, les couleurs du paysage vivement éclairé à l'arrière-plan contrastent avec la figure au premier plan dans l'ombre, le sujet - moderne et familier - fait la part belle à un sentiment d'indolence et de douce rêverie.

     

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

    Le pêcheur à l'épervier (1868)

    De dos, un homme nu s'apprête à jeter son épervier - un filet - dans une mare. La pose de l'homme assis renvoie au "Tireur d'épine" du Musée du Capitole.

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

    De la même année, une très belle étude de jeune homme nu (1868)

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

    Scènes d'été (1870)

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

    La toilette (1870)

    On pense évidemment à l'"Olympia" de Manet peint quelques années plus tôt en 1863.

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

    J'ai beaucoup aimé aussi ce tableau : jeune femme aux pivoines (1870)

    Ici, la jeune femme n'est plus une marchande de fleurs mais une domestique en train d'arranger un somptueux bouquet. Si le peintre est encore tributaire de certains stéréotypes ethniques et sociaux, il est l'un des rares artistes de sa génération à avoir su voir la beauté de la peau sombre du modèle et comment en tirer profit pour ses harmonies de couleur. Les teintes vives des fleurs (pivoines, tamaris, iris, cytise) mais aussi le fond sombre mettent particulièrement en valeur le brun chaud et lumineux de la carnation du modèle.

    Il s'agit de l'un des chefs-d'oeuvre de la dernière année de création de l'artiste. 

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

     Dans la série des natures mortes aussi : vase de fleurs sur une console (1867 - 1868)

    Le tableau était destiné à orner la demeure de Pauline des Hours, la cousine de Bazille, qui venait de se marier.

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

     

    Le 16 août 1870, contre toute attente, Bazille s'engage dans un régiment de zouaves. Réel élan patriotique ou geste suicidaire ? Volonté de prouver à ses proches – et à lui-même – sa valeur, ou "divertissement" ?
    Bazille semble se saisir de l'opportunité de cette aventure militaire pour résoudre une crise personnelle, dont ses derniers tableaux portent la trace.

    A la sortie de l'exposition, nous avons fait un tour dans la partie sculptures du musée.

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

     

    Antoine Bourdelle : Héraklès archer (1909-1924)

    Pas mal le mec, non ?

    L'exposition Frédéric Bazille au Musée d'Orsay

    Moi Paris j'adore !


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  •  Avec mon amie Marie-France, nous nous sommes inscrites cette année à des conférences sur la peinture, accompagnées d'une carte coupe-file pour l'exposition correspondante. L'association s'appelle CO.RE.TA. pour "COmment REgarder un TAbleau" et elle a été fondée en 1992 par Françoise Barbe-Gall qui assure les conférences.

    Notre première conférence traitait de la peinture américaine des années 1930 : de Georgia O’keeffe à Edward Hopper - L'exposition se tient au Musée national de l'Orangerie ( du 12 octobre 2016 au 30 janvier 2017)

    ◄►◄►◄►◄►

    Elle est scindée en quatre parties précédées d'une introduction.

    ► Introduction

    Entre la crise de 1929 et la seconde Guerre mondiale, de multiples univers esthétiques se développent et se confrontent aux États-Unis. La peinture absorbe les angoisses contemporaines, dues à la Grande Dépression aussi bien qu’à la montée du nazisme en Europe, tout en fondant un langage pictural proprement américain. Un ensemble exceptionnel d'une cinquantaine de toiles de collections privées, mais aussi de l'Art Institute à Chicago, du Whitney Museum ou du Museum of Modern Art à New York,est exposé à l’Orangerie : de l'abstraction au réalisme social en passant par le régionalisme, les œuvres de Marsden Hartley, de Georgia O’keeffe de Edward Hopper ou de Grant Wood entre autres, y racontent l’histoire de cette période foisonnante.

    Une petite vidéo pour planter le décor.

    Grant Wood

    C'est le Léonard de Vinci des américains : on parle d'American gothic aux Etats-Unis comme on parlerait de la Joconde en France...

