•   Je vous l'ai déjà dit : le mardi chez Gaumont les places sont à 3.90 euros en vente flash. Bien sûr, le choix des films est limité mais il y a tellement de cinémas sur Paris que je trouve toujours un film à mon goût !

     En allant voir ce film, j'ai découvert un acteur : Pierre Rochefort, le fils de... Jean.

     Un beau gars, sans conteste, qui joue à merveille un rôle que sa mère a écrit pour lui peut-être ? Sa mère, c'est Nicole Garcia et ce film est son septième long métrage en temps que réalisatrice.

     L'histoire est toute simple : Baptiste est instituteur dans le sud de la France et son truc à lui, c'est de rester vacataire. Il n'occupe jamais un poste plus d'un trimestre malgré la demande de son directeur : un refus de se poser trop longtemps pour fuir un passé qui le dérange (on l'apprendra plus tard). Un soir, il se voit obligé de prendre en charge l'un de ses élèves, Mathias, que son père, trop occupé par l'une de ses dernières conquêtes, a oublié d'aller chercher à l'école. Baptiste propose de garder l'enfant avec lui le temps du week-end. Il fait beau et Mathias a envie d'aller à la plage mais, pas n'importe quelle plage : celle où sa mère, Sandra, fait des saisons dans un petit restaurant de bord de mer.

    Ils se ressemblent un peu, Baptiste et Sandra, tous les deux "entre parenthèses"... C'est peut-être pour cela qu'ils se rapprochent pendant ce dimanche, même si leurs origines sociales sont aux antipodes.

     C'est ce que dévoile la deuxième partie du film : Baptiste, pour aider Sandra qui doit fuir ses créanciers (une histoire pas très claire...), l'emmène dans sa famille, un monde où l'on se vouvoie et où l'on joue au tennis... C'est surtout un monde que Baptiste a fui depuis longtemps au point de devenir SDF après avoir été interné en asile psychiâtrique sur décision du cercle de famille...

     Une histoire toute simple mais brillament mise en scène par Nicole Garcia et très bien interprétée par Louise Bourgoin (Sandra), Pierre Rochefort (Baptiste) et Dominique Sanda (dans le rôle d'une mère aimante mais qui a honte de son fils...).

    J'ai bien aimé.


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  •   C'est la dernière réplique de l'excellent film que Guillaume Gallienne a tourné après avoir joué sa pièce de 2008 à 2010 au Théâtre de l'Ouest Parisien , pièce autobiographique qui a rencontré un grand succès auprès du public.

     Le site Critikat résume bien le film : Guillaume Gallienne y relate sa jeunesse dans le milieu de la grande bourgeoisie qui l’a vu naître, et au sein duquel, par le biais d’une affinité ambiguë avec sa mère, son identité de genre s’est trouvée bouleversée, secouée par la certitude d’être une femme, puis par l’impression – incertaine – d’être homosexuel.

     Nous sommes allés voir le film au Gaumont du nouveau Centre Beaugrenelle. Le plus grand magasin d'Europe de la chaîne emblématique anglaise Marks and Spencer y occupe 4600 m² sur trois étages (alimentation, homme, femme, enfant : tout y passe !).

       Marks-and-Spencer.jpg

     Une passerelle relie les deux pôles : Magnetic et Panoramic. L'architecture de verre s'ouvre sur une toiture végétalisée.

       La-toiture-vegetalisee.jpg

     Le hall du Gaumont a un très beau design.

       Le-hall-du-Gaumont-copie-1.jpg

     Après être passé devant un "mur écran" toujours animé, on emprunte le grand escalator qui conduit aux 10 salles souterraines dotées du plus grand confort technologique.

       Le-mur-ecran.jpg

       L-escalator.jpg

     Les fauteuils sont très confortables, laissant une large place aux jambes (ça, c'est le point positif pour Philippe...) et... on peut, tout comme aux Champs Elysées, réserver sa place ! Bon : ça, c'est le principe ; maintenant, pour que ce soit vraiment efficace, il faudrait des ouvreuses comme dans les théâtres...

       les-salles-de-cinema.jpg

     Moi, j'ai bien aimé le film ; Philippe, non. Dommage...



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  • Après quelques semaines de sommeil..., le blog reprend du service !

    Ce soir je suis allée voir un documentaire au Mémorial de la Shoah situé dans le quartier du Marais au métro Pont-Marie dans le 4ème arrondissement. Il s'intitule "Au nom de la race et de la science (Stasbourg 1941-1944)" et a été réalisé par Sonia Rolley en collaboration avec Axel et Tancrède Ramonnet, documentaristes. Le film était suivi d'un débat auquel participait l'un des réalisateurs du film ainsi que deux historiens, Yves Ternon et Johann Chapoutot.

