• Mercredi dernier nous sommes allés au cirque grâce à la Mairie de Paris. Une trentaine d'années que nous n'étions allés, ni l'un ni l'autre, voir un tel spectacle (Philippe et Laure y avaient emmené leurs filles quand elles étaient petites et je crois me souvenir que pour moi cela remonte carrément à mon enfance !) et ma foi nous y avons trouvé, à la fois de la tradition et du changement.

    Le Cirque Arlette Gruss est installé pour l'hiver sur la Pelouse de Reuilly ainsi que deux autres cirques. S'il est de taille plus modeste que le Cirque Pinder, il n'en n'est pas moins réputé.

    Cirque Arlette Gruss

    ► 1985 : la première tournée du cirque Arlette Gruss, baptisé pour la circonstance "Le Cirque de France", se passe en Irlande : une véritable galère avec des emplacements boueux et un public rare.

    Après des débuts un peu difficiles en France, le cirque s’installe pour la première fois à Paris en décembre 1989 sur la pelouse de Reuilly. C'est Georgyka Kobann, le mari d'Arlette Gruss, qui s'occupe des panthères : ce sera l'un des atouts maîtres du cirque.

    ► 1992 : le cirque reçoit le Grand Prix National du cirque et accueille le gala de La Presse.

    ► 1997 : Arlette Gruss est nommée Chevalier de la Légion d’honneur sur proposition d’Alain Juppé.

    ► 1999 : Roberto Rosello est choisi pour créer les costumes.

    ► 26 décembre 1999 : le tournant du siècle a bien failli marquer la fin du cirque Arlette Gruss. Lothar, ce terrible ouragan, frappe la France détruisant tout sur son passage. Le cirque Arlette Gruss n’y échappera pas mais par chance on ne déplorera aucune victime humaine ni perte d’animaux.

    ► 2 janvier 2006 : partie après avoir courageusement lutté contre la maladie Arlette Gruss s’éteint dans sa maison de La Fontaine-St-Martin où le cirque a installé ses quartiers d’hiver.

    Cirque Arlette Gruss

    ► Janvier 2009 : On connaît la passion de Gilbert Gruss pour la matériel, le beau matériel de cirque. A Bordeaux, il installe un nouveau chapiteau, la Cathédrale. Une toile de PVC tendue sur dix mâts, longueur 83 mètres, largeur 49. La salle de spectacle est installée au milieu entre les coulisses et le hall d’entrée. Asteo a assuré les études techniques, AB2CS la façon et Anceschi les structures métalliques.

    ► 15 janvier 2010 : La Légende, 25 ans, dans l’histoire du cirque c’est une durée tout à fait respectable. Le Radio Circus de la famille Gruss n’avait vécu que 7 ans et le Grand Cirque de France à peine plus. Le cirque Arlette Gruss est une de plus belles entreprises d’Europe, un établissement que tous les amateurs viennent visiter de toutes l’Europe.

    ► 2011 : toujours soucieux d’améliorer les installations Gilbert a monté un nouveau gradin avec deux entrées et un maximum de places face à la piste.

     ◄►◄►◄►◄►

    C'est Noël au Cirque Gruss.

    Cirque Arlette Gruss

    Le chapiteau se remplit doucement, à la faveur des billets gratuits de la Mairie... Il y a pas mal d'enfants : nous sommes mercredi.

    Cirque Arlette Gruss

    De la tradition donc avec les clowns, les numéros mettant en scène les animaux, les équilibristes, les jongleurs..., mais leur présentation est modernisée par des jeux de lumières et rythmée par la musique.

    La parade est superbe : on peut y admirer les costumes créés par Roberto Rosello, le designer choisi par Arlette Gruss depuis 1998 pour habiller tous les artistes (il faut un an pour les préparer...).

     Roberto Rosello à la planche à dessin

    Cirque Arlette Gruss

    Impossible de faire de bonnes photos quand on n'est pas pro à l'intérieur du chapiteau où la lumière est tamisée mais ce petit film maison rend très bien compte du spectacle que nous avons pu voir.