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Le tableau fait d'ailleurs l'affiche de l'exposition : il représente un couple d'agriculteurs américains (le père et sa fille) devant une maison de style gothique (le peintre a pris comme modèles sa soeur et son dentiste...). On remarque la fourche à foin à trois dents de l'homme, reprise dans les coutures de sa salopette ainsi que dans la fenêtre en ogive de la maison.

    American gothic (1930)

    Les mines sont sombres, c'est le moins qu'on puisse dire...

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

     Georgia O'keeffe

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Georgia O'Keeffe est une peintre américaine considérée comme une des peintres modernistes majeures du XXème siècle. Ce tableau fait référence à la menace du "Dust Bowl" (ces tempêtes de poussière dues à la sécheresse qui ravagèrent le Middle West américain dans les années 1930).

    Crâne de vache avec roses (1931)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    Stuart Davis

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    New-York Paris (1931)

    Le peintre a été influencé par le cubisme et le fauvisme lors de son premier séjour à Paris en 1928. Si l'on reconnait aisément New-York grâce à l'Empire State Building et la pompe à essence, Paris n'est qu'évoqué que par le biais de l'Hôtel et de son café.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    ► 1- Contrastes américains : puissance industrielle et retour à la terre

    Les peintres de cette période se firent défenseurs ou pourfendeurs de l’industrie américaine et représentèrent la production et le travail dans des styles différents, allant du réalisme à l’abstraction.  Le paysage rural américain dépeint par les artistes des années 1930 apparut pourtant à la fois comme un lieu de dévastation et une source de renouveau. La représentation de la nature par les peintres régionalistes se révéla ainsi une puissante métaphore de croissance et de renaissance durant la Dépression.

    Charles Sheeler

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Henry Luce, fondateur en 1930 du magazine Fortune, premier journal des Etats-Unis consacré au monde économique, commanda vers la fin de la décennie à Sheeler une série de peintures devant illustrer le pouvoir économique américain.

    Charles Sheeler est l'un des fondateurs du mouvement du Précisionnisme.

    Turbine en suspension (1939)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

     Paysage américain (1930)

    Charles Sheeler, qui était aussi photographe, affirme ici la foi de l’Amérique dans son industrie (qui doit participer à la reprise économique du pays à l'aube de la guerre...).

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Charles Demuth

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Et la patrie des braves (1931)

    Le peintre représente ici une usine productrice de tabac du Comté de Lancaster, en Pennsylvanie, milieu dont l’artiste lui-même était issu. Le titre du tableau fait référence au texte de l'hymne national américain (The Star-Spalgled Banner).

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Charles Green Shaw

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Shaw était fortuné et put pratiquer l’art de la peinture de manière indépendante. Il voyagea en Europe dans les années 1930, où il rencontra des artistes et commença à collectionner leurs œuvres. Il participa en 1936 à la fondation de l’American Abstract Artists Group et visita l’exposition Fantastic Art, Dada and Surrealism au MoMA puis réalisa cette toile, inhabituelle pour lui. Elle assemble de manière humoristique l’abstraction géométrique à l’un des produits de consommation les plus emblématiques du pays : une boîte de chewinggum de la marque Wrigley. Le tableau apparaît comme une image typiquement américaine et anticipe les œuvres plus tardives du Pop art d’Andy Warhol et Roy Liechtenstein.

    Wrigley's (1937)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    Joe Jones

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

     Originaire de Saint-Louis dans le Missouri, Joe Jones s’identifia aux travailleurs de sa ville menacés par la Dépression et s’engagea dans le communisme après avoir travaillé dans une colonie d’artistes. On voit sur la toile des ouvriers des docks, assis devant un homme plus aisé et dominateur, exploitant sans doute leur travail pour un faible salaire.

      Débardeurs (1934)

    J'aime beaucoup ce camaïeu de couleurs.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Alice Neel

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Pat Whalen (1935)

    Pat Whalen était un syndicaliste communiste : on remarque dans le tableau le visage grave et le poing serré de l'homme, déterminé à poursuivre la grève dans les aciéries dont parle le journal (daté de juin 1935 - The Daily Worker).

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    Beaucoup de similitudes entre les trois toiles suivantes je trouve.

