• J'ai lu dernièrement avec énormément de plaisir un livre de Jean-Louis Fournier intitulé "Il a jamais tué personne mon papa".

    Un livre très sympa !

    Je vous le recommande si vous ne disposez pas de suffisamment de temps pour faire une lecture suivie : il s'agit de petites anecdotes d'une page pas plus contées par l'auteur à propos de son père qui était médecin de campagne (près d'Arras) mais qui avait le grave défaut de lever un peu trop le coude...

    Vous verrez que l'auteur en parle à posteriori avec beaucoup de lucidité (ceci a profondément marqué sa jeunesse) mais aussi avec beaucoup d'indulgence. Son père était par ailleurs un bon médecin, dévoué à ses patients et estimé de tous.

    Une des 66 petites histoires...

    "Dans l’album de famille il y a une photo que j’aime bien, c’est moi et papa.

    Papa est allongé sur un divan, en train de lire ; moi, je suis assis à côté de lui. Je dois avoir un an, j’ai l’air heureux, il ne peut rien m’arriver de mal, je suis avec mon papa.

    Mon papa, il est jeune, il est beau, il a des petites lunettes en métal qui font savant ; en même temps, il a l’air rassurant, on voit que c’est quelqu’un avec qui on doit se sentir bien, en plus il est docteur, quand il est là on est tranquille, on ne peut pas mourir.

    Pourquoi le papa de maintenant il est vieux, il est triste, il nous parle plus, il est pas gentil avec maman et, quelquefois, il nous fait peur ?"

    Où il est passé, le papa de la photo ?


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  • Vendredi midi, nous sommes allés en famille tester le nouveau restaurant de Laignes, "L'imprévuqui a remplacé "Ma Bourgogne". Il est tenu depuis septembre dernier par un jeune couple originaire de Corse, Aurélie Alin et Benoît Bouron. L'une est derrière les fourneaux tandis que l'autre sert en salle et en terrasse l'été.

    Un petit restau très sympathique

    Le restaurant se trouve en face de la Mairie.

    Un petit restau très sympathique

    J'ai regretté à posteriori de n'avoir pas pris de photos des plats qui nous ont été servis à ce menu, petit par le prix - car un midi de semaine -  mais très copieux et surtout excellentissime !

    Pour 15 euros, nous avons eu droit à "entrée, plat, fromage ou dessert" parmi non pas un mais deux menus du jour.

    En entrée, nous avons tous opté pour la bruschetta méridionale, éliminant - peut-être à tort ? - l'assiette de charcuterie servie avec du parmesan fondu.

    Et nous n'avons pas regretté car il s'agissait d'une GRANDE tartine de pain grillé sur laquelle avaient été déposés des petites lamelles de poivrons rouge, jaune et vert (marinés dans l'huile d'olive) le tout accompagné de fines tranches d'aubergine également marinées et servi avec un mesclin et des tranches de jambon de pays.

    Nous avons ensuite tous opté pour un vol-au-vent de veau accompagné d'une petite sauce à la crème pas piquée des vers et d'une timbale de riz.

    Nos papilles étaient à la fête !

    Mais nous aurions pu tout aussi bien prendre le plat de poisson dont j'ai oublié le nom.

    Trois d'entre nous ont ensuite opté pour la salade de fruits frais et les autres se sont délectés avec une coupelle de fromage blanc (au sucre ou aux herbes au choix).

    Un petit café par là-dessus et une petite promenade digestive sur les bords de la Laigne...

    Un petit restau très sympathique

    Des cygnes noirs ont été achetés par la municipalité. Ils ont été nommés par les habitants Victor et Victoria nous ont dit les restaurateurs. Bien plus petits que les cygnes blancs, ces cygnes sont originaires d'Australie et de Tasmanie et aiment les plans d'eau peu profonds dans lesquels leur morphologie leur permet de se nourrir aisément.

    Un petit restau très sympathique

    Un petit restau très sympathique

    Ne me demandez pas lequel est lequel !

    Un petit restau très sympathique

    Le cygne noir mange surtout en nageant en immergeant la tête et le cou pour atteindre les plantes sous la surface. Celui-ci avait une faim de loup car on n'a pas beaucoup vu sa tête...

    Un petit restau très sympathique

    Nos cousins qui sont déjà venus déjeuner plusieurs fois au restaurant nous ont dit qu'à chaque fois ils n'étaient pas déçus.

    J'ai oublié de vous préciser que l'accueil et le service sont à la hauteur de la cuisine. Le patron vient régulièrement (mais pas trop) s'assurer que tout se passe bien et la Chef sort même de la cuisine en fin de repas avec pour seul risque... celui de récolter des compliments !

    A refaire !


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  • Mardi dernier après-midi j'ai reçu quand j'étais à mon atelier de dessin un grand coup de fil de ma cousine : nous avons papoté pendant une petite heure (de chez nous, de chez eux...) et du coup j'ai juste eu le temps de faire un dessin au crayon de la nature morte qui nous était proposée et d'écouter les conseils de Célia afin de découvrir une technique que je n'avais encore jamais utilisée :

    les pastels secs

    J'essaie actuellement un peu toutes les techniques de dessin pour voir celle qui me convient le mieux.

    Histoire d'un ratage

    La nature morte représentait une théière et son gobelet.

    Histoire d'un ratage

    Célia m'explique que dans le pastel sec ce qui est intéressant c'est de mélanger les couleurs. Elle exécute ce croquis en 2 temps 3 mouvements et me laisse... à mes pastels.

    Histoire d'un ratage

    Au début, je patine dans la choucroute.

    Histoire d'un ratage

    Célia vient à mon aide et du coup je comprends un peu mieux.

    Ayant fait le gobelet et le citron, je remporte mon dessin à la maison où je termine la théière, sauf l'anse que je rate tellement que la seule solution qui me vient à l'esprit pour "sauver" ce premier essai est de découper le tout et de le recoller sur un Canson neuf.

    Après tout, c'est peut-être ainsi que Matisse est devenu célèbre !

    Histoire d'un ratage

    J'ai des réserves de papiers dans mes tiroirs : je dégote un papier mauve et... voilà le résultat.

    Ne vous moquez pas du poisson : je sais, je l'ai complètement raté !

    Le pastel, une fois mis sur le papier, est bien difficile à "gommer" même avec une gomme "mie de pain" qui m'a permis ici de faire (faute d'avoir une estompe) les quartiers du citron.

    De peur de faire pire, je l'ai laissé tel quel.

    Histoire d'un ratage

    22 heures 05 : j'ai repris mon dessin : le poisson est plus ressemblant, non ?

    Galère pour le refaire...

    Histoire d'un ratage

    J'ai compris en travaillant qu'il était inutile de vouloir faire des détails, du moins au stade où j'en suis.

    Quand je vais sur internet, je vois des réalisations de chats au pastel sec avec les moustaches (je pense cependant que le format du tableau est beaucoup plus grand que mon petit dessin)... mais il faut plus d'outillage pour cela (en particulier des pastels sous forme de crayons que l'on peut tailler : je n'en n'ai pas encore acheté...) et surtout plus d'expérience.

    Chat au pastel sec par Laurence Candido

    Histoire d'un ratage

    Tout ce petit matériel coûte la peau des fesses.

    En voilà une idée qu'elle est bonne pour des cadeaux d'anniversaire ou de Noël ! 


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  •  Avec mon amie Marie-France, nous nous sommes inscrites cette année à des conférences sur la peinture, accompagnées d'une carte coupe-file pour l'exposition correspondante. L'association s'appelle CO.RE.TA. pour "COmment REgarder un TAbleau" et elle a été fondée en 1992 par Françoise Barbe-Gall qui assure les conférences.

    Notre première conférence traitait de la peinture américaine des années 1930 : de Georgia O’keeffe à Edward Hopper - L'exposition se tient au Musée national de l'Orangerie ( du 12 octobre 2016 au 30 janvier 2017)

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    Elle est scindée en quatre parties précédées d'une introduction.

    ► Introduction

    Entre la crise de 1929 et la seconde Guerre mondiale, de multiples univers esthétiques se développent et se confrontent aux États-Unis. La peinture absorbe les angoisses contemporaines, dues à la Grande Dépression aussi bien qu’à la montée du nazisme en Europe, tout en fondant un langage pictural proprement américain. Un ensemble exceptionnel d'une cinquantaine de toiles de collections privées, mais aussi de l'Art Institute à Chicago, du Whitney Museum ou du Museum of Modern Art à New York,est exposé à l’Orangerie : de l'abstraction au réalisme social en passant par le régionalisme, les œuvres de Marsden Hartley, de Georgia O’keeffe de Edward Hopper ou de Grant Wood entre autres, y racontent l’histoire de cette période foisonnante.

    Une petite vidéo pour planter le décor.

    Grant Wood

    C'est le Léonard de Vinci des américains : on parle d'American gothic aux Etats-Unis comme on parlerait de la Joconde en France...

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Le tableau fait d'ailleurs l'affiche de l'exposition : il représente un couple d'agriculteurs américains (le père et sa fille) devant une maison de style gothique (le peintre a pris comme modèles sa soeur et son dentiste...). On remarque la fourche à foin à trois dents de l'homme, reprise dans les coutures de sa salopette ainsi que dans la fenêtre en ogive de la maison.

    American gothic (1930)

    Les mines sont sombres, c'est le moins qu'on puisse dire...

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

     Georgia O'keeffe

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Georgia O'Keeffe est une peintre américaine considérée comme une des peintres modernistes majeures du XXème siècle. Ce tableau fait référence à la menace du "Dust Bowl" (ces tempêtes de poussière dues à la sécheresse qui ravagèrent le Middle West américain dans les années 1930).

    Crâne de vache avec roses (1931)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    Stuart Davis

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    New-York Paris (1931)

    Le peintre a été influencé par le cubisme et le fauvisme lors de son premier séjour à Paris en 1928. Si l'on reconnait aisément New-York grâce à l'Empire State Building et la pompe à essence, Paris n'est qu'évoqué que par le biais de l'Hôtel et de son café.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    ► 1- Contrastes américains : puissance industrielle et retour à la terre

    Les peintres de cette période se firent défenseurs ou pourfendeurs de l’industrie américaine et représentèrent la production et le travail dans des styles différents, allant du réalisme à l’abstraction.  Le paysage rural américain dépeint par les artistes des années 1930 apparut pourtant à la fois comme un lieu de dévastation et une source de renouveau. La représentation de la nature par les peintres régionalistes se révéla ainsi une puissante métaphore de croissance et de renaissance durant la Dépression.

    Charles Sheeler

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Henry Luce, fondateur en 1930 du magazine Fortune, premier journal des Etats-Unis consacré au monde économique, commanda vers la fin de la décennie à Sheeler une série de peintures devant illustrer le pouvoir économique américain.

    Charles Sheeler est l'un des fondateurs du mouvement du Précisionnisme.

    Turbine en suspension (1939)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

     Paysage américain (1930)

    Charles Sheeler, qui était aussi photographe, affirme ici la foi de l’Amérique dans son industrie (qui doit participer à la reprise économique du pays à l'aube de la guerre...).

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Charles Demuth

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Et la patrie des braves (1931)

    Le peintre représente ici une usine productrice de tabac du Comté de Lancaster, en Pennsylvanie, milieu dont l’artiste lui-même était issu. Le titre du tableau fait référence au texte de l'hymne national américain (The Star-Spalgled Banner).

