• Cet après-midi nous sommes allés aux Fauvettes, notre cinéma de prédilection, situé avenue des Gobelins. Une amie m'avait conseillé d'aller voir Django (un épisode de la vie du célèbre musicien de jazz manouche).

    Un film est agréable à voir mais sans plus, mise à part évidemment la superbe musique qui l'accompagne.

    Django aux Fauvettes

    L'action se passe sous l'occupation en 1943, au moment où Django Reinhardt est au faîte de sa gloire à Paris. Pour fuir les allemands qui l'ont invité à venir jouer à Berlin mais également mis en garde par sa maîtresse, Louise, sur le sort des tziganes dans l'Allemagne nazie, il se réfugie avec sa femme, Naguine, et sa mère, Negros, à Thonon-les-Bains où il retrouve une partie de sa famille, des tziganes vivant en roulotte.

    Seul son talent lui vaudra d’échapper aux persécutions s’abattant sur sa communauté, à laquelle il rendra hommage avec un Requiem pour mes frères Tziganes joué après la guerre et dont la partition est à présent perdue.

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    Etienne Comar, le réalisateur, a choisi Reda Kateb pour endosser le personnage et il fait une belle prestation. Il a dû apprendre à jouer de la guitare pendant un an avant de pouvoir tourner les scènes musicales et il a aussi appris à donner la réplique dans le langage des sinté, les gitans d'Europe de l'Ouest. Cécile de France lui donne la réplique : elle joue le rôle (imaginaire) d'une des nombreuses maîtresses qu'il a eues : avec une telle musique, il devait être difficile de ne pas tomber sous le charme de ce beau brun...

    Mais le rôle que j'ai préféré est celui tenu par Bim Bam Merstein, de la communauté des gens du voyage de Forbach, qui (à 87 ans) joue la mère de l'artiste, Negros.

    La voici avec les autres artistes ayant endossé les rôles des compagnons de jazz de Django.

    Django aux Fauvettes

    La bande-annonce


    Ma foi nous avons passé un bon moment !


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  • Hier je suis allée voir un film

    Hier je suis allée en compagnie d'Arlette voir un film en avant-première au Centre Wallonie-Bruxelles dans le quartier de Beaubourg. Son metteur en scène, Stephan Streker, retenu à Bruxelles avait dépêché la représentante de Jour2fête, son distributeur en France, ainsi que le producteur du film, Mickaël Goldberg, pour le représenter. Sébastien Houbani, le principal acteur masculin était venu lui aussi parler de son rôle dans le film.

    Le film, Noces, sélectionné en compétition au 9ème Festival du film francophone d'Angoulême, lui a valu une récompense prestigieuse : le "Valois du meilleur acteur". Pour ce film ou il interprète un jeune pakistanais, l'acteur a appris la langue Ourdou, langue officielle du Pakistan : dans ces familles immigrées bilingues, les conversations se font souvent en changeant de langue d'une phrase à l'autre, la langue d'origine étant, d'après moi, utilisée plutôt dans un contexte émotionnel intense.

    Hollywood a ses Oscars, Paris a ses César, Angoulême, elle, a ses Valois. Représentant des pellicules de film en laiton doré à l'or fin, ils sont l'oeuvre de Sophie Reulet, artiste peintre.

    L'action se passe en Belgique au sein d'une famille pakistanaise aimante et bien intégrée : le père est épicier et fait ainsi vivre sa famille composée de sa femme et de leurs quatre enfants.

    C'est un acteur iranien (Babak Karimi) qui tient le rôle.

    Zahira, leur deuxième fille, est enceinte d'un jeune pakistanais. Si l'annonce de sa grossesse choque sa famille et en particulier sa mère, le problème semble pouvoir être résolu grâce aux moyens modernes dont l'Europe dispose.

    Confrontation entre Zahira et sa mère (jouée par Neena Kulkarni, une actrice indienne)

    La plus grande difficulté est ailleurs : leur fille leur annonce qu'elle refuse d'épouser l'un des trois jeunes pakistanais qu'ils ont choisi pour elle, selon la tradition musulmane de ce pays, ce qui sauverait les apparences.

    Le frère de Zahira, Amir, lui est très attaché, c'est un peu son confident... Cependant, même s'il la comprend, il tente de convaincre la jeune-fille d'accepter ce mariage pour ne pas que leurs parents soient déshonorés.

    Mais Zahira résiste !