    La première est de Marvin Cone et s'intitule Méandre de la rivière (1938).

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Un critique comparait alors les paysages de Cone à ceux des Primitifs italiens. Celui-ci donnait en effet une image idyllique des Paysages de l’Iowa mais il refusa l’étiquette de peintre régionaliste. Comme d’autres œuvres de l’artiste, cette toile apparaît comme une expérience individuelle plutôt qu’une représentation réaliste.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    La deuxième est de Grant Wood qui se lia d'ailleurs d'amitié avec Marvin Cone. Elle se nomme Labour d'automne (1931).

    On pense au Douanier Rousseau évidemment...

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    La troisième est également de Grant Wood. Son nom : Plantation de maïs (1931).

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

     Thomas Hart Benton

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Hart Benton effectua un voyage en Géorgie en 1928, durant lequel il fut frappé du contraste entre le lent développement économique du sud des Etats-Unis et l’industrialisation triomphante du nord.

    Cueilleurs de coton (1945)

    Cette oeuvre est celle d'un peintre engagé qui dénonce l'existence difficile de la communauté afro-américaine du sud : on y voit des hommes et des femmes travaillant sous un soleil de plomb tandis qu'un bébé dort à même le sol. Il s'agit probablement de fermiers louant leur terre à un propriétaire terrien en échange d'une partie du revenu de la cueillette du coton (on parle du "sharecropping" : métayage en français).

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Meule de foin (Thomas Hart Benton - 1938)

    On reconnait ici la patte du même peintre : mêmes arrondis et même objet d'étude.

    Benton employait la technique de la tempera, issue de la Renaissance, où les pigments sont mélangés à du jaune d’œuf. Son œuvre transcende la décennie de la Dépression pour affirmer la dignité et le courage des Américains ruraux.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Collines rouges et fleurs (Georgia O'Keeffe - 1937)

    Georgia O'Keeffe, elle, était fascinée par les grands espaces du Nouveau Mexique où elle vivait. Elle a souvent peint des fleurs...

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Arthur Dove

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Dove était un ami de Georgia O’Keeffe. Il était spécialement attaché aux paysages du Connecticut et de l’Etat de New York et en fit le centre de son œuvre. Il survivait pauvrement mais refusa de réclamer une aide à la Works of Art Project afin de préserver sa liberté de création.

    Troncs d'arbre (1934)

    Ce tableau traduit son passage d’une représentation réaliste du paysage à des formes fluides plus proches de l’abstraction. Ce nouveau mode d’expression moderniste fut remarqué lors de l’exposition de l’œuvre à la galerie d’Alfred Stieglitz. La toile évoque les œuvres d’artistes européens tels que Hans Arp, Jean Hélion et Joan Miró, visibles alors dans The Gallery of Living Art ouverte en 1927 par Gallatin.

    Sans le titre, on serait un peu perdus, non ?

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    John Steuart Curry

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Sangliers tuant un serpent (vers 1930)

    Cette toile s’inspire des Chasses de Rubens, artiste préféré de Curry, né dans le Kansas où il grandit dans une famille de fermiers cultivés. Le sujet pourrait être une allégorie biblique montrant le serpent du Livre de la Genèse, tué devant un pommier, arbre du Bien et du Mal du jardin d’Eden.

    Ce n'est pas mon tableau préféré.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Alexandre Hogue

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Erosion N°2 - Notre terre mise à nu (1936)

    Hogue choisit de représenter ici la dure réalité plutôt que d’évoquer une vie agricole idyllique. Les collines désolées des Grandes Plaines (au centre des Etats-Unis) prennent ici la forme d’un gigantesque corps de femme (la terre mère), blessé par la sécheresse et la charrue visible au premier plan.

    Le tableau fait aussi référence à la blessure due au crack boursier...