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Charles Green Shaw

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Shaw était fortuné et put pratiquer l’art de la peinture de manière indépendante. Il voyagea en Europe dans les années 1930, où il rencontra des artistes et commença à collectionner leurs œuvres. Il participa en 1936 à la fondation de l’American Abstract Artists Group et visita l’exposition Fantastic Art, Dada and Surrealism au MoMA puis réalisa cette toile, inhabituelle pour lui. Elle assemble de manière humoristique l’abstraction géométrique à l’un des produits de consommation les plus emblématiques du pays : une boîte de chewinggum de la marque Wrigley. Le tableau apparaît comme une image typiquement américaine et anticipe les œuvres plus tardives du Pop art d’Andy Warhol et Roy Liechtenstein.

    Wrigley's (1937)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    Joe Jones

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

     Originaire de Saint-Louis dans le Missouri, Joe Jones s’identifia aux travailleurs de sa ville menacés par la Dépression et s’engagea dans le communisme après avoir travaillé dans une colonie d’artistes. On voit sur la toile des ouvriers des docks, assis devant un homme plus aisé et dominateur, exploitant sans doute leur travail pour un faible salaire.

      Débardeurs (1934)

    J'aime beaucoup ce camaïeu de couleurs.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Alice Neel

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Pat Whalen (1935)

    Pat Whalen était un syndicaliste communiste : on remarque dans le tableau le visage grave et le poing serré de l'homme, déterminé à poursuivre la grève dans les aciéries dont parle le journal (daté de juin 1935 - The Daily Worker).

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    Beaucoup de similitudes entre les trois toiles suivantes je trouve.

    La première est de Marvin Cone et s'intitule Méandre de la rivière (1938).

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Un critique comparait alors les paysages de Cone à ceux des Primitifs italiens. Celui-ci donnait en effet une image idyllique des Paysages de l’Iowa mais il refusa l’étiquette de peintre régionaliste. Comme d’autres œuvres de l’artiste, cette toile apparaît comme une expérience individuelle plutôt qu’une représentation réaliste.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    La deuxième est de Grant Wood qui se lia d'ailleurs d'amitié avec Marvin Cone. Elle se nomme Labour d'automne (1931).

    On pense au Douanier Rousseau évidemment...

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    La troisième est également de Grant Wood. Son nom : Plantation de maïs (1931).

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

     Thomas Hart Benton

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Hart Benton effectua un voyage en Géorgie en 1928, durant lequel il fut frappé du contraste entre le lent développement économique du sud des Etats-Unis et l’industrialisation triomphante du nord.

    Cueilleurs de coton (1945)

    Cette oeuvre est celle d'un peintre engagé qui dénonce l'existence difficile de la communauté afro-américaine du sud : on y voit des hommes et des femmes travaillant sous un soleil de plomb tandis qu'un bébé dort à même le sol. Il s'agit probablement de fermiers louant leur terre à un propriétaire terrien en échange d'une partie du revenu de la cueillette du coton (on parle du "sharecropping" : métayage en français).

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Meule de foin (Thomas Hart Benton - 1938)

    On reconnait ici la patte du même peintre : mêmes arrondis et même objet d'étude.

    Benton employait la technique de la tempera, issue de la Renaissance, où les pigments sont mélangés à du jaune d’œuf. Son œuvre transcende la décennie de la Dépression pour affirmer la dignité et le courage des Américains ruraux.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Collines rouges et fleurs (Georgia O'Keeffe - 1937)

    Georgia O'Keeffe, elle, était fascinée par les grands espaces du Nouveau Mexique où elle vivait. Elle a souvent peint des fleurs...

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Arthur Dove

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Dove était un ami de Georgia O’Keeffe. Il était spécialement attaché aux paysages du Connecticut et de l’Etat de New York et en fit le centre de son œuvre. Il survivait pauvrement mais refusa de réclamer une aide à la Works of Art Project afin de préserver sa liberté de création.

    Troncs d'arbre (1934)

    Ce tableau traduit son passage d’une représentation réaliste du paysage à des formes fluides plus proches de l’abstraction. Ce nouveau mode d’expression moderniste fut remarqué lors de l’exposition de l’œuvre à la galerie d’Alfred Stieglitz. La toile évoque les œuvres d’artistes européens tels que Hans Arp, Jean Hélion et Joan Miró, visibles alors dans The Gallery of Living Art ouverte en 1927 par Gallatin.

    Sans le titre, on serait un peu perdus, non ?

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    John Steuart Curry

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Sangliers tuant un serpent (vers 1930)

    Cette toile s’inspire des Chasses de Rubens, artiste préféré de Curry, né dans le Kansas où il grandit dans une famille de fermiers cultivés. Le sujet pourrait être une allégorie biblique montrant le serpent du Livre de la Genèse, tué devant un pommier, arbre du Bien et du Mal du jardin d’Eden.

    Ce n'est pas mon tableau préféré.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Alexandre Hogue

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Erosion N°2 - Notre terre mise à nu (1936)

    Hogue choisit de représenter ici la dure réalité plutôt que d’évoquer une vie agricole idyllique. Les collines désolées des Grandes Plaines (au centre des Etats-Unis) prennent ici la forme d’un gigantesque corps de femme (la terre mère), blessé par la sécheresse et la charrue visible au premier plan.

    Le tableau fait aussi référence à la blessure due au crack boursier...

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    ► 2 - La ville spectacle

    Edward Hopper

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

     Cinéma à New-York (1939)

    C'est la femme de Hopper qui posa pour la figure de l'ouvreuse : c'est elle qui attire le regard.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Reginald Marsch

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Dans la 14ème rue (1934) 

    Marsch montre ici l’un des endroits les plus fréquentés de la ville, à proximité d’Union Square. Une jeune femme à l’apparence d’une héroïne de cinéma va croiser la foule sortant d’une bouche de métro, évoquant l’énergie écrasante de la grande ville.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Paul Cadmus

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    La flotte est à quai (1934)

    Le peintre livre ici une vision satirique du débarquement des marins en permission dans Riverside Park. Ces derniers se mêlent à la population locale au fil de rencontres hétérosexuelles et homosexuelles.

    Le tableau fût retiré d'une exposition officielle peu après sa création, ce qui lui donna une notoriété immédiate.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Film à vingt cents - 1934

    Le cinéma : antidote de la Dépression

    Une affiche montrant une femme aux cheveux décolorés, outrageusement maquillée, domine cette salle et fait allusion à l’actrice et sex-symbol Mae West.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Philip Evergood

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Marathon de danse (1934) 

    Cette toile représente un phénomène particulièrement développé durant la Dépression : les concours ou marathons de danse, dont le couple de danseurs le plus endurant, après des jours et même des semaines de danse sans interruption, percevait enfin une somme d’argent. Les danseurs ne pouvaient se reposer que quinze minutes toutes les quarante-cinq minutes et essayaient de tenir debout jusqu’à l’épuisement. L’un des danseurs traînait parfois son partenaire, tandis que des spectateurs assistaient à ces concours inhumains.

    Une pancarte annonce ici que le marathon en est à son quarante-neuvième jour et l’artiste fait du sujet une véritable danse macabre.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    William H. Johnson

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    L’artiste africano-américain Johnson se surnommait lui-même “ un primitif moderne”. Peintre à la formation très aboutie, notamment grâce à de nombreuses années passées en Europe dans les années 1920 et 1930, il revint à New York avec son épouse danoise en 1938 et enseigna à The Harlem Community Art Center grâce à la Work Projects Administration. Là, il affirma une esthétique très personnelle célébrant la vie de Harlem. Jonhson réalisa de très nombreuses études des habitants de son quartier, qui connaissait le développement d’une intense vie sociale et culturelle, notamment musicale.

    Scène de rue à Harlem (vers 1939)

    La réalité américaine, c'est ça aussi...

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Paul Sample

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    Le Dîner de la paroisse (1933)

    Sample met ici en scène un repas à la sortie de l’église, dans un paysage stéréotypé de la Nouvelle-Angleterre. L’équilibre d’une société traditionnelle est menacé par l’arrivée d’une jeune femme blonde, aux allures d’actrice de cinéma, associée à la liberté de mœurs de la ville et à la modernité

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Music Swing Luis Armstrong (Arthur Dove - 1937)

    Dove, musicien amateur, réalisa dès 1927 une série de peintures sur le thème de la musique de jazz. Cette œuvre évoque la musique du célèbre chanteur et trompettiste africano-américain Louis Amstrong. Les motifs abstraits du tableau traduisent les notes aigües de la trompette et la voix grave de ce dernier.

    Merci pour l'explication !

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    ► 3 - L'Histoire revisitée

    Ilya Bolotowsky

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Un petit air de Miro, non ?

    Ilya Bolotwsky est originaire de Russie. Il découvre en 1932 les oeuvres cubistes et surréalistes des peintres européens et, de retour aux Etats-Unis, est influencé par les oeuvres de Miro et de Mondrian.

    Etude pour la fresque murale du Hall des sciences médicales à l’Exposition universelle de 1939 à New York (1938-1939)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    La chevauchée nocturne de Paul Revere (Grant Wood - 1931)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Filles de la Révolution (Grant Wood - 1932)

    Le peintre fait dans cette œuvre une allusion à l’Histoire et à la fierté des Etats-Unis en représentant des Filles de la Révolution américaine, descendantes de personnages ayant participé à la Guerre d’Indépendance de 1775, comme le montre la peinture en arrière plan montrant George Washington traversant le fleuve Delaware.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Doris Lee

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Thanksgiving (1935)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Home sweet home (Charles Sheeler - 1931)

    Sheeler met en scène dans cette toile des objets "Shaker" de sa maison dans l’Etat de New York. Il fait ainsi allusion à l’histoire du pays en évoquant la communauté des Shakers, fondée aux Etats-Unis dans les années 1770 et qui, animés d’une foi puritaine, réalisaient des meubles et textiles très sobres.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Morris Kantor

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    Kantor naquit en Russie et arriva à New York à l’adolescence. Louant une maison ancienne dans la ville de Marblehead dans le Massachusetts dans les années 1920, il fut sensible à l’atmosphère nostalgique de la Nouvelle-Angleterre et de la demeure. Cette œuvre recrée les sensations qui l’avaient saisi et se rattache au thème des maisons anciennes mystérieuses, développé dans de nombreux films et pièces de théâtre de cette période. La présence d’une silhouette sur la droite difficilement identifiable crée une atmosphère inquiétante, qui touche aussi au surréalisme. L’artiste gagna en 1931 le Logan Purchase Prize de l’Art Institute de Chicago pour cette œuvre, qui suscita alors beaucoup d’intérêt.

    Maison hantée (1930)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Aaron Douglas

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    Aspiration (1936)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    George Lovett

    Le peintre fait référence ici à l’art des Indiens d’Amérique. Une exposition sur ce sujet eut lieu pour la première fois en 1931 à New York. Morris avait aussi découvert l’art des Indiens Pueblo à Santa Fe, au Nouveau-Mexique. 

    Composition indienne (1938)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    ► 4 - Cauchemars et réalité

    Federico Castellon

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    La figure sombre (1938)

    L’artiste est ici influencé par le surréalisme de Salvador Dali et fait écho aux affrontements déchirant l’Espagne. Le corps désassemblé sur la gauche est un autoportrait tandis que la sombre silhouette féminine accentue l’atmosphère inquiétante de l’œuvre. Celle-ci fut exposée au Whitney Museum en 1941, année où la tension politique atteignit son comble aux Etats-Unis.

    C'est vrai qu'on pense tout de suite à un Dali.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Walt Kuhn

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Portrait de l'artiste en clown (1932)

    Cet autoportrait en Pierrot triste ou fou est peut-être mêlé au portrait d’un véritable clown nommé Ralph Osgood. L’artiste souffrait de dépression et de troubles mentaux. Il demanda que cette œuvre nommée Kansas soit rebaptisée sous son titre actuel après sa mort.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Helen Lundeberg

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Double portrait de l'artiste (1938)

    Helen Lundeberg se représente à l’enfance et à l’âge adulte, mais sans perspective de futur heureux.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Ivan Albright

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Autoportrait (1935)

    Albright était originaire de Chicago et fils d’un peintre. Il servit en France comme dessinateur médical durant la Première Guerre Mondiale et en revint avec huit carnets remplis de représentations de corps blessés et de « gueules cassées ». Bien qu’il s’en défendit, cette expérience le marqua profondément et il réalisa des peintures montrant des corps en déclin ou putréfaction, comme ici où l’artiste se représente âgé de 38 ans. Son image évoque directement la figure effrayante du monstre créé par Frankenstein. Ce roman du XIXe siècle connut deux célèbres adaptations cinématographiques en 1931 et 1935, où l’acteur Boris Karloff marqua les esprits.

    Pas flatteur l'autroprotrait !

     

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Philipe Guston

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    Bombardement (1937)

    Le bombardement de la ville basque espagnole de Guernica par l’aviation allemande le 26 avril 1937, immédiatement condamné par le Sénat américain, lui inspira cette toile. Adoptant la forme d’un tondo, à la manière des œuvres de la Renaissance italienne, elle montre par contraste une scène de mort.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie 

    Peter Blume

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    La Ville éternelle (1934-1937)

    Artiste de gauche, il réalisa à son retour d'Italie où il avait séjourné grâce à une bourse cette allégorie antifasciste complexe, à la manière surréaliste, où la tête de Mussolini jaillit tel un diable de sa boîte, ce qui lui prit trois ans.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

     Louis Guglielmi

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Portrait de Lénine dans le désert - 1935

    Guglielmi était un Américain né en Egypte de parents italiens. Il développa un art « prolétarien surréaliste » comme ce portrait de Lénine dans un paysage d’industrie pétrolière désolé. L’œuvre fait directement allusion à une peinture murale controversée de Diego Rivera au Rockefeller Center de New York, détruite le 10 février 1934, car Rivera avait refusé d’y effacer la figure de Lénine, phénix qui renaît de ses cendres.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Géographie mentale - 1938 (Louis Guglielmi)

    Guglielmi dénonce ici les risques de guerre en montrant le pont de Brooklyn, icône de l’architecture new yorkaise, hypothétiquement détruit par un bombardement, comme ceux que connaissait alors l’Europe.

    Observez bien la dame sur le pont en cliquant sur l'image : elle a des poissons dans le dos ! Le surréalisme, toujours le surréalisme...

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Mort sur une route de Crête (Grant Wood - 1935)

    Les accidents automobiles augmentèrent de manière dramatique dans les années 1930 aux Etats-Unis et ce tableau devint l’un des symboles de ce danger.

    Grant et deux de ses amis avaient eux-mêmes eu un accident de voiture...

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Justice américaine (Joe Jones - 1933)

    Le titre ironique de cette œuvre renvoie aux méfaits du Ku-Klux-Klan dont les membres cagoulés viennent de violenter et lyncher la jeune femme du premier plan. Deux ans plus tard, des expositions dénonçant le lynchage furent organisées à New York.

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie  

    ► 4 - Vers un Art Moderne américain

    Jackson Pollock

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Untitled (1938-1941)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

    Station service (Edward Hopper - 1940)

    La peinture américaine des années 1930 au Musée de l'Orangerie

     Bon, on avait tout oublié ou presque de la conférence quand on est allées voir l'exposition mais internet remet les pendules à l'heure !

    Un petit selfie pour vous montrer qu'on était bien emmitouflées par ce grand froid...

    La peinture américaine des années 30 à l'Orangerie

    Le bassin des Tuileries était gelé et les canards y faisaient des glissades !


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  • Hier je suis allée voir un film

    Hier je suis allée en compagnie d'Arlette voir un film en avant-première au Centre Wallonie-Bruxelles dans le quartier de Beaubourg. Son metteur en scène, Stephan Streker, retenu à Bruxelles avait dépêché la représentante de Jour2fête, son distributeur en France, ainsi que le producteur du film, Mickaël Goldberg, pour le représenter. Sébastien Houbani, le principal acteur masculin était venu lui aussi parler de son rôle dans le film.

    Le film, Noces, sélectionné en compétition au 9ème Festival du film francophone d'Angoulême, lui a valu une récompense prestigieuse : le "Valois du meilleur acteur". Pour ce film ou il interprète un jeune pakistanais, l'acteur a appris la langue Ourdou, langue officielle du Pakistan : dans ces familles immigrées bilingues, les conversations se font souvent en changeant de langue d'une phrase à l'autre, la langue d'origine étant, d'après moi, utilisée plutôt dans un contexte émotionnel intense.

    Hollywood a ses Oscars, Paris a ses César, Angoulême, elle, a ses Valois. Représentant des pellicules de film en laiton doré à l'or fin, ils sont l'oeuvre de Sophie Reulet, artiste peintre.

    L'action se passe en Belgique au sein d'une famille pakistanaise aimante et bien intégrée : le père est épicier et fait ainsi vivre sa famille composée de sa femme et de leurs quatre enfants.

    C'est un acteur iranien (Babak Karimi) qui tient le rôle.

    Zahira, leur deuxième fille, est enceinte d'un jeune pakistanais. Si l'annonce de sa grossesse choque sa famille et en particulier sa mère, le problème semble pouvoir être résolu grâce aux moyens modernes dont l'Europe dispose.

    Confrontation entre Zahira et sa mère (jouée par Neena Kulkarni, une actrice indienne)

    La plus grande difficulté est ailleurs : leur fille leur annonce qu'elle refuse d'épouser l'un des trois jeunes pakistanais qu'ils ont choisi pour elle, selon la tradition musulmane de ce pays, ce qui sauverait les apparences.

    Le frère de Zahira, Amir, lui est très attaché, c'est un peu son confident... Cependant, même s'il la comprend, il tente de convaincre la jeune-fille d'accepter ce mariage pour ne pas que leurs parents soient déshonorés.

    Mais Zahira résiste !

    Même si la jeune fille aime ses parents et sa famille, elle ne veut pas épouser un autre homme que celui dont elle tombera amoureuse.

    Un drame très émouvant et brillamment interprété par Sébastien Houbani et Lina El Arabi qui a reçu un "Valois de la meilleure actrice" pour son interprétation dans le film.

    Le film, librement inspiré de faits divers réels, sortira en salles le 22 février prochain.

    Je vous le conseille vivement.

    PS : Ce film m'a fait penser à un autre film, allemand celui-là "L'étrangère" que j'avais vu il y a quelques temps et dont le synopsis était le suivant (Jean-Luc Douin - Le Monde).

    Umay, l'héroïne de L'Etrangère, quitte un mari violent, fuit Istanbul avec son gamin et vient rejoindre sa famille à Berlin. L'accueil n'y est pas ce qu'elle espérait. Père autoritaire, mère confite dans les traditions, frère violent, sœur inquiète de voir son propre mariage compromis par son comportement : tous la sermonnent, l'adjurent de retourner dans son foyer conjugal, la répudient, la traitent de putain, tentent de kidnapper son fils afin de le ramener à son père… Umay doit fuir à nouveau, persécutée par des proches qui craignent les commérages et le déshonneur.

    J'avais également beaucoup apprécié ce film, également tiré d'un triste fait divers.

     


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