• L'Orchestre régional de Normandie se produisait ce week-end à Saint-Aubin-lès-Elbeuf à l'occasion de la nouvelle année. Il s'agit d'un orchestre de chambre composé de 18 musiciens (cordes et vents).

    Violoncelliste et... apiculteur !

    Vincent, mon petit cousin, est premier violoncelle dans l'orchestre qu'il a intégré il y a presque vingt ans maintenant au sortir du Conservatoire. Inutile de vous dire que je suis très fière de lui, même si évidemment je n'y suis pour rien...

    Violoncelliste et... apiculteur !

    Des valses naturellement (il n'y a pas qu'à Vienne qu'on les joue...). Le concert s'intitulait "Pour un temps de danse" et nous a offert des valses de Brahms et de Strauss (le fils).

    Violoncelliste et... apiculteur !

    La Valse… Au début, c’est simple comme une chanson. Une valse à trois temps, comme c’est charmant, une valse à quatre temps, c’est beaucoup moins dansant, une valse à cent ans… Valses de Brahms, valses de Vienne, les cordes de l’Orchestre Régional de Normandie vous invitent dans un cortège de valses et vous entraînent dans le tourbillon de la fête !

    La chef d'orchestre invitée était Alexandra Cravero : une jeune femme très brillante, née à Marseille, qui n'engendre pas la mélancolie et qui a présenté chacun des morceaux avec beaucoup de simplicité, de gentillesse et d'humour. Elle nous parle ainsi des liens qui unirent Clara Schumann et sa fille Julie à Brahms de façon sûrement fantaisiste mais fort drôle.

    Violoncelliste et... apiculteur !

    Le concert se tenait dans l'église de la Congrégation des Soeurs du Sacré-Coeur de Jésus que nous connaissons déjà pour y avoir entendu l'an dernier l'orchestre dans une illustration sonore des films de "Mickey-Mouse" (le Maire de Saint-Aubin, Jean-Marie Masson, propose régulièrement à ses électeurs des concerts de musique classique).

    Violoncelliste et... apiculteur !

    Seules les cordes étaient présentes ce soir là (les vents jouaient Pierre et le loup également en Normandie).

    Violoncelliste et... apiculteur !

    Alexandra Cravero n'utilise pas de baguette : tout est dans les mouvements des bras, des mains ainsi que du corps dans son ensemble.

    Violoncelliste et... apiculteur !

    Violoncelliste et... apiculteur !

    Extrait de Liebeslieder Waltzer de Brahms (dans un arrangement de Friedrich Hermann)

    Quelle énergie pour diriger !

    La suite du programme était plus connue du public avec trois valses de Johannes Strauss : Aimer, boire et chanter ; Roses du sud et pour finir la valse de l'Empereur.

    Aimer, boire et chanter : vous connaissez bien sûr...

    L'orchestre a été très applaudi et est revenu pour un "bis" qui a enchanté le public : la valse N°2 de Chostakovitch que le public de la télévision a découverte en octobre 1993 grâce à la publicité de la CNP.

    Rappelez-vous...

    et maintenant un extrait avec l'Orchestre régional de Normandie

    Nous avons pu voir Vincent à la fin du concert avant qu'il ne reprenne son "Car pour Caen" (écouter ICI le sketch de Raymond Devos). Non non, je ne plaisante pas : il habite réellement à Caen, du moins sa proche banlieue.

    Et là-bas, dans son jardin, il élève des abeilles !

    La preuve par l'image (Ouest-France du 12 juin 2015 : ICI)

    Violoncelliste et... apiculteur !

    Il nous a d'ailleurs offert un pot de miel et du nougat de ses abeilles...

    Sympa ce petit week-end !


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  • Ce week-end je suis allée visiter l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen. Le Musée s'est ouvert il y a deux ans seulement au sein de l'ancien Archevêché situé dans la rue Saint-Romain près de la Cathédrale. Il s'agit d'un quartier piétonnier très agréable avec des maisons à colombages typiques du vieux Rouen.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Vue sur la Cathédrale depuis l'Archevêché (Photo Thomas Boivin)

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    C'est au sein même de l'Archevêché que se tint le procès de Jeanne d'Arc : un lieu émouvant et magnifique. (Photo Thomas Boivin)

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    L'Archevêché est un bâtiment à plusieurs étages : la vie et les procès de Jeanne d'Arc y ont été reconstitués étage par étage.

    Cliquer sur l'image pour la voir en grand.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    C'est dans la crypte romane (Photo Thomas Boivin) que commence la visite.

    La première partie consiste en un film-spectacle projeté au fil des salles du palais et qui utilise judicieusement leur décor. Guidé par Jean Juvénal des Ursins, archevêque de Reims et maître d’œuvre du procès de réhabilitation de Jeanne d'Arc (en 1456), les spectateurs sont totalement immergés dans l’histoire de la Pucelle.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    La crypte romane avant travaux (Photo Thomas Boivin) montre le travail qui a été accompli pour créer cet espace muséal.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Interprétés par 23 acteurs, les témoins de cette histoire donnent leur version des faits jusqu’à ce que Jean Juvénal en assemble les pièces pour dessiner le véritable portrait de Jeanne.

    Jean Juvénal des Ursins (image d'archives)

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    C'est Bernard Alane (rappelez-vous Hibernatus avec Louis de Funès...) qui tient son rôle.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Le paysage de Domrémy prend vie dans la crypte romane grâce aux nouvelles technologies.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Toujours dans la crypte romane, l'arbre aux fées...

    Les historiens s'accordent à écrire qu'à proximité du village de Domremy, se trouvait une forêt appelée le "Bois Chenu" et que Jeanne se rendait souvent en cette forêt, pour rejoindre le site du Beau Mai, ou arbre aux fées. Occupation somme toute bien innocente, mais qui souleva de nombreuses interrogations lors du procès ! Mais pourquoi une activité aussi puérile interpellait-elle les juges de Rouen ? Que cachaient donc ces promenades en forêt ?

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

     Jeanne d'Arc a pris des habits d'homme...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    La projection suivante se passe dans les anciennes cuisines de l'Archevêché. Autour du pilier central, une table numérique pour éclairer les visiteurs qui veulent en savoir plus.

    Les espaces de service étaient systématiquement installés en rez-de-chaussée, niveau sombre, froid et humide, en opposition aux espaces de vie et de prestige qui se trouvent dans les étages supérieurs, dits "nobles".

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Cette salle appartient à l'Hôtel que Guillaume d'Estouteville fait construire dans la seconde moitié du XVème siècle. De style gothique tardif, ses voûtes en croisée d'ogives sont appuyées sur des culots décorés de scènes végétales ou figurées.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Extrait de la déposition de Frère Seguin, professeur de sacrée théologie,
    de l'ordre des frères pêcheurs, doyen de la faculté de théologie de Poitiers,
    âgé de soixante et dix ans environ, à Rouen le 14 mai 1456.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    "Je l'ai entendue me dire et dire à l'assistance
    quatre choses alors à venir, et réalisées dans la suite :

    ► Que les anglais seraient anéantis,

    ► Que le siège alors devant Orléans serait levé,

    ► et que la ville serait délivrées de la présence des anglais,

    après toutefois qu'elle leur aurait fait une sommation préalable.
    Elle a dit secondement que le roi serait sacré à Reims,
    troisièmement que la ville de Paris rentrerait dans l'obéissance
    du roi et que le duc d'Orléans reviendrait d'Angleterre.

    Toutes choses dont j'ai vu l'accomplissement".

    Dans l'un des angles de la pièce, un bronze de Jeanne d'Arc à cheval par Emmanuel Fremiet (19ème siècle) : il s'agit d'une reproduction en miniature de la statue en bronze doré située au centre de la place des Pyrénées, près du Palais Royal à Paris.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    C'est sur les cheminées monumentales des cuisines que se passe la suite de l'histoire.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen 

    La projection est du plus bel effet : il s'agit de la rencontre de Jeanne avec le Roi

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Un panonceau explique l'usage de la prochaine pièce, l'ancien Office.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Il s'agit encore d'une superbe salle voûtée (Photo Thomas Boivin).

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    On y trouve également une table numérique qui montre la bataille d'Orléans, le sacre du Roi et les revers de Jeanne (Photo Agence Clémence Farrel).

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Toute la bataille d'Orléans y est expliquée par le menu.

    Avant l'arrivée de Jeanne d'Arc, Orléans est au bord de la reddition, la ville n'a plus de ressources et est épuisée. C'est le demi-frère de Charles d'Orléans (celui-ci ayant été fait prisonnier par les anglais), Jean Dunois, un enfant bâtard, qui défend la ville avec courage. Tandis que les chefs de guerre français hésitent et tergiversent, Jeanne rentre secrètement dans la ville pour y rencontrer Dunois. Elle le somme de faire une sortie, mais la dernière a été trop catastrophique et le bâtard d'Orléans préfère attendre les renforts. Jeanne prend les choses en main, deux bastides anglaises se tiennent dans la région, il faut les attaquer ! Elle charge elle-même la bastide des Augustins, la garnison la suit et c'est un succès. Le soir au conseil de guerre, Dunois et ses hommes veulent en rester là, mais Jeanne refuse. Elle ameute la population qui se prépare toute la nuit. Le lendemain, l'assaut est donné, la forteresse est redoutable, les pertes sont élevées, Jeanne est touchée par un carreau d'arbalète au dessus du sein. La blessure est superficielle, elle retourne galvaniser ses troupes. Les Anglais paniquent, ils se jettent dans la Loire, le 8 mai 1429, Orléans est sauvée. C'est un miracle ! Pour Jeanne, la prise d'Orléans prouve le caractère divin de sa mission, la foule lui prête même des pouvoirs de guérison.

    Pour les Anglais, humiliés, la Pucelle est envoyée par le diable...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Les quatre-vingts marches de l'escalier à vis du Cardinal d'Estouteville se superposent pour former une colonne centrale d'une extrême élégance.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Elles mènent jusqu'au dernier niveau du palais : le Grand Comble, aménagé au 18ème siècle lors de la restauration de la Salle des Etats et qui possède une belle charpente.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Par les fenêtres on peut apercevoir la Cathédrale voisine. Le crachin normand est de sortie aujourd'hui...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    J'ai eu bien du mal à identifier cette statue qui se trouve être la Vierge dorée de Nicolas Quesnel (exécutée en 1541), et qui domine le faîtage en plomb de la Chapelle de la Vierge à l'arrière de la Cathédrale.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Curieuse Vierge très masculine avec presque du poil au menton ! En même temps, sur le net on le dit peintre : peut-être excellait-il dans cet art après tout et moins dans la sculpture...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Trève de plaisanterie, revenons à nos moutons : quand il s'agit de Jeanne d'Arc ce n'est pas compliqué ! Hi hi hi...

    C'est dans cette salle que nous est contée l'histoire du Procès en réhabilitation de Jeanne d'Arc. Pour ce faire, Jean Juvénal des Ursins interviewe vingt-cinq ans après les trois hommes qui ont condamné Jeanne. Ils avouent tous avoir été dans l'impossibilité d'assister à la mort de Jeanne d'Arc sur le bûcher...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Jeanne d'arc tient la croix de la paroisse Saint-Sauveur.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Embrasement du bûcher

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    La photo est mauvaise mais ce sont des épées et une dague qui datent du 14ème siècle...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Depuis la tour de guêt (Photo Thomas Boivin)

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    on jouit d'une vue sur le pignon crénelé de l'ancienne salle de Justice

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

     et sur l'église Saint-Maclou au bout de la rue Saint-Romain.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Nous arrivons maintenant dans une partie du musée plus classique : il s'agit de la Mythothèque (Photo Thomas Boivin). On y apprend comment, au fil des siècles, s'est construit le mythe de Jeanne d'Arc. Les angles d'approche sont multiples : les arts, la République, l'Eglise...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Y figue en bonne place une statue de Léon Cugnot (sculpteur français du 19ème siècle) représentant Jeanne d'Arc sur le bûcher.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    A l'autre extrémité de la pièce un mur est couvert d'affiches ayant trait à Jeanne d'Arc.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

     Y sont exposés aussi les reproductions des originaux des deux procès.

    Le Procès de condamnation (en date du 15 mai 1431)

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Cliquez sur la photo pour lire...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    et le Procès de réhabilitation (qui s'est tenu le 7 juillet 1456): le Roi Charles VII ayant été couronné à Reims voulait asseoir sa légitimité sur des bases solides. 

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Cliquez sur la photo pour lire...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    On peut aussi voir dans cette pièce différents documents se rapportant à Jeanne telle cette partition de musique,

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    cette lithographie représentant la capture de Jeanne d'Arc par les Bourguignons,

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    ou encore ce livre sur la vie de la Pucelle.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Dans la dernière pièce de l'Historial, les visiteurs peuvent questionner des historiens de manière interactive...

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    comme le font ces ados.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Dans le Cabinet des Curiosités

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Affiches, assiettes, petites statuettes... Jeanne a été, surtout depuis le 19ème siècle, un sujet d'inspiration pour tous les artistes.

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    On y voit aussi comme des petits théâtres en 3D représentant différentes étapes de la vie de Jeanne.

    La tour où elle a été emprisonnée

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Emmenée vers le lieu de son supplice à travers Rouen

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    La place du Vieux-Marché et le bûcher

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Le pont de pierre où ont été jetées ses cendres

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    A la sortie de l'Historial, une Jeanne d'Arc par Alphonse-Eugène Guilloux (20ème siècle)

    Visite de l'Historial Jeanne d'Arc à Rouen

    Une petite vidéo sur l'Historial pour terminer

    Et pour qui a envie d'en savoir un peu plus sur l'histoire de Jeanne d'Arc, voici un téléfim d'Arte

    Une très belle réalisation qui donne une raison de plus d'aller visiter la capitale normande...


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  • J'avais déjà dessiné au crayon ce mortier, rapporté de Bulgarie.

    Occupation du mardi...

    Le voici qui a pris des couleurs grâce au pastel gras...


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  •  Du cinéma ce mercredi et du très bon cinéma : un film d'animation de Sébastien Laudenbach tiré d'un conte de Grimm peu connu et extrêmement cruel, "la jeune fille sans mains".

    Jeunes enfants s'abstenir !

    L’histoire se déroule au Moyen-Age. Un meunier acculé par la faillite vend sa fille au Diable, en échange de la richesse. Le Diable transforme l’eau de la rivière en or liquide sous les ailes du moulin. Mais le Diable n’accepte que la souillure. Protégée par sa pureté, la jeune fille lui échappe. Ses larmes nettoient ses mains mais son père obéira au Diable et tranchera les mains de sa fille à la hache… Cheminant loin de sa famille, elle rencontre la déesse de l’eau, un doux jardinier et le prince en son château. Commence un long périple vers la lumière, semé de multiples embûches et de cruelles méprises…

    Le graphisme du dessin animé est très original : en fait on se croirait dans l'atelier d'un peintre (on pense à Matisse ou à Dufy ou encore à la calligraphie japonaise). Il s'agit de tâches de couleur et de traits dessinés au pinceau, laissant au spectateur le choix de combler les vides volontaires de l'auteur.

    J'ai beaucoup aimé.


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  • Anne-Marie nous propose aujourd'hui une visite guidée : celle de la Fondation Eugène Napoléon sise au 254, rue du faubourg Saint-Antoine dans le 12ème.

    Cette histoire commence en 1851, année pendant laquelle la comtesse de Montijo s’installe avec sa fille Eugénie au 12 place Vendôme. Les deux femmes sont régulièrement invitées aux cérémonies officielles données par le Prince-Président Louis Napoléon Bonaparte qui, à 44 ans, s'éprend rapidement de la belle Eugénie qui n'en n'a que 25...

    "J'ai préféré une femme que j'aime et que je respecte à une femme inconnue dont l'alliance aurait eu des avantages mêlés de sacrifices" dira-t-il pour justifier son choix.

    Eugénie est ici peinte par Franz Xaver Winterhalter en 1857 qui fût le portraitiste attitré du gotha européen durant le deuxième tiers du XIXème siècle.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Le 26 janvier 1853, la Commission municipale de Paris "vote une somme de 600 000 francs or pour l'acquisition d'un collier de diamants" destiné à l'impératrice Eugénie, à l'occasion de son mariage avec Napoléon III. Cependant, deux jours plus tard celle dernière refuse le collier, souhaitant qu'avec cet argent soit créé "un établissement d'éducation gratuite pour les jeunes filles pauvres", ce qu'entérine une seconde délibération de la Ville.

    La somme servira à la construction des bâtiments actuels situés sur les dépendances de l'ancien marché aux fourrages du Faubourg Saint-Antoine comme nous l'explique notre guide.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Le terrain, situé entre la rue du faubourg Saint-Antoine et le boulevard Diderot est signalé sur le plan ci-dessous par les pointillés rouges.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    En hommage au geste généreux de l'impératrice, l'architecte Jacques Ignace Hittorff concevra un établissement de plan octogonal calqué sur la forme d'un collier dont le salon d'apparat sert de fermoir et la chapelle de pendentif.

    Terminée l’année de la naissance du jeune Prince impérial en 1856 (il naît le 16 mars 1856), l’institution prend le nom de « Maison Eugène-Napoléon ». Elle ouvre ses portes le 1er janvier 1857. L'oeuvre est confiée aux Sœurs de la Charité de Saint-Vincent de Paul qui resteront présentes sur le site jusqu'en 1976. La Fondation s’ouvre à la mixité en 1984, mais doit fermer son internat, les locaux n’étant plus aux normes, en 1994. Après douze années de combat difficile, un nouveau projet se met en place, avec l’aide de la Région, de la Mairie de Paris, des Petits Chanteurs à la Croix de Bois et de la Congrégation Notre Dame.

    Paris doit à Hittdorff, architecte de la Ville et du gouvernement, l'église Saint-Vincent de Paul, l'ancienne gare du nord, le cirque d'hiver, et les aménagements de la place de la Concorde, des Champs-Elysées et du bois de Boulogne.

    Entrée principale à l'angle du faubourg Saint-Antoine et de la rue de Picpus

     A partir de 2007 la Fondation cède l'entretien de ses jardins à la Ville de Paris qui en ouvre l'accès à tous.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Sur le fronton, le nom de l'institution et celui de sa fondatrice

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Nous sommes une bonne vingtaine à nous être inscrits à cette visite qu'Anne-Marie a dû "doubler" en raison du grand nombre de demandes...

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Nous entrons dans l'institution en passant sous le passage couvert en fer forgé situé sur le côté droit.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Voici le hall lors d'une exposition d'orchidées

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Nous sommes ici dans le fermoir du collier !

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Le hall donne accès au Salon de l'impératrice dans lequel nous prenons place autour de l'immense table en palissandre. Cette pièce est toujours dans son état d'origine : les lourdes tentures de velours de soie cramoisi et la moquette très "anglaise" n'ont pas été changés depuis le XIXème siècle paraît-il.

    De larges baies vitrées en font une pièce très bien éclairée.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Le mobilier (12 fauteuils et 12 chaises) est à l'effigie de Napoléon et d'Eugénie.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Encadrant la porte d'entrée, deux portraits en pied des souverains par Franz Walter Winterhaler.

    Il s'agit de copies exécutées par A. Hansmann car les originaux ont été vendus (en 2003 lors d'une liquidation judiciaire) pour payer les dettes de la Fondation... Le terrain et les constructions qui y ont été élevées ont en effet été concédés à perpétuité à la Fondation moyennant leur entretien et... cela coûte cher ! 

    D'un collier de diamants à un collier de pierre... 

    L'impératrice Eugénie

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Napoléon III, Empereur des français

    D'un collier de diamants à un collier de pierre... 

    Les superbes cadres en bois doré mettant en valeur ces portraits sont surmontés du blason de la famille impériale : on y voit l'aigle impérial, au centre d'une croix formée par le sceptre et la main de justice. Une couronne surmonte l'ensemble.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Le style Louis XVI domine dans cette élégante pièce servant de lieu de réception et de repos à l'Impératrice. Les trumeaux des portes sont ornés d'un médaillon contenant les initiales des deux souverains, lequel médaillon est surmonté d'une couronne. En outre, une très élégante frise orne le plafond.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    On dirait bien qu'au plafond il manque quelque chose !

    Eh oui : le lustre en cristal a été vendu lui aussi lors d'une vente aux enchères en 2003...

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Une cour sépare le Pavillon d'Eugénie - abritant le salon de l'impératrice - de la chapelle, placée par l’impératrice sous la protection de la Vierge. On laisse derrière soi un bâtiment auquel l'architecte, Hittorff - qui était allé en Sicile et y avait constaté une antiquité colorée très différente de la perception monochrome du Premier Empire - a voulu donner un peu de couleur par le mariage de la pierre et de la brique.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Une statue de Saint-Vincent de Paul, patron des associations charitables, fait face à la chapelle.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

     

    Trois statues ornent la façade : L'Espérance, la Foi et la Charité.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

     

    La Charité est traditionnellement représentée par une femme tenant un bébé dans ses bras tandis qu'elle s'occupe tendrement d'un ou deux autres.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Entrons...

     

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    On est tout de suite interpellés par le plafond à caissons. A nef unique, il est composé de caissons ornés de peintures sur toiles marouflées représentant des lys, des roses, des croix, des couronnes, des monogrammes de Marie (AM pour Ave Maria) et d’Eugénie (EM pour Eugénie de Montijo) dans des soleils sur fond bleu.

     

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    La fresque du chœur (de Félix Joseph Barrias) évoque l’origine de l’œuvre : L’impératrice offre symboliquement son collier à la Vierge en présence des orphelines de sa Fondation et des Sœurs de Saint-Vincent de Paul.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

     

    Dans sa peinture, Barrias a représenté l’impératrice agenouillée en orante devant la Vierge en Majesté.  Cette position de prière (bras ouverts, paumes vers les cieux et doigt écartés) est celle des premiers chrétiens.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Dans la partie haute de la fresque, on voit Marie et l’enfant trônant, entourés de Sainte-Catherine et de Saint-Vincent de Paul. La tonalité jaune du ciel remplace le fond d’or des mosaïques byzantines habituellement utilisé dans les sujets sacrés pour illustrer la présence divine.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

     

    L’impératrice est représentée en robe de mariée avec dans sa main gauche un collier. On peut penser que ce collier est celui que Napoléon III envisageait d’offrir à son épouse.

     

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Cette robe était « en velours épinglé blanc, constellée de pierreries. Le corsage montant avait de grandes basques rondes garnies de volants d’Angleterre et de deux rangées de diamants. Le devant du corsage, orné également de point d’Angleterre, coquillé droit, était enrichi depuis le haut jusqu’en bas d’épis en diamants formant brandebourg, au centre desquels brillait une étoile en guise de bouton. Les larges manches « pagodes » étaient décorées de quatre rangées de point d’Angleterre et entre chaque rangée scintillaient des diamants. […] La jupe et la robe étaient en demi-queue traînante, toute recouverte de point d’Angleterre.

    Barrias a pris soin de ne pas mettre en avant les bijoux portés par l’impératrice. Les diamants ont disparu dans le blanc de la robe. Il a bien représenté à la ceinture l’étoile qui sert de bouton mais ne lui a donné aucun éclat.

    Derrière l’impératrice, sont représentées des mères qui confient leurs filles à l’institution. L’une d’elles exprime sa reconnaissance en embrassant la robe d’Eugénie. Une autre, qui tient sa fille dans ses bras, invoque la Vierge en levant son doigt au ciel.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    Au second plan, à l’extrême droite de la peinture, nous apercevons l'architecte Hittorff : il arbore sur sa veste, bien visibles, ses différentes décorations dont la légion d’honneur. Barrias s’est lui aussi représenté : c’est d’ailleurs l’un des rares portraits qu’on ait de lui à l’âge de 34 ans. Il porte, par dessus de son costume, sa blouse bleue de peintre et tient dans sa main la casquette des plâtriers, peintres en bâtiments et à fresque.

     

    À gauche de la fresque se tiennent des jeunes filles déjà accueillies par l’institution. Elles sont habillées uniformément : robes de mérinos gris aux cols blancs, liserés bleus retenant des médailles de la Vierge et bottines grises. Leurs cheveux sont couverts d’un bonnet de dentelles noires (réservé pour les cérémonies religieuses). Deux sœurs de Saint-Vincent de Paul les encadrent. Au second plan, assisté de deux enfants de chœur, un prêtre tient une bible.

    Les pensionnaires prient pour leur bienfaitrice et deux d’entre elles répandent à ses pieds des roses – attribut de la Vierge –, rappel du jeté de pétales de roses effectué lors des processions de la Fête-Dieu.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

     

    Deux statues dans le choeur

    Celle-ci représente Saint-Napoléon.

     

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

     

    L'autre représente Saint-Eugène.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

     

    La statue de la Vierge située à droite du choeur rappelle que la chapelle lui est consacrée.

     

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

    La cour de récréation des élèves donne sur l'arrière de la chapelle.

    D'un collier de diamants à un collier de pierre...

     

    Depuis plus d’un siècle et demi, malgré les aléas de l’histoire, en adaptant son projet aux nécessités du temps et grâce aux efforts conjugués des autorités civiles et de l’Eglise, l’œuvre de l’impératrice se poursuit avec des moyens adaptés à son temps. A l'heure actuelle, elle abrite une école primaire, un collège et un lycée d'enseignement supérieur (BTS) ainsi qu'une résidence pour étudiantes d'une capacité de 87 chambres.

    La Fondation ouvre son site au quartier et aux Parisiens par un programme d’activités culturelles proposées par la Ville de Paris, la mairie du XIIe et son conservatoire, par ses propres manifestations musicales et artistiques, des conférences ou des expositions et par l’ouverture au public du jardin de la rue Picpus (il était ce jour en pleine restructuration).

    Merci d'avoir choisi cette visite Anne-Marie qui, je suppose, était une découverte pour tous et toutes.


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