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    ► 2 - La ville spectacle

    Edward Hopper

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

     Cinéma à New-York (1939)

    C'est la femme de Hopper qui posa pour la figure de l'ouvreuse : c'est elle qui attire le regard.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Reginald Marsch

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Dans la 14ème rue (1934) 

    Marsch montre ici l’un des endroits les plus fréquentés de la ville, à proximité d’Union Square. Une jeune femme à l’apparence d’une héroïne de cinéma va croiser la foule sortant d’une bouche de métro, évoquant l’énergie écrasante de la grande ville.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Paul Cadmus

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    La flotte est à quai (1934)

    Le peintre livre ici une vision satirique du débarquement des marins en permission dans Riverside Park. Ces derniers se mêlent à la population locale au fil de rencontres hétérosexuelles et homosexuelles.

    Le tableau fût retiré d'une exposition officielle peu après sa création, ce qui lui donna une notoriété immédiate.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Film à vingt cents - 1934

    Le cinéma : antidote de la Dépression

    Une affiche montrant une femme aux cheveux décolorés, outrageusement maquillée, domine cette salle et fait allusion à l’actrice et sex-symbol Mae West.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Philip Evergood

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Marathon de danse (1934) 

    Cette toile représente un phénomène particulièrement développé durant la Dépression : les concours ou marathons de danse, dont le couple de danseurs le plus endurant, après des jours et même des semaines de danse sans interruption, percevait enfin une somme d’argent. Les danseurs ne pouvaient se reposer que quinze minutes toutes les quarante-cinq minutes et essayaient de tenir debout jusqu’à l’épuisement. L’un des danseurs traînait parfois son partenaire, tandis que des spectateurs assistaient à ces concours inhumains.

    Une pancarte annonce ici que le marathon en est à son quarante-neuvième jour et l’artiste fait du sujet une véritable danse macabre.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    William H. Johnson

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    L’artiste africano-américain Johnson se surnommait lui-même “ un primitif moderne”. Peintre à la formation très aboutie, notamment grâce à de nombreuses années passées en Europe dans les années 1920 et 1930, il revint à New York avec son épouse danoise en 1938 et enseigna à The Harlem Community Art Center grâce à la Work Projects Administration. Là, il affirma une esthétique très personnelle célébrant la vie de Harlem. Jonhson réalisa de très nombreuses études des habitants de son quartier, qui connaissait le développement d’une intense vie sociale et culturelle, notamment musicale.

    Scène de rue à Harlem (vers 1939)

    La réalité américaine, c'est ça aussi...

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Paul Sample

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    Le Dîner de la paroisse (1933)

    Sample met ici en scène un repas à la sortie de l’église, dans un paysage stéréotypé de la Nouvelle-Angleterre. L’équilibre d’une société traditionnelle est menacé par l’arrivée d’une jeune femme blonde, aux allures d’actrice de cinéma, associée à la liberté de mœurs de la ville et à la modernité

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Music Swing Luis Armstrong (Arthur Dove - 1937)

    Dove, musicien amateur, réalisa dès 1927 une série de peintures sur le thème de la musique de jazz. Cette œuvre évoque la musique du célèbre chanteur et trompettiste africano-américain Louis Amstrong. Les motifs abstraits du tableau traduisent les notes aigües de la trompette et la voix grave de ce dernier.

    Merci pour l'explication !

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    ► 3 - L'Histoire revisitée

    Ilya Bolotowsky

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Un petit air de Miro, non ?

    Ilya Bolotwsky est originaire de Russie. Il découvre en 1932 les oeuvres cubistes et surréalistes des peintres européens et, de retour aux Etats-Unis, est influencé par les oeuvres de Miro et de Mondrian.

    Etude pour la fresque murale du Hall des sciences médicales à l’Exposition universelle de 1939 à New York (1938-1939)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    La chevauchée nocturne de Paul Revere (Grant Wood - 1931)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Filles de la Révolution (Grant Wood - 1932)

    Le peintre fait dans cette œuvre une allusion à l’Histoire et à la fierté des Etats-Unis en représentant des Filles de la Révolution américaine, descendantes de personnages ayant participé à la Guerre d’Indépendance de 1775, comme le montre la peinture en arrière plan montrant George Washington traversant le fleuve Delaware.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Doris Lee

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Thanksgiving (1935)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Home sweet home (Charles Sheeler - 1931)