     Sonia Rolley, journaliste

     Sonia-Rolley.jpg

     Axel Ramonnet, documentariste

     Axel-Ramonnet.jpg

     Yves Ternon

     Yves-Ternon-historien.JPG

     Johann Chapoutot

     Yohann-Chapoutot.JPG

     L'histoire est absolument ahurissante.

     A la libération, en novembre 1944, les alliés (un groupe de français) découvrent dans les sous-sols du département d'anatomie de la faculté de Strasbourg 86 corps horriblement mutilés de juifs ayant été gazés au camp de Natzweiler-Struthof, près de Stasbourg. Il faut préciser que Strasbourg avait été annexée par l'Allemagne depuis quatre ans tandis que l'Université française s'était, elle, repliée à Clermont-Ferrand.

     Inauguration de la Reich Université de Strasbourg le 23 novembre 1941 par Hitler

     Inauguration-de-l-Universite-de-Stasbourg.JPG

     La présence de cadavres dans un Institut d'anatomie est normale : ce qui ne l'est pas c'est l'état de maltraitance dans lequel ces cadavres ont été retrouvés.

     Ce documentaire lève le voile sur un crime idéologique odieux perpétré par les SS (Auguste Hirt, médecin anatomiste réputé du Reich en est l'instigateur) au nom de l'idéal National Socialiste. Le but de cette tuerie : contituer une collection de squelettes de juifs pour en conserver une trace au nom de la science après l'extermination programmée de tous ses individus de par le monde.

     Pas d'images choc dans ce documentaire (les corps mutilés ne sont montrés que par de très rapides flashs) mais beaucoup d'images d'archives et de très intéressants commentaires.

     Si vous voulez en savoir plus, voici le film diffusé sur Youtube : il dure un peu moins d'une heure.

    Le film était suivi d'un débat très intéressant que je ne retranscrirai pas ici mais... j'avais oublié mon bic !
    On y entend tout de même que sur l'échelle des races (le fondement du nazisme étant justement l'existence de races dont certaines sont supérieures à d'autres, "l'ennemi bactériologique" étant la race juive), la race juive est représentée tout à fait à part, comme s'il ne s'agissait même pas de personnes humaines !

    Cette image est tirée du film.

    Echelle-des-races.JPG

     Une personne du public a fait remarquer que dans les dictionnaires actuels le mot race était encore inscrit mais je crois qu'elle se trompe.

     Le Larousse en donne cette définition : 
    Catégorie de classement de l'espèce humaine selon des critères morphologiques ou culturels, sans aucune base scientifique et dont l'emploi est au fondement des divers racismes et de leurs pratiques. (Face à la diversité humaine, une classification sur les critères les plus immédiatement apparents [couleur de la peau surtout] a été mise en place et a prévalu tout au long du XIXe siècle. Les progrès de la génétique conduisent aujourd'hui à rejeter toute tentative de classification raciale chez les êtres humains.)

     Tenons-nous en là !


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  •   Toujours dans le cadre du tricentenaire de la naissance de Diderot, l'Université du même nom proposait hier la projection du film de Robert Bresson "Les dames du bois de Boulogne". La séance était présentée par deux spécialistes du XVIIIème siècle, Pierre Chartier et Yannick Séité.

     
    22 - Les dames du bois de Boulogne - Bresson

    Le film dont les dialogues ont été écrits pas Jean Cocteau est inspiré de l'épisode le plus long et le plus fameux du livre de Diderot "Jacques le fataliste et son maître". L'adaptation de Bresson choisit de "moderniser" le récit en lui donnant pour cadre le Paris contemporain (le film a été tourné pendant la grand guerre : automobiles, téléphones, ascenseurs, costumes, cabarets), ce qui à la fois souligne la modernité de Diderot et l'intemporalité des questions soulevées par le récit.

    L"histoire

      Un soir, Hélène apprend de son ami Jacques que son amant Jean ne l'aime plus. Blessée, elle décide de rompre la première et feint alors de ne plus l'aimer pour voir sa réaction. Elle comprend aussitôt avec horreur qu'il est soulagé par cette révélation mensongère. Ils se séparent, mais Hélène décide de se venger. Agnès, la fille de Madame D., est danseuse de cabaret depuis la faillite de sa mère. Hélène paie leurs dettes, installe mère et fille dans un appartement de Port-Royal et organise la rencontre de Jean et d’Agnès au Bois de Boulogne. Jean s'éprend d'Agnès. Celle-ci repousse d'abord ses avances, puis tente de lui avouer son passé mais sans succès, car Hélène continue de tirer les ficelles...

     Maria Casarès joue le rôle d'Hélène tandis que celui de Jean est tenu par Paul Bernard. C'est l'époque des bibis, des manchons et des petits chiens qui vont avec... On les voit ici tous les deux au bois de Boulogne lors de la rencontre soit disant hasardeuse entre Jean et Agnès qu'Hélène a en réalité machiavéliquement imaginée et soigneusement organisée.

     22 - Hélène et Jean

     Elina Labourdette est Agnès : ici, elle voit Jean pour la première fois.

    22 - Agnès

     Le rôle de Madame D., la mère d'Agnès, est tenu par Lucienne Bogaert.

     22 - Agnès et sa mère

    Ce sont donc ces quatre personnages qui vont tenir la scène pendant presque tout le film, un film tourné en noir et blanc avec des éclairages superbes qui mettent en valeur la beauté sauvage d'une Maria Casarès morbide (elle est tout habillée de noir) et celle plus juvénile et innocente d'Elina Labourdette.

    Agnès se trouve mal après la cérémonie de son mariage avec Jean...

    Du grand art, non ?

    22 - Agnès et Jean

     Une petite vidéo pour vous donner envie d'acheter ou de louer le DVD...

     


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  • Pour continuer l'hommage à Denis Diderot dont elle célèbre cette année le tricentenaire de la naissance, l'Université du même nom offrait hier à ses afficionados la possibilité de visionner le film "Suzanne Simonin, la religieuse" qui avait été interdit lors de sa sortie en 1966 du fait du caractère subversif du scénario de Jacques Rivette.

    Les couvents du XVIIIème siècle y sont en effet dépeints au travers de la vie de l'une de ses soeurs, Soeur Suzanne, contrainte par ses parents (comme toutes les jeunes filles nées dans l'illégitimité) d'entrer en religion alors qu'elle n'en n'a pas vocation et, croyez-moi, on en voit de toutes les couleurs : de la Mère Supérieure tortionnaire, épouvantée par cette soeur qu'elle croit possédée par Satan, à la Mère Supérieure attirée par l'homosexualité (Jacques Rivette l'a vêtue d'une tenue on ne peut plus affriolante pour une religieuse...) en passant par le curé que l'envie de se défroquer démange furieusement !

    Une explication à cette interdiction : la proximité des élections qui conduit le gouvernement du Général de Gaulle à interdire, contre l'avis de la commission de contrôle chargée de délivrer le visa d'exploitation du film avant sa sortie en salle, un film qu'une partie de ses électeurs, la population catholique, conteste sans en avoir jamais vu le moindre extrait car "l'Affaire de la religieuse de Rivette" est d'abord une histoire sans images...

     Les milieus du cinéma se mobilisent rapidement avec à leur tête Jean-Luc Godard, ce jeune cinéaste de la Nouvelle Vague qui écrit à André Malraux, ministre de la Kultur..., une lettre dans laquelle il parle de la censure comme de la "Gestapo de l'esprit".

     A sa sortie au cours de l'été 1967, passées les élections..., le film est interdit aux moins de 18 ans et, de nos jours il n'y a plus aucune limitation d'âge. On se dit en effet que les jeunes de notre époque sont, à cet âge, bien plus éclairés sur la sexualité que ce que le peu d'images du film laisse à voir : tout est dans la suggestion en effet et le film est vraiment très beau et pur. Une musique en voix off évoque la vie à l'extérieur des murs de cette prison dans laquelle la jeune fille est destinée à vivre jusqu'à la fin de ses jours.

    Une nouvelle version de La religieuse de Diderot sort très bientôt sur les écrans. Il s'agit d'un film de Guillaume Nicloux avec Pauline Etienne dans le rôle de Soeur Suzanne, Louise Bourgoin dans celui de la Mère Supérieure du Couvent Sainte-Marie et Isabelle Huppert dans celui de la Mère Supérieure du Couvent de Saint-Eutrope.
    En voici la bande-annonce.

    Une anecdote personnelle : il s'agit du premier film que Philippe a passé en tant que projectionniste bénévole à Criel, le projectionniste en titre l'ayant réquisitionné pour porter les bobines du film qui, à l'époque, pesaient leur poids ! C'est donc ensemble que nous sommes allés à cette projection.

    Vous vous demandez peut-être pourquoi j'ai intitulé mon article "Ave Maria... Deo Gratias" ? C'est tout simplement le mode de communication utilisé dans les couvents au XVIIIème siècle : la personne qui frappait à la porte de la cellule d'une soeur s'annonçait par un "Ave Maria" et la soeur répondait par un "Deo Gratias"...

     Heureusement que je ne suis pas née, ni de père inconnu ni au XVIIIème siècle car je pense que j'aurais fort mal vécu la chose... Pas vous ?


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