    Même si la jeune fille aime ses parents et sa famille, elle ne veut pas épouser un autre homme que celui dont elle tombera amoureuse.

    Un drame très émouvant et brillamment interprété par Sébastien Houbani et Lina El Arabi qui a reçu un "Valois de la meilleure actrice" pour son interprétation dans le film.

    Le film, librement inspiré de faits divers réels, sortira en salles le 22 février prochain.

    Je vous le conseille vivement.

    PS : Ce film m'a fait penser à un autre film, allemand celui-là "L'étrangère" que j'avais vu il y a quelques temps et dont le synopsis était le suivant (Jean-Luc Douin - Le Monde).

    Umay, l'héroïne de L'Etrangère, quitte un mari violent, fuit Istanbul avec son gamin et vient rejoindre sa famille à Berlin. L'accueil n'y est pas ce qu'elle espérait. Père autoritaire, mère confite dans les traditions, frère violent, sœur inquiète de voir son propre mariage compromis par son comportement : tous la sermonnent, l'adjurent de retourner dans son foyer conjugal, la répudient, la traitent de putain, tentent de kidnapper son fils afin de le ramener à son père… Umay doit fuir à nouveau, persécutée par des proches qui craignent les commérages et le déshonneur.

    J'avais également beaucoup apprécié ce film, également tiré d'un triste fait divers.

     


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  • Etes-vous déjà allés voir "Sully", le dernier Clint Eastwood ?

    Si non, il faut absolument y aller : c'est un film extrêmement bien fait qui relate l'amerrissage forcé de l'Airbus A320 du vol 1549 de l'US Airways sur l'Hudson à New-York le 15 janvier 2009, à la suite du choc avec un vol d'oies sauvages quelques minutes après le décollage ayant entraîné la perte des deux moteurs.

    Mais c'est surtout le "procès" qui a été fait au pilote, Chestley Sullenberger dit "Sully", confronté à une enquête poussée du NTSB, le Conseil national de la sécurité des transports américain, malgré son geste héroïque, qui fait l'intérêt du film.

    Chestley Sullenberger en 2009

    sully

     

    C'est Tom Hanks qui joue le rôle du pilote de l'Airbus : on a bien du mal à le reconnaître !

    sully

     

    Il faut dire que c'est une histoire qui se joue en moins de quatre minutes et que Clint Eastwood en fait un film passionnant d'une heure trente, sans aucune longueur.

    Sully (Tom Hanks) et son copilote Jeff Skyles (joué par Aaron Eckhart) lors de l'enquête

    sully

     

    La bande-annonce

     

    A voir avant que le film quitte les écrans...


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  •  Du cinéma ce mercredi et du très bon cinéma : un film d'animation de Sébastien Laudenbach tiré d'un conte de Grimm peu connu et extrêmement cruel, "la jeune fille sans mains".

    Jeunes enfants s'abstenir !

    L’histoire se déroule au Moyen-Age. Un meunier acculé par la faillite vend sa fille au Diable, en échange de la richesse. Le Diable transforme l’eau de la rivière en or liquide sous les ailes du moulin. Mais le Diable n’accepte que la souillure. Protégée par sa pureté, la jeune fille lui échappe. Ses larmes nettoient ses mains mais son père obéira au Diable et tranchera les mains de sa fille à la hache… Cheminant loin de sa famille, elle rencontre la déesse de l’eau, un doux jardinier et le prince en son château. Commence un long périple vers la lumière, semé de multiples embûches et de cruelles méprises…

    Le graphisme du dessin animé est très original : en fait on se croirait dans l'atelier d'un peintre (on pense à Matisse ou à Dufy ou encore à la calligraphie japonaise). Il s'agit de tâches de couleur et de traits dessinés au pinceau, laissant au spectateur le choix de combler les vides volontaires de l'auteur.

    J'ai beaucoup aimé.


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  • Le cinéma à 4.50 euros le mardi chez Gaumont, c'est avec la carte bleue ! et j'en profite souvent.

    Cette fois-ci, je suis allée visionner un vrai chef-d'oeuvre : la vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minnelli. Le film date de 1956 mais c'est dans une version restaurée que je le découvre au Fauvettes, seule ou presque (nous étions quatre dans une salle de 94 places...).

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    Un petit rappel de la vie du peintre...