    Sheeler met en scène dans cette toile des objets "Shaker" de sa maison dans l’Etat de New York. Il fait ainsi allusion à l’histoire du pays en évoquant la communauté des Shakers, fondée aux Etats-Unis dans les années 1770 et qui, animés d’une foi puritaine, réalisaient des meubles et textiles très sobres.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Morris Kantor

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    Kantor naquit en Russie et arriva à New York à l’adolescence. Louant une maison ancienne dans la ville de Marblehead dans le Massachusetts dans les années 1920, il fut sensible à l’atmosphère nostalgique de la Nouvelle-Angleterre et de la demeure. Cette œuvre recrée les sensations qui l’avaient saisi et se rattache au thème des maisons anciennes mystérieuses, développé dans de nombreux films et pièces de théâtre de cette période. La présence d’une silhouette sur la droite difficilement identifiable crée une atmosphère inquiétante, qui touche aussi au surréalisme. L’artiste gagna en 1931 le Logan Purchase Prize de l’Art Institute de Chicago pour cette œuvre, qui suscita alors beaucoup d’intérêt.

    Maison hantée (1930)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Aaron Douglas

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    Aspiration (1936)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    George Lovett

    Le peintre fait référence ici à l’art des Indiens d’Amérique. Une exposition sur ce sujet eut lieu pour la première fois en 1931 à New York. Morris avait aussi découvert l’art des Indiens Pueblo à Santa Fe, au Nouveau-Mexique. 

    Composition indienne (1938)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    ► 4 - Cauchemars et réalité

    Federico Castellon

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    La figure sombre (1938)

    L’artiste est ici influencé par le surréalisme de Salvador Dali et fait écho aux affrontements déchirant l’Espagne. Le corps désassemblé sur la gauche est un autoportrait tandis que la sombre silhouette féminine accentue l’atmosphère inquiétante de l’œuvre. Celle-ci fut exposée au Whitney Museum en 1941, année où la tension politique atteignit son comble aux Etats-Unis.

    C'est vrai qu'on pense tout de suite à un Dali.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Walt Kuhn

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Portrait de l'artiste en clown (1932)

    Cet autoportrait en Pierrot triste ou fou est peut-être mêlé au portrait d’un véritable clown nommé Ralph Osgood. L’artiste souffrait de dépression et de troubles mentaux. Il demanda que cette œuvre nommée Kansas soit rebaptisée sous son titre actuel après sa mort.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Helen Lundeberg

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Double portrait de l'artiste (1938)

    Helen Lundeberg se représente à l’enfance et à l’âge adulte, mais sans perspective de futur heureux.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Ivan Albright

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Autoportrait (1935)

    Albright était originaire de Chicago et fils d’un peintre. Il servit en France comme dessinateur médical durant la Première Guerre Mondiale et en revint avec huit carnets remplis de représentations de corps blessés et de « gueules cassées ». Bien qu’il s’en défendit, cette expérience le marqua profondément et il réalisa des peintures montrant des corps en déclin ou putréfaction, comme ici où l’artiste se représente âgé de 38 ans. Son image évoque directement la figure effrayante du monstre créé par Frankenstein. Ce roman du XIXe siècle connut deux célèbres adaptations cinématographiques en 1931 et 1935, où l’acteur Boris Karloff marqua les esprits.

    Pas flatteur l'autroprotrait !

     

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Philipe Guston

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    Bombardement (1937)

    Le bombardement de la ville basque espagnole de Guernica par l’aviation allemande le 26 avril 1937, immédiatement condamné par le Sénat américain, lui inspira cette toile. Adoptant la forme d’un tondo, à la manière des œuvres de la Renaissance italienne, elle montre par contraste une scène de mort.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    Peter Blume

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    La Ville éternelle (1934-1937)

    Artiste de gauche, il réalisa à son retour d'Italie où il avait séjourné grâce à une bourse cette allégorie antifasciste complexe, à la manière surréaliste, où la tête de Mussolini jaillit tel un diable de sa boîte, ce qui lui prit trois ans.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

     Louis Guglielmi

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Portrait de Lénine dans le désert - 1935