    Une parenthèse bien agréable


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  • Ce post est le fruit des photos que j'ai prises en visitant le quartier avec Générations 13 sous la houlette d'Anne-Marie, ainsi que de mes recherches sur le net.

    J'ai ainsi beaucoup consulté (et parfois emprunté...) à :

    Parisienne curieuse,

    Patryst, la culture à la carte,

    Un jour de plus à Paris,

    Paristoric,

    Paris secret,

    et d'autres encore...

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    La "pelle" sur la rue Réaumur indique que la rue fut ouverte entre les rues Saint-Denis et Notre-Dame-des-Victoires en 1895-1896 : elle relie le Sentier au boulevard de Sébastopol.

    Tout tout tout, vous saurez tout sur... l'architecture de la rue Réaumur !

    C'est au 51 de la rue Réaumur qu'Anne-Marie nous donne rendez-vous cet après-midi pour une visite architecturale du quartier de ladite rue.

    Et c'est au scientifique et naturaliste René-Antoine Ferchault de Réaumur que la rue rend hommage. J'ai vu sur le net que cet homme était une vraie encyclopédie à lui tout seul, s'intéressant aussi bien à la reproduction des écrevisses qu'aux toiles d'araignée ou à la fabrication de la porcelaine etc etc... Il est aussi l'inventeur du thermomètre à alcool !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur, atlantes et caryatides 

    Un autre homme qui laissera son nom à la postérité, le célèbre épicier Félix Potin, inventeur de la vente dite "à la gâche" (on "gâchait" un article afin de pouvoir en placer cent autres à des prix moins attrayants). Le Siège Social de son épicerie, devenue célèbre depuis sa création en 1844, se situe justement à l'angle du Boulevard de Sébastopol et de la rue Réaumur.

    C'est Charles-Henri Camille Lemaresquier (1870-1972) qui en a été l'architecte. Celui-ci édifie en 1910 un immeuble néo-baroque du goût de la Belle Epoque à celle où fleurit plutôt l'art nouveau ou l'art déco.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Des guirlandes de fruits en ronde-bosse mettent en valeur la rotonde d'angle polychrome de cet immeuble cossu, image de la réussite de l'entreprise.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Les trois oriels de la rotonde sont surmontés d'une sculpture portant un caducée (bâton d'olivier ou de laurier surmonté de deux ailes et entouré de deux serpents) et des cornes d'abondance.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Nous voici maintenant au 3 de la rue de Palestro (qui fait l'angle avec la rue de Turbigo). On peut y voir la monumentale entrée du Passage du Bourg l'Abbé encadré par deux colonnes doriques surmontées d'imposantes cariatides. Le passage relie la rue de Palestro à la rue Saint-Denis.

    NB : L'équivalent féminin de l'atlante est la cariatide : il s'agit d'une statue de femme généralement vêtue d'une longue tunique soutenant un entablement sur sa tête. Le nom vient de celui des habitants de Caryes, situé en Laconie (dans le Péloponèse), qui s'étaient alliés aux Perses lors de l’invasion des Grecs. Ces derniers les exterminèrent et réduisirent leurs femmes en esclavage, les condamnant à porter les plus lourds fardeaux.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Au centre, un cartouche garni d'une ruche, emblème de l'activité économique

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Les cariatides ont été sculptées par Aimé Millet : ce sont des allégories du Commerce et de l'Industrie, symbolisés respectivement par l'ancre, attribut de la marine marchande, et par les pièces de machines.

    "Le Commerce" est symbolisé par un mètre étalon sur lequel la cariatide s'appuie et un ballot de marchandises.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    "L'Industrie" s'appuie sur un marteau ; une roue crantée rappelle la mécanique.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Entrons dans le passage...

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    A l'intérieur, de jolies vitrines revêtues de bois comme ici celle de ce menuisier-ébéniste.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Avouez que les devantures ont "de la gueule" !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    On sort du passage par la rue Saint-Denis, juste en face du Passage du Grand Cerf.

    Amusant, ce nom de restaurant !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

     A l'angle de la rue Saint-Denis et de la rue Réaumur (N)82-96) se trouve l'ancien immeuble des magasins Réaumur : il date de 1897.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur 

    Son horloge en mosaïque, autrefois éclairée, m'a tapé dans l'oeil !