    Vincent Van Gogh est issu d'une famille bourgeoise néerlandaise au sein de laquelle le père est Pasteur. C'est sans doute d'ailleurs influencé par ce dernier que Vincent, après un échec dans le monde de l'art en tant que marchand, s'engage à 25 ans dans une congrégation religieuse afin d'aider les plus démunis. Il est rapidement mis à l'épreuve quand il est envoyé en Belgique dans le Borinage, une région extrêmement misérable où hommes, femmes et enfants travaillent à la mine. Prêchant la bonne parole mais loin des préoccupations de ses ouailles, il comprend vite qu'il lui faut partager leur quotidien misérable pour les conquérir. C'est ainsi qu'il descend dans la mine, se dépouille de son mobilier au profit des pauvres et se prive de nourriture, ce qui fatalement lui fait perdre la santé.

    Usine de coke au Borinage - 1880

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    Mineurs dans la neige - 1880

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    Femmes de mineurs portant du charbon - 1882

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    C'est son frère Théo, le soutient de toujours, qui va le ramener aux Pays-Bas où il va se consacrer à ses deux passions : le dessin et la peinture.

    Durant cette période, Vincent réalise de nombreux portraits de paysans de la région. A travers ses dessins, il étudie l’expression des visages et le corps humain. Cette série d’études lui permet de réaliser sa première œuvre majeure les mangeurs de pomme de terre (1888).

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    Pour peindre les gens, Van Gogh n'hésite pas à braver les intempéries parfois, pour être au plus près de son sujet.

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    Paysanne bêchant - 1885

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    De retour dans la maison familiale, Vincent tombe amoureux de sa cousine Kee qui est veuve - il lui exprime le désir de fonder un foyer - mais celle-ci l'éconduit. Il rencontre ensuite une jeune blanchisseuse, Sien, qui se prostitue parfois : elle sera son modèle mais aussi sa compagne.

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    Ils vont vivre ensemble un certain temps (avec le bébé de Sien) jusqu'à ce que celle-ci décide de mettre fin à leur vie commune, Vincent dépensant tout l'argent du ménage en peinture...

    Sien Hoornik - 1882 

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

     Après avoir goûté à la couleur à La Haye et connu à Paris où il habite chez son frère Théo d'autres artistes peintres comme Seurat, Degas, Pissaro, Guillaumin, Toulouse-Lautrec...,

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    il décide de partir en Provence : c'est à Arles qu'il élit domicile.

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    Cerisiers en fleurs - 1888

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    Enthousiasmé par la lumière du midi, il fait rapidement venir son ami Paul Gauguin et les deux amis se donnent alors entièrement à la peinture.

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    Van Gogh peint par tous les temps et même la nuit...

    Dans le film, les toiles sont saisies par la caméra, souvent en gros plan, avant ou après la scène réelle qu'ils représentent.

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    Nuit étoilée au dessus du Rhône - 1888 

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    Mais leurs vues divergent et au cours d'une querelle particulièrement houleuse, à la sortie de ce café, Van Gogh se tranche l'oreille droite...

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    On le retrouvera en sang sur son lit.

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    C'est le début d'une grave maladie : conscient de son état, il demande à être interné. Depuis sa chambre à l'asile du monastère Saint-Paul de Mausole, il peint un deuxième tableau de nuit étoilée (1889).

    La vie passionnée de Vincent Van Gogh par Vincente Minelli

    Puis il quitte la Provence pour aller vivre à Auvers-sur-Oise chez le Dr Gachet.

    Alors qu'il peint le "champ de blé aux corbeaux", il continue à se sentir seul et se suicide.

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    Le film s'articule en trois grandes parties : l'échec pastoral et sentimental en Hollande puis les années de formation à La Haye et à Paris et enfin la révélation du midi avec le séjour de Gauguin à Arles et le suicide.

    Le film frappe par son authenticité et son souci de réalisme. Nul tableau n'est montré dans la première partie. Van Gogh dessine seulement parfois. Puis, petit à petit, le spectateur est invité à entrer dans la peinture à l'aide de tableaux authentiques loués par le cinéaste aux plus grands musées du monde.

    Allez, une petite bande annonce en prime ! Désolée pour la VO...

    J'ai beaucoup aimé le film et l'interprétation de Kirk Douglas. J'avais cantonné, sûrement à tort, cet acteur dans des films d'action et me suis aperçue qu'il pouvait jouer tout autre chose avec beaucoup de justesse ! Quant à Anthony Quinn, c'est un Paul Gauguin plus vrai que nature...


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