    Guglielmi était un Américain né en Egypte de parents italiens. Il développa un art « prolétarien surréaliste » comme ce portrait de Lénine dans un paysage d’industrie pétrolière désolé. L’œuvre fait directement allusion à une peinture murale controversée de Diego Rivera au Rockefeller Center de New York, détruite le 10 février 1934, car Rivera avait refusé d’y effacer la figure de Lénine, phénix qui renaît de ses cendres.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Géographie mentale - 1938 (Louis Guglielmi)

    Guglielmi dénonce ici les risques de guerre en montrant le pont de Brooklyn, icône de l’architecture new yorkaise, hypothétiquement détruit par un bombardement, comme ceux que connaissait alors l’Europe.

    Observez bien la dame sur le pont en cliquant sur l'image : elle a des poissons dans le dos ! Le surréalisme, toujours le surréalisme...

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Mort sur une route de Crête (Grant Wood - 1935)

    Les accidents automobiles augmentèrent de manière dramatique dans les années 1930 aux Etats-Unis et ce tableau devint l’un des symboles de ce danger.

    Grant et deux de ses amis avaient eux-mêmes eu un accident de voiture...

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Justice américaine (Joe Jones - 1933)

    Le titre ironique de cette œuvre renvoie aux méfaits du Ku-Klux-Klan dont les membres cagoulés viennent de violenter et lyncher la jeune femme du premier plan. Deux ans plus tard, des expositions dénonçant le lynchage furent organisées à New York.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie  

    ► 4 - Vers un Art Moderne américain

    Jackson Pollock

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Untitled (1938-1941)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Station service (Edward Hopper - 1940)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

     Bon, on avait tout oublié ou presque de la conférence quand on est allées voir l'exposition mais internet remet les pendules à l'heure !

    Un petit selfie pour vous montrer qu'on était bien emmitouflées par ce grand froid...

    La peinture américaine des années 30 à l'Orangerie

    Le bassin des Tuileries était gelé et les canards y faisaient des glissades !


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  • Ce week-end je suis allée visiter l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen. Le Musée s'est ouvert il y a deux ans seulement au sein de l'ancien Archevêché situé dans la rue Saint-Romain près de la Cathédrale. Il s'agit d'un quartier piétonnier très agréable avec des maisons à colombages typiques du vieux Rouen.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Vue sur la Cathédrale depuis l'Archevêché (Photo Thomas Boivin)

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    C'est au sein même de l'Archevêché que se tint le procès de Jeanne d'Arc : un lieu émouvant et magnifique. (Photo Thomas Boivin)

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    L'Archevêché est un bâtiment à plusieurs étages : la vie et les procès de Jeanne d'Arc y ont été reconstitués étage par étage.

    Cliquer sur l'image pour la voir en grand.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    C'est dans la crypte romane (Photo Thomas Boivin) que commence la visite.

    La première partie consiste en un film-spectacle projeté au fil des salles du palais et qui utilise judicieusement leur décor. Guidé par Jean Juvénal des Ursins, archevêque de Reims et maître d’œuvre du procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc (en 1456), les spectateurs sont totalement immergés dans l’histoire de la Pucelle.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    La crypte romane avant travaux (Photo Thomas Boivin) montre le travail qui a été accompli pour créer cet espace muséal.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Interprétés par 23 acteurs, les témoins de cette histoire donnent leur version des faits jusqu’à ce que Jean Juvénal en assemble les pièces pour dessiner le véritable portrait de Jeanne.

    Jean Juvénal des Ursins (image d'archives)

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    C'est Bernard Alane (rappelez-vous Hibernatus avec Louis de Funès...) qui tient son rôle.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Le paysage de Domrémy prend vie dans la crypte romane grâce aux nouvelles technologies.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Toujours dans la crypte romane, l'arbre aux fées...

    Les historiens s'accordent à écrire qu'à proximité du village de Domremy, se trouvait une forêt appelée le "Bois Chenu" et que Jeanne se rendait souvent en cette forêt, pour rejoindre le site du Beau Mai, ou arbre aux fées. Occupation somme toute bien innocente, mais qui souleva de nombreuses interrogations lors du procès ! Mais pourquoi une activité aussi puérile interpellait-elle les juges de Rouen ? Que cachaient donc ces promenades en forêt ?