    Le magasin appartenait autrefois à Jean-Baptiste Gobert-Martin comme le montre l'inscription. Wikipédia signale que le jeu de mots "Arrêt au mur"... à une époque ou le calembour était signe de joie de vivre et de bonne humeur n'est pas le signe du hasard.

    Remarquez les caducées sur les colonnettes encadrant la mosaïque : on fait ici du commerce (celui du prêt-à-porter de qualité et de la vente par correspondance).

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Plus loin, au 61-63 rue Réaumur, se trouve l'un des plus beaux immeubles de la rue. Sa façade néo-gothique est surmontée d'une horloge monumentale : on aime beaucoup les horloges à la fin du XIXème ! Au centre, le "portail" de cette véritable cathédrale cache un escalier qui dessert les étages.

    Il est d'ailleurs un véritable hymne au temps qui passe, puisque les douze mois de l'année y sont représentés ainsi que les signes du zodiaque et les quatre saisons.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    L'horloge où sont inscrits les mois de l'année 

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Sous l'horloge, la représentation des douze signes du zodiaque et des quatre saisons.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Anne-Marie nous fait remarquer au-dessus du portail d'entrée une sculpture qui représente deux têtes d'hommes - très barbus ! - se tournant le dos (affrontés) : j'ai oublié leur signification...

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Peut-être s'agit-il de la signature des deux architectes... ?

    Que nenni ! Christiane, qui a fait la même balade et que je remercie, m'indique qu'il s'agit d'une tête de Janus, divinité romaine à double visage (biffrons), autre symbole temporel : tourné vers le passé et regardant l'avenir... (Janus a donné son nom au mois de Janvier qui initie l'année).

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    En face, un autre immeuble attire notre regard.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Mais continuons notre ballade : nous avons encore beaucoup de pain sur la planche...

    Ce magasin de mode, Best Mountain, a choisi d'orner sa devanture d'impressionnants atlantes venus d'ailleurs. Je n'ose pas vous parler de ce qui a été dessiné à la craie par les passants sur le pagne de celui de droite... !

    NB : En architecture, l’équivalent masculin de la cariatide est l'atlante. Le terme dérive du nom du titan grec Atlas (en grec ancien « le porteur »), condamné par Zeus à soutenir les cieux jusqu’à la fin des temps.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Au 94-96 rue Réaumur se trouve le deuxième immeuble de "A Réaumur" : il a été construit dans les années 1930 et offrait 3500 m² de surface consacrées à la vente de prêt-à-porter et à la vente par correspondance.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Ses grandes baies vitrées sont surmontées de sculptures représentant des têtes d'homme dont la barbe bouclée est en harmonie avec les guirlandes de fleurs...

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Pour ce qui est des têtes de femmes, elles portent un collier à la place de la barbe !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Homme ou femme... ? That is the question... En tout cas, je sais que je n'aimerais pas avoir de pareilles oreilles : un peu pointues non, comme celles d'un diable !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Juste à coté, au numéro 100, un immeuble qui a abrité la rédaction de plusieurs quotidiens : d'abord l'Intransigeant, puis Pariser Zeitung (un journal en  langue allemande) sous l'Occupation, puis plusieurs journaux issus de la résistance (dont Combat) et enfin France-Soir dirigé par Pierre Lazareff jusqu'à son départ en 1998 pour Aubervilliers.

    Sa façade très classique est ornée de deux frontons triangulaires représentant, l'un l'équipe de la rédaction, l'autre l'équipe des typographes.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Les rédacteurs (on y voit une femme.)

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Les typographes sont entre hommes.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur 

    Le portail d'entrée en fer forgé

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Une mosaïque portant le nom du Journal décore le sol du hall.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Dans le hall, caché dans un petit coin, se trouve une inscription relative à l'ancienne cour des miracles. Ma photo est très mauvaise mais personne d'autre sur le net n'en n'a fait de meilleure...

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Il existait en effet une cour des miracles principale à l'emplacement actuel de la Place du Caire mais il y en avait plusieurs autres, secondaires, dont celle-ci située rue Réaumur. L'origine du nom est bien sûr dû au fait que tous les éclopés qui mendiaient dans la journée retrouvaient la santé le soir !

