• En ce moment, c'est la semaine des cinémas étrangers à Paris. Le sport y est mis à l'honneur en lien avec l'Euro 2016 qui se tiendra en France en juin et juillet. C'est dans ce cadre que le Centre Wallonie-Bruxelles présentait hier soir en avant-première un premier long métrage de Guillaume Senez, jeune réalisateur belge.

    Synopsis

    Maxime et Mélanie s’aiment. Ensemble, ils explorent, avec amour et maladresse, leur sexualité. Un jour, Mélanie apprend qu’elle est enceinte. Maxime accepte mal la nouvelle mais peu à peu se conforte dans l’idée de devenir père. Il convainc alors Mélanie de garder l’enfant. C’est maintenant décidé, du haut de leurs 15 ans, Maxime et Mélanie vont devenir parents…

    ◘◘◘◘◘

    Le film se passe sur fond de stade de foot : Guillaume Senez a été entraîneur d'un club de jeunes avant de se lancer dans le cinéma suite à ses études à l'INRACI de Bruxelles.

    Quand le film a été tourné (fin 2014), les deux jeunes acteurs avaient à peu de chose près l'âge de leur rôle et pourtant, l'un comme l'autre ont déjà un long passé dans le monde du spectacle.

    Kacey Mottet Klein est né à Lausanne en 1998. Repéré lors d'un casting alors qu'il n'a que 10 ans, il a déjà tourné avec Isabelle Hupert, Léa Seydoux, Mathilde Seignier et Sandrine Kiberlain et avec des réalisateurs comme André Téchiné ou Patrice Leconte.

    Quant à Galatéa Belluggi, elle est née à Paris d'un père italien et d'une mère danoise. Elle fait ses premiers pas sur les planches du Théâtre du Soleil à 6 ans avec Ariane Mnouchkine et commence à la même époque à tourner au cinéma (elle a déjà tourné avec Tahar Rahim et Emmanuelle Seigner...).

    Kacey Mottet Klein et Galatéa Belluggi

    L'originalité du film de Guillaume Senez, c'est de faire appel à l'improvisation, exercice auquel il a habitué ses acteurs dans ses court-métrages précédents et auquel les acteurs de Keeper ont tous adhéré.

    Catherine Salée (qui joue la mère de Maxime, récemment divorcée) parle ici de son expérience d'improvisation sur le tournage du film. Son rôle auprès du jeune couple est très important car c'est chez elle que les jeunes habiteront pendant toute la grossesse de Mélanie à laquelle elle apportera son soutien.

    Les deux autres acteurs du film sont Sam Louwyck dans le rôle du père de Maxime (et qui l'entraîne au foot) et Laëtitia Dosch qui joue, elle, le rôle de la mère de Mélanie, une mère ayant elle-même eu sa fille très jeune et dans de mauvaises conditions - ce qui explique son refus de voir sa fille suivre le même chemin qu'elle.

    L'autre côté intéressant, c'est qu'au lieu de voir les choses du côté de la jeune-fille enceinte (future fille-mère le cas échéant...), le réalisateur prend le parti de les voir du côté du jeune-homme qui a un projet professionnel très ambitieux (il veut devenir footballeur professionnel) et qui, avec l'idéal de la jeunesse, pense pouvoir l'assumer en même temps que sa vie de couple avec un bébé... Par ailleurs, on sent très bien dans le film qu'il n'est que le spectateur du déroulé d'une grossesse qui reste l'entière possession de son amie : de même qu'au foot le gardien de but ne peut qu'influencer le match, ici Maxime ne peut qu'influencer Mélanie qui sera, au final, seule juge de ce qu'elle décidera de faire.

    Keeper en anglais, ça veut dire gardien de but...

    Plusieurs scénarios pouvaient être envisagés pour clôturer ce film qui dure le temps d'une grossesse et qui donne beaucoup à réfléchir : Guillaume Senez ne choisit pas le plus facile...

    J'ai beaucoup aimé ce film qui traite du thème délicat de la parentalité des adolescents avec beaucoup de sensibilité. J'ai aussi découvert avec plaisir un metteur en scène que je ne connaissais pas.

    L'équipe du film au Festival de Locarno où il a remporté le Label Europa Cinemas.

    Le film sort le 23 mars dans les salles obscures...


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  • J'ai vu hier un très beau film porteur de plusieurs messages : "Loin du paradis". Sorti en 2002, il retrace le quotidien d'un couple d'américains modèle des années 1950, Cathy et Franck Whitaker.

    Tout est parfait chez les Whitaker, la maison, le jardin, les robes de Madame (assorties aux couleurs de l'automne que le réalisateur a filmées), le costume de Monsieur, l'éducation des enfants : bref, une famille que toute l'Amérique admire et envie...

    au point de faire la Une de la gazette locale.

    Sauf qu'un jour, Cathy Whitaker découvre que son mari a une liaison... avec un homme !

    En bonne épouse, elle encaisse le coup (cachant tant bien que mal sa détresse à ses amies) et décide son mari à "consulter" : en effet, à cette époque cette "déviance" était considérée comme une maladie. Franck se soumet d'ailleurs à cette thérapie avec beaucoup de courage (du moins essaie-t-il...).

    Parallèlement à ceci, le film parle d'un autre mal qui ronge l'humanité depuis toujours : le racisme. Celui-ci est particulièrement développé dans l'Amérique de cette époque où blancs et noirs cohabitent...

    C'est, Raymond, son jardinier noir, qui réconfortera Cathy, en tout bien tout honneur, le jour où elle craque suite à une dispute avec son mari...

    "Loin du Paradis" aux Fauvettes

    Et quand elle le rencontre lors d'une exposition de peinture à laquelle elle s'est rendue, elle est tout d'abord surprise de le découvrir dans un tel lieu fréquenté par la bourgeoisie blanche locale mais elle va cependant lui serrer la main et parler avec lui, au grand dam de toutes ses amies.

    L'église en prend un coup aussi quand, Cathy s'étant confessée au prêtre de la paroisse, celui-ci la chasse ultérieurement d'une vente de charité...

    Un film très peaufiné et très bien interprété par Julianne Moore dans le rôle de Cathy, Dennis Quaid dans celui de Franck, et Dennis Haysbert dans le rôle du jardinier.

    Le film se joue actuellement au cinéma Les Fauvettes dans une version restaurée...


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  • Hier soir nous sommes allés à l'Alliance Française assister à la projection d'un "film sans image"...

    Oui oui : je dis bien SANS IMAGE !

    J'avais été attirée par un mail me proposant d'assister à une projection sur l'histoire de Louis Braille et, comme vous ne le savez peut-être pas..., Louis Braille pour moi cela représente vraiment quelque chose.

    Non pas que je sois mal voyante, non non grâce à Dieu je n'ai pas eu à souffrir de cécité, mais j'ai été confrontée dans ma vie d'enseignante à ce handicap au travers d'un de mes petits élèves de Grande Section : un petit Louis également... et cela m'a marquée pour la vie.

    Je prête donc toujours une oreille attentive à tout ce qui touche à ce domaine.

    Nous avons été accueillis à l'entrée du théâtre par Anne-Marie David qui a réalisé le scénario du film en collaboration avec Jean Musy qui en a assuré la musique et a prêté sa voix de narrateur.

    Mon cinéma sans image...

    Anne-Marie a distribué aux spectateurs qui le désiraient un masque fabriqué par sa maman (celle-ci a ainsi cousu quelques 400 masques...) et nous avons pris place dans les fauteuils rouges, prêts à entrer, plongés dans le noir, dans l'histoire de Louis Braille.

    Sur la scène du théâtre, des enceintes sophistiquées diffusent un son parfait.

    Mon cinéma sans image...

    Louis Braille est né en 1809 à Coupvray en Seine et Marne (à une quarantaine de kilomètres à l'est de Paris), dans une famille où le père est bourrelier. Louis est très souvent dans l'atelier de son père et un jour, alors qu'il n'a que 3 ans, il se blesse gravement à l'oeil avec une serpette. Hélas, l'infection gagne le deuxième oeil et Louis devient aveugle. A la maison, son père lui confie l'exécution de petits travaux -notamment la confection de franges pour les harnais - ce qui contribuera à développer sa dextérité manuelle.

    Mon cinéma sans image...

    Contacté par l'Abbé Palluy, le curé du village, l'instituteur du village, Antoine Bécheret, accepte tout de suite de prendre Louis à l'école et découvre un enfant avide de savoir et très intelligent : Louis est même le premier de sa classe. Une seule chose l'attriste : ne pas pouvoir apprendre à lire comme ses camarades.

    A l'âge de 10 ans, ses parents (qui savaient tous les deux lire et écrire et qui étaient conscients de l'importance de l'instruction pour leur enfant - les aveugles à l'époque étant souvent contraints à la mendicité...) l'inscrivent à l'Institution Royale des Jeunes Aveugles à Paris où il devient pensionnaire. Il s'agit d'une école fondée par Valentin Haüy. L'enfant à la santé fragile va se ressentir tragiquement des conditions de vie difficiles dans les bâtiments vétustes et humides de l'établissement (la tuberculose l'emportera d'ailleurs).

    Louis Braille est particulièrement doué pour les Sciences même s'il remporte moult prix dans tous les domaines, y compris la musique (il deviendra pianiste et même organiste). Rapidement, on lui confie certaines responsabilités d'enseignement et en 1828 il reçoit le titre de "répétiteur" qui se transforme ultérieurement en celui de "professeur".

    Il fût un aussi bon professeur qu'il avait été un bon élève.

    Deux ans après l'arrivée de Louis Braille à l'Institution, un nouveau directeur est nommé à la tête de l'établissement : il s'agit du Docteur Pignier. Ce dernier invite en 1821 le capitaine Charles Barbier de La Serre à venir exposer à l'école son système d'écriture des sons (la sonographie) utilisé par l'armée pour permettre aux militaires de communiquer la nuit. Louis Braille est très intéressé par ce procédé et propose des améliorations à Charles Barbier qui les refuse... C'est donc seul - mais encouragé par le Docteur Pignier - que Louis Braille continue ses recherches qui aboutissent en 1829 à une première édition de sa méthode de lecture : l'alphabet Braille est né.

    Il s'agit d'un système d'écriture tactile à points saillants (formé par deux colonnes de 3 points) permettant aux aveugles d'écrire et de lire. Il permet également de transcrire la ponctuation et l'écriture des partitions de musique.

    Mon cinéma sans image...

    La vie des aveugles du monde entier en a été transformée !

    Louis Braille est mort à Paris des suite de sa tuberculose le 6 janvier 1852. Inhumé à Coupvray, ses cendres seront transférées au Panthéon en 1952.

    J'ai éprouvé beaucoup d'émotion à l'écoute de ce "film sans image", grâce à la voix extrêmement radiophonique de Jean Musy, aux bruitages fort à propos (on "voit" l'atelier du père de Louis comme si on y était ainsi que la vie dans la campagne de l'époque), et grâce à la musique composée pour l'occasion par le même Jean Musy.

    Un débat a suivi, animé par Anne-Marie David.

    Interrogée par cette dernière sur mes impressions, je lui ai dit que cette écoute m'avait touchée en me faisant me souvenir des bonnes soirées passées en famille du temps de ma jeunesse (quand nous n'avions pas encore la télévision) et que nous écoutions ma sœur et moi dans le lit de mes parents "Les Maîtres du mystère", l'émission hebdomadaire de Pierre Billard, qui nous faisait trembler par son réalisme...

    Vincent Michel, le Président de la Fédération des Aveugles de France, est aussi intervenu pour rappeler que les aveugles continuent d'être exclus de la société et de subir des discriminations, notamment à l'ère du numérique...

    Une réussite !


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  • C'est mardi : le jour du cinéma à 4,50 euros chez Gaumont !

    Avec mon amie Marie-France, souvent prête à aller traîner avec moi..., nous sommes allées voir "L'Hermine", une comédie dramatique de Christian Vincent sortie déjà depuis plusieurs semaines mais que nous ne voulions pas louper.

    L'Hermine

    Le film met en scène Fabrice Lucchini, mon chouchou..., dans le rôle d'un Président de Tribunal d'une ville de province (on sait qu'il s'agit de la province à cause de l'épitoge portant l'hermine que le Président du Tribunal porte lors des audiences, ce qui ne se fait pas dans la capitale).

    Un procès d'assises s'ouvre justement ce jour là : il s'agit d'un infanticide. Un bébé de sept mois a été retrouvé mort au domicile de ses parents, un jeune couple de milieu modeste. C'est le père qui est allé déclarer "l'accident" au commissariat. Il est maintenant sur le banc des accusés...

    L'Hermine

    Le film montre avec un grand respect d'authenticité le déroulé d'un procès d'assises (tant dans le prétoire que dans les coulisses) avec tout le cérémonial qui y est lié : il doit être très impressionnant de se trouver au banc des accusés...

    Les jurés se retrouvant pour aller déjeuner : de toutes origines et classes sociales

    L'Hermine

    Michel Racine, c'est ainsi qu'il se nomme, est décrit par ses collègues avocats comme un homme implacable : il est même appelé "le Président à deux chiffres" car avec lui on en prend toujours pour dix ans minimum...

    L'intérêt du film réside dans le fait que l'un des jurés se trouve être une ancienne connaissance du Président : elle se nomme Ditte (elle est jouée par Sidse Babett Knudsen) et comme son nom l'indique elle est d'origine danoise. Médecin, elle a soigné Michel Racine quelques années auparavant et celui-ci n'a pas été insensible à ses charmes... même si la belle étrangère n'a pas répondu à l'époque à ses courriers.

    L'Hermine

    Il faut dire que Ditte est une très jolie femme chez laquelle on sent beaucoup de douceur. le Président va-t-il renouer avec le passé... et s'humaniser un peu ?

    Sans doute

     

     Un très joli film servi par d'excellents acteurs.

    Fabrice Lucchini a obtenu un prix d'interprétation à la Mostra de Venise et Sidse Babett Knudsen a remporté l'Emmy Award de la meilleure actrice internationale en 2010 pour Borgen, une femme au pouvoir, la série diffusée sur Arte.


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  • La semaine dernière le cinéma l'Arlequin , rue de Rennes programmait un film islandais très original, HRUTAR (Béliers) de Grimur Hàkonarson. Ce film a remporté le Prix "Un certain regard" au dernier festival de Cannes.

    Réveillon de Noël avec Arlette

    Synopsis du film

    Gummi et Kiddi, deux frères sexagénaires, célibataires et... très barbus (!) ne s’adressent plus la parole  depuis une quarantaine d'années, bien qu’étant voisins. On ne saura jamais le motif de leur mésentente. Leur seul moyen de communication est le chien de Kiddi qu'ils affectionnent tous les deux et qui transporte leurs petits rouleaux de papier... Ils vivent de l’élevage de leurs moutons et de concours du "bélier le plus vigoureux" au milieu d'une nature sauvage qui donne des paysages à couper le souffle (densité de population : 3,2 habitants au km²).

    La catastrophe arrive quand Gummi, jaloux du premier prix obtenu par son frère, se rend compte que son bélier est atteint d'une maladie atteignant le système nerveux central et surtout très contagieuse, la tremblante du mouton. Les autorités sanitaires se réunissent alors et décident que tout le cheptel de la vallée sera exterminé.

    Les éleveurs se soumettent tous à cette mesure de protection très sévère (accompagnée de l'interdiction de recommencer un élevage avant deux ans) sauf les deux frères : tandis que Kiddi est emmené de force par les autorités sanitaires pendant qu'on extermine tout son troupeau, son frère Gummi sacrifie lui-même le sien en prenant soin de garder son mâle reproducteur (qui a obtenu un second prix au concours) ainsi que quelques brebis qu'il cache dans sa cave.

    Les services vétérinaires ne se préoccupent pas de l'impact psychologique de la catastrophe sur les deux hommes âgés et sans famille qui ne vivent que pour leur élevage (ils appellent leurs moutons par leurs prénoms et leur parlent avec affection). Tandis que Gummi se retranche chez lui, Kiddi lui, devient alcoolique au risque de sa vie (on le retrouve plus d'une fois ivre mort dans la neige...).

    Gummi est joué par Sigurður Sigurjónsson (à droite) et Kiddi par Theodór Júlíusson (à gauche). Ce sont les seuls acteurs du film en tant que fermiers. Dans la pure tradition du pays, ils portent tous deux de superbes pulls en jacquard...

    Réveillon de Noël avec Arlette

    La fin du film est surprenante : elle survient dans une tempête de neige et de blizzard comme en connait sans doute chaque hiver ce pays au climat hostile.

    Nous avons remarqué en regardant le générique de fin que les islandais ont tous des noms à rallonge se terminant fréquemment par "son" ou "dottir". Le système islandais n'utilise en effet pas de nom de famille : le nom d'une personne est donné par le prénom de son père (ou dans quelques cas celui de sa mère) auquel est ajoutée la terminaison "son" qui signifie "fils de".

    Ainsi, pour un homme nommé Jón Einarsson qui a un fils prénommé Ólafur, le dernier nom de Ólafur ne sera pas Einarsson comme son père mais Jónsson, indiquant littéralement qu'il est le fils (son) de Jón. Le même usage s'applique aux filles. Sigríður, la fille de Jón n'aura pas Einarsson comme dernier nom mais Jónsdóttir. Le nom signifiant littéralement fille (dóttir) de Jón.

    Bonjour la généalogie n'est-ce pas Philippe !


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