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

     Jeanne d'Arc a pris des habits d'homme...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    La projection suivante se passe dans les anciennes cuisines de l'Archevêché. Autour du pilier central, une table numérique pour éclairer les visiteurs qui veulent en savoir plus.

    Les espaces de service étaient systématiquement installés en rez-de-chaussée, niveau sombre, froid et humide, en opposition aux espaces de vie et de prestige qui se trouvent dans les étages supérieurs, dits "nobles".

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Cette salle appartient à l'Hôtel que Guillaume d'Estouteville fait construire dans la seconde moitié du XVème siècle. De style gothique tardif, ses voûtes en croisée d'ogives sont appuyées sur des culots décorés de scènes végétales ou figurées.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Extrait de la déposition de Frère Seguin, professeur de sacrée théologie,
    de l'ordre des frères pêcheurs, doyen de la faculté de théologie de Poitiers,
    âgé de soixante et dix ans environ, à Rouen le 14 mai 1456.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    "Je l'ai entendue me dire et dire à l'assistance
    quatre choses alors à venir, et réalisées dans la suite :

    ► Que les anglais seraient anéantis,

    ► Que le siège alors devant Orléans serait levé,

    ► et que la ville serait délivrées de la présence des anglais,

    après toutefois qu'elle leur aurait fait une sommation préalable.
    Elle a dit secondement que le roi serait sacré à Reims,
    troisièmement que la ville de Paris rentrerait dans l'obéissance
    du roi et que le duc d'Orléans reviendrait d'Angleterre.

    Toutes choses dont j'ai vu l'accomplissement".

    Dans l'un des angles de la pièce, un bronze de Jeanne d'Arc à cheval par Emmanuel Fremiet (19ème siècle) : il s'agit d'une reproduction en miniature de la statue en bronze doré située au centre de la place des Pyrénées, près du Palais Royal à Paris.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    C'est sur les cheminées monumentales des cuisines que se passe la suite de l'histoire.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen 

    La projection est du plus bel effet : il s'agit de la rencontre de Jeanne avec le Roi

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Un panonceau explique l'usage de la prochaine pièce, l'ancien Office.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Il s'agit encore d'une superbe salle voûtée (Photo Thomas Boivin).

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    On y trouve également une table numérique qui montre la bataille d'Orléans, le sacre du Roi et les revers de Jeanne (Photo Agence Clémence Farrel).

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Toute la bataille d'Orléans y est expliquée par le menu.

    Avant l'arrivée de Jeanne d'Arc, Orléans est au bord de la reddition, la ville n'a plus de ressources et est épuisée. C'est le demi-frère de Charles d'Orléans (celui-ci ayant été fait prisonnier par les anglais), Jean Dunois, un enfant bâtard, qui défend la ville avec courage. Tandis que les chefs de guerre français hésitent et tergiversent, Jeanne rentre secrètement dans la ville pour y rencontrer Dunois. Elle le somme de faire une sortie, mais la dernière a été trop catastrophique et le bâtard d'Orléans préfère attendre les renforts. Jeanne prend les choses en main, deux bastides anglaises se tiennent dans la région, il faut les attaquer ! Elle charge elle-même la bastide des Augustins, la garnison la suit et c'est un succès. Le soir au conseil de guerre, Dunois et ses hommes veulent en rester là, mais Jeanne refuse. Elle ameute la population qui se prépare toute la nuit. Le lendemain, l'assaut est donné, la forteresse est redoutable, les pertes sont élevées, Jeanne est touchée par un carreau d'arbalète au dessus du sein. La blessure est superficielle, elle retourne galvaniser ses troupes. Les Anglais paniquent, ils se jettent dans la Loire, le 8 mai 1429, Orléans est sauvée. C'est un miracle ! Pour Jeanne, la prise d'Orléans prouve le caractère divin de sa mission, la foule lui prête même des pouvoirs de guérison.