    La cour des miracles par Brueghel

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

     L'immeuble possède de très belles portes en ferronnerie ornées de médaillons dorés représentant des moyens de locomotion faisant référence à la vitesse.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Un steamer : sympas les vagues !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Une voiture de course

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Un ballon-dirigeable

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Un aéroplane

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    J'ai loupé deux médaillons : Anne-Marie a un horaire à respecter... Je les ai trouvés sur le net, très bien photographiés (et donc mis en valeur) par PHB.

    Une locomotive à vapeur

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Une montgolfière

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Très difficile de prendre une bonne photo du 97 de la rue Réaumur : dans cette rue du quartier du Sentier, la circulation est intense...

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Par contre, les larges surfaces vitrées de ces immeubles à vocation industrielle et commerciale offrent de beaux reflets. A noter également les deux oriels en bossage ornés de guirlandes de fleurs et surmontés de frontons brisés.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Les trois travées centrales portent au premier étage de jolis mascarons.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Charmant ce balcon art déco en fer forgé !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Et curieux cet immeuble d'angle (N°101 de la rue Réaumur) : pas facile à meubler ! Il 'est vrai qu'à cette époque les canapés étaient de taille modeste et en arrondi...

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Superbe, ce balcon, non ?

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Pour la sobriété, on repassera ! Mais avouez que l'ensemble est magnifique tout de même. A part ça, soit les heures des tailleurs de pierre n'étaient pas chères payées, soit l'architecte disposait d'un budget énaaaauuuurme (?)

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    De jolies cariatides engainées supportent l'un des balcons de l'immeuble.

    NB : on dit d'un atlante ou d'une cariatide que la statue est engainée quand on ne représente que le haut du corps, le bas étant "gaîné" dans une colonne.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    L'entrée de cet autre immeuble se situe toujours sur la rue Réaumur, au numéro 116.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Le portail d'entrée est surmonté de deux imposants atlantes dont le bas du corps se fond dans une sorte de colonnette enguirlandée de fleurs : Art Nouveau oblige.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Sur le fronton triangulaire, Diane accompagnée de deux amours

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Au niveau des ornementations des balcons d'angle, on peut voir caducées et cornes d'abondance représentatives de l'activité commerciale du quartier.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    L'immeuble voisin, au 118, a été construit en 1906 pour un usage commercial ainsi qu'en témoignent ses larges baies vitrées. Celles-ci n'ont rien de froid car l'architecte les a agrémentées d'un décor de feuillages et de volutes inspirées de l'Art-Nouveau.

    Il a été primé au concours des façades de la ville de Paris.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    De la sobriété dans l'art-Nouveau pour cet immeuble situé au 124 de la rue Réaumur. Avouez qu'il se remarque dans le paysage avec sa structure métallique !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Trois bow-windows au quatrième étage rompent la monotonie de sa façade et autorisent les balcons du cinquième : astucieux !

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Quittons un instant la rue Réaumur pour emprunter la rue Montmartre.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Au Numéro 142 se tient l'immeuble édifié en 1883 pour abriter le siège du journal "La France".

    Deux atlantes, très réalistes et revêtus d’une dépouille de lion, et deux figures de cariatides symbolisant, à gauche le Journalisme et à droite la Typographie, mettent en valeur l’enseigne du journal située sous le balcon du premier étage.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Au rez-de-chaussée de l'immeuble une plaque rappelle l'Histoire.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Jolies ces décorations de balcons, non ?

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Que de souffrance dans le visage de cet atlante engainé qui peine à soutenir sa charge... La signature du sculpteur (Louis Lefèvre) est inscrite dans la pierre.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    "Le Journalisme" tient la plume de l'écrivain...

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    "La Typographie", elle, est accompagnée du matériel adéquat.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    C'est en sortant du Journal pour aller déjeuner avec ses amis que Jaurès a été assassiné dans ce café (appelé à l'époque "A la chope du croissant") le 31 juillet 1914. Un plaque le rappelle sur la devanture qu'Anne-Marie nous commente.