    Pour les Anglais, humiliés, la Pucelle est envoyée par le diable...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Les quatre-vingts marches de l'escalier à vis du Cardinal d'Estouteville se superposent pour former une colonne centrale d'une extrême élégance.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Elles mènent jusqu'au dernier niveau du palais : le Grand Comble, aménagé au 18ème siècle lors de la restauration de la Salle des Etats et qui possède une belle charpente.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Par les fenêtres on peut apercevoir la Cathédrale voisine. Le crachin normand est de sortie aujourd'hui...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    J'ai eu bien du mal à identifier cette statue qui se trouve être la Vierge dorée de Nicolas Quesnel (exécutée en 1541), et qui domine le faîtage en plomb de la Chapelle de la Vierge à l'arrière de la Cathédrale.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Curieuse Vierge très masculine avec presque du poil au menton ! En même temps, sur le net on le dit peintre : peut-être excellait-il dans cet art après tout et moins dans la sculpture...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Trève de plaisanterie, revenons à nos moutons : quand il s'agit de Jeanne d'Arc ce n'est pas compliqué ! Hi hi hi...

    C'est dans cette salle que nous est contée l'histoire du Procès en réhabilitation de Jeanne d'Arc. Pour ce faire, Jean Juvénal des Ursins interviewe vingt-cinq ans après les trois hommes qui ont condamné Jeanne. Ils avouent tous avoir été dans l'impossibilité d'assister à la mort de Jeanne d'Arc sur le bûcher...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Jeanne d'arc tient la croix de la paroisse Saint-Sauveur.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Embrasement du bûcher

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    La photo est mauvaise mais ce sont des épées et une dague qui datent du 14ème siècle...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Depuis la tour de guêt (Photo Thomas Boivin)

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    on jouit d'une vue sur le pignon crénelé de l'ancienne salle de Justice

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

     et sur l'église Saint-Maclou au bout de la rue Saint-Romain.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Nous arrivons maintenant dans une partie du musée plus classique : il s'agit de la Mythothèque (Photo Thomas Boivin). On y apprend comment, au fil des siècles, s'est construit le mythe de Jeanne d'Arc. Les angles d'approche sont multiples : les arts, la République, l'Eglise...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Y figue en bonne place une statue de Léon Cugnot (sculpteur français du 19ème siècle) représentant Jeanne d'Arc sur le bûcher.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    A l'autre extrémité de la pièce un mur est couvert d'affiches ayant trait à Jeanne d'Arc.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

     Y sont exposés aussi les reproductions des originaux des deux procès.

    Le Procès de condamnation (en date du 15 mai 1431)

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Cliquez sur la photo pour lire...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    et le Procès de réhabilitation (qui s'est tenu le 7 juillet 1456): le Roi Charles VII ayant été couronné à Reims voulait asseoir sa légitimité sur des bases solides. 

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Cliquez sur la photo pour lire...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    On peut aussi voir dans cette pièce différents documents se rapportant à Jeanne telle cette partition de musique,

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    cette lithographie représentant la capture de Jeanne d'Arc par les Bourguignons,

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    ou encore ce livre sur la vie de la Pucelle.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Dans la dernière pièce de l'Historial, les visiteurs peuvent questionner des historiens de manière interactive...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    comme le font ces ados.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Dans le Cabinet des Curiosités

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Affiches, assiettes, petites statuettes... Jeanne a été, surtout depuis le 19ème siècle, un sujet d'inspiration pour tous les artistes.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    On y voit aussi comme des petits théâtres en 3D représentant différentes étapes de la vie de Jeanne.

    La tour où elle a été emprisonnée

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Emmenée vers le lieu de son supplice à travers Rouen

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    La place du Vieux-Marché et le bûcher

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Le pont de pierre où ont été jetées ses cendres

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    A la sortie de l'Historial, une Jeanne d'Arc par Alphonse-Eugène Guilloux (20ème siècle)

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Une petite vidéo sur l'Historial pour terminer

    Et pour qui a envie d'en savoir un peu plus sur l'histoire de Jeanne d'Arc, voici un téléfim d'Arte

    Une très belle réalisation qui donne une raison de plus d'aller visiter la capitale normande...


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