    Architecture industrielle et commerciale rue Réaumur

    Beaucoup de ressemblances entre le 130 rue Réaumur et le N°97 vu plus haut. Sa structure métallique et ses larges baies vitrées intercalées entre des pilastres à chapiteaux composites confèrent à l'immeuble une très grande légèreté.

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur la rue Réaumur... et son architecture !

    C'est depuis l'extrémité de la rue Léon Cladel qu'on en a la plus jolie vue car il s'agit d'un immeuble d'angle orné d'une rotonde. 

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur la rue Réaumur... et son architecture !

    Caducées... En veux-tu en voilà !

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur la rue Réaumur... et son architecture !

    Cet immeuble en pierre de taille avec dôme et horloge (au N° 132-134) a été construit en 1899-1900 pour une banque. Immeuble primé au Concours des façades de la ville de Paris.

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

    En face, au 121, ce n'est que dômes et courbes : les règlements d'urbanisme de 1884 et 1902 poussent au gonflement des toits ; en 1893 l'autorisation des bow-windows entraîne l'ondulation des surfaces pour le plus grand plaisir de nos yeux qui s'écarquillent...

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

    Admirez l'élégance de ce petit clocheton dont la toiture est en écailles... 

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    Chemin faisant, nous voici arrivés à la Bourse : on est bien ici dans le quartier des affaires.

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    Au 2, rue du Quatre Septembre (rue qui prolonge la rue Réaumur) se trouve un immeuble dont le porche est muni de cariatides engainées dues au ciseau d'Aimé Millet.

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

    Un peu plus loin, au numéro 12, le sculpteur (le même Aimé Millet) a choisi de les travailler en pied et de les pourvoir d'ailes ! Elles étendent le bras et la main chargée d’épis vers le motif couronnant l’arcade.

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    Au 18 de la rue du Quare Septembre se trouve un immeuble qui occupe tout un pâté de maisons. Il s'agit de la succursale parisienne du Crédit Lyonnais construite dans le dernier quart du XIXème siècle.

    Le 5 mai 1996 il est l'objet d'un très grave incendie qui mobilise 600 pompiers : le feu est maîtrisé au bout de 19 heures mais les dégâts sont très importants et la banque doit revendre l'immeuble à un grand groupe d'assurances américain.

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

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    L'immeuble s'appelle maintenant "Le Centorial", ce qui a permis de respecter le sigle CL sculpté dans la pierre...

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

    Faisant le tour du pâté de maison, nous arrivons sur le Boulevard des Italiens, devant le Gaumont Opéra, qui, une fois de plus offre à nos yeux une très jolie coupole.

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    Dès le début des années 1900, les exploitants de cinéma avaient compris le parti qu’ils pouvaient tirer de l’installation en façade d’atlantes ou de cariatides, et ainsi trouvaient là le moyen d’élargir leur public en attirant une clientèle plus huppée. Cette démarche détermine une politique de séduction utilisant les ressources de la sculpture afin d’annoncer le luxe du décor de la salle en évoquant celui des plus grands théâtres du boulevard.

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

    A l’étage supérieur, quatre cariatides symbolisant la Folie, la Comédie, la Satire et la Musique sont dues au sculpteur Jules Salmson.

     

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

    Je suppose que celle-ci est celle représentant la Comédie...

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture !

    Notre balade architecturale se termine au 3, rue de la Chaussée d'Antin : on y trouve (encore !) un balcon soutenu par un atlante et deux cariatides.

    NB : Un site sur le net répertorie presque toutes les cariatides et les atlantes de Paris : ICI.

    Tout, tout, tout vous saurez tout sur... la rue Réaumur et son architecture ! 

    Allez, un petit Quizz pour terminer : ces cariatides sont-elle engainées... ?

    La réponse est dans le texte ! Il suffit de le lire...

    Bon courage à vous !

    Un grand merci à Anne-Marie pour cette visite absolument passionnante.

     


    10 commentaires
  • C'est au sud-est de la Capitale que m'entraîne aujourd'hui notre randonnée bimensuelle avec Générations 13 conduite par Jacqueline.

    En gare de Sucy-en-Brie vers les 10 heures du matin...

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    Une maison à l'architecture intéressante...

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    Quel est cet arbre porteur de gros fruits orangés ? Jean-Pierre nous précise qu'il s'agit d'un plaqueminier.

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    Quésako.... ? Mais c'est un arbre à Kakis bien sûr !

    Originaire de la Chine, ses fruits ressemblent à de grosses tomates tirant vers l'orange. Astringent car riche en tanins quand il n'est pas mûr, il devient délicieux à maturité. L’Europe ne l’a découvert qu’au XIXe siècle et en France ce n’est qu’en 1870, à Toulon, que les premiers plaqueminiers sont plantés. Les méridionaux ont été les premiers à savourer ce nouveau fruit exotique.​

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13 

    A la Claude Monet... 

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13 

    Un tronc tout à fait impressionnant

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    Le Morbras est un affluent de la Marne.

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    Nous voici arrivés à l'entrée du Parc départemental du Morbras. Celui-ci s'étend sur plus de 12 hectares le long de la rivière.

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    Paul nous raconte l'histoire liée à ce parc.

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    Il fut, au début du siècle, le cadre des promenades des héros de Raymond Radiguet dans "Le diable au corps", premier roman paru en 1923. C'est le récit d'une histoire d'amour entre un jeune garçon et une femme tandis que le fiancé de cette dernière se bat sur le front durant la Première Guerre mondiale. Cette œuvre marque les esprits par l'extraordinaire sens de la formule de son auteur, et surtout le mythe qui l'entoure (Radiguet est mort à l'âge de 20 ans).

    Raymond Radiguet (1903-1923)

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    En avril 1917, Raymond rencontre Alice Serrier, une jeune voisine de ses parents à Saint-Maur qui vient de se marier avec Gaston, parti au front. La liaison de Radiguet (14 ans) avec Alice alors que le mari de celle-ci est dans les tranchées inspirera Le Diable au corps2. Cette liaison ne durera qu'un an et, à partir de 1918, il s’éloignera peu à peu de la jeune femme.

    Cependant, Raymond Radiguet niera toujours la dimension autobiographique de son roman.

    Nous voici partis pour la traversée du parc (cliquer ICI pour voir le pdf associé).

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    Il faut de bons yeux pour apercevoir ces cyclamens !

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13 

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13 

    Jean-Pierre nous dit que cet arbre est un mûrier. Il devrait bientôt prendre de belles teintes orangées... 

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13 

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13 

    A l'entrée de la forêt Notre-Dame, des panonceaux indicateurs.

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    Cliquez sur la photo pour lire son contenu.

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    A la bonne heure : voici une indication de lieu...

    Seules Eliane et Marie-France pourrons comprendre ce trait d'humour !

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    Après une belle promenade bien boueuse dans la Forêt domaniale de Notre-Dame..., direction les Orchidées Vacherot et Lecoufle pour la partie "culturelle" de la randonnée.

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    Un petit film nous y attend : on y apprend tout sur l'orchidée et ses créateurs qui ont été consacrés "Champions du monde" lors du 18ème congrès en 2006.

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    Dans la serre, les photos sont interdites mais heureusement on peut en trouver sur le site internet de cette maison créatrice et sélectionneurs d'orchidées depuis 130 ans.

    Cette famille d'horticulteurs officie à Boissy Saint-Léger (Val-de-Marne) et c'est aujourd'hui Philippe, arrière-petit-fils du fondateur, et sa femme Françoise, qui dirigent l'entreprise familiale créée en 1886. Allier le savoir-faire à la modernité était un pari difficile, que l'entreprise a remporté au prix d'une ténacité et d'une créativité débordantes.

    Ne me demandez pas leur nom...

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    Eh non, ce n'est pas la même...

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    A coup sûr : c'est un Phalaenopsis, la plus commune d'entre elles.

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    Celle-ci est déjà plus élaborée.

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    Les blanches sont très belles aussi...

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

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    Il y en a pour tous les goûts ! Pour toutes les bourses, c'est moins vrai : les prix sont élevés, travail et consécration oblige...

    La forêt Notre-Dame et les orchidées Vacherot et Lecoufle avec G13

    Merci Jacqueline pour cette belle balade.


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  • Poitiers possède un patrimoine architectural exceptionnel qui s'est enrichi au fil des époques.

    Poitiers, au fil des rues...

    C'est à la gare de Poitiers que commence ce reportage.

    Je suis en possession d'un plan de la ville que la gare m'a gentiment fourni, sur lequel sont matérialisés trois itinéraires conduisant dans des directions différentes au départ de Notre-Dame-la-Grande. Malheureusement, il faudrait que la ville leur redonne un bon coup de peinture car on perd très souvent leur trace, signe que les rues ont été beaucoup empruntées : un bon point pour le Tourisme !

    C'est donc un itinéraire très personnel que je vous fais suivre maintenant.

    Poitiers, au fil des rues...

    Poitiers en 150 photos

    Empruntant la passerelle de la gare puis les escaliers du même nom, je m'achemine rapidement vers le centre ville.

    Poitiers en 150 photos

    Le clocher-porche de l'église romane Saint-Porchaire date du XIème siècle tandis que l'église, qui tombait en ruines à la fin du XVème siècle, fût reconstruite au siècle suivant.

    Poitiers en 150 photos

    Cette lithographie du XIXème siècle montre que la place n'a guère changé depuis : en 1843, le conseil municipal décida de détruire le clocher pour élargir la rue. Il est sauvé in extremis par la mobilisation de la Société des Antiquaires de l’Ouest et de Prosper Mérimée, inspecteur des Monuments historiques.

    Poitiers en 150 photos

    Devant l'église, une fontaine en forme de dragon,

    Poitiers en 150 photos

    et de jolis chapiteaux au niveau du porche (avec des lions et des oiseaux) qui prouvent que celui-ci n'est pas jeune...

    Poitiers en 150 photos

    Cette église a la particularité d'avoir une double nef gothique et donc deux autels dont l'un réservé était aux moines et l'autre aux fidèles. Trois piles en palmier les séparent.

    Poitiers en 150 photos

     La rue Victor Hugo relie la place de l'Hôtel de Ville à celle de la Préfecture. Au N°9 se trouve le Portail de l'ancienne église des Augustins, ordre mendiant établi au XIVème siècle à Poitiers. Le lourd portail ouvre sur une cour et donne accès au Musée Rupert de Chèvres (collectionneur et amateur d'art poitevin du XIXème siècle) qui est fermé pour travaux et pour une période indéterminée...

    Poitiers en 150 photos

    Portail de l'Hôtel d'Yversay

    Cet hôtel particulier occupe l'emplacement d'un ancien jeu de paume.

    Poitiers en 150 photos

    Le jeu de paume ou "esteuf" (par allusion avec les boules d'étoffes avec lesquelles on joue) était très à la mode à Poitiers depuis le XIIIème siècle. Cet ancêtre du tennis était pratiqué au XVIIème siècle dans 22 salles à Poitiers. 

    Poitiers en 150 photos

    Maison de la fin du XIXème siècle : un riche décor d'imitation Renaissance orne principalement la travée centrale et à chaque étage des masques décorent le dessous des fenêtres.

    Poitiers en 150 photos 

    Poitiers en 150 photos

    Poitiers en 150 photos

    La place de la Préfecture de Poitiers est déserte, comme la ville l'est d'ailleurs dans son ensemble en ce jour de Toussaint. L'architecture du bâtiment est d'inspiration Louis XIII en brique et pierre à l'image des maisons qui composent cette place.

    Poitiers en 150 photos

    Cette maison édifiée vers 1880 présente un décor d'inspiration Renaissance. La façade s'organise autour de deux loggias reliées par un balcon.

    Poitiers en 150 photos

    Poitiers en 150 photos 

    Feuilles d'acanthes, coquillages, médaillons et angelots la décorent agréablement. 

    Poitiers en 150 photos

    Me voici maintenant dans la rue des Cordeliers devant cette imposante bâtisse : il s'agit de la tour Maubergeon, attenante au Palais des Comtes de Poitou-Ducs d'Aquitaine. Il s'agit de l'un des plus remarquables ensembles d'architecture du Moyen-Age en France.

    Le nom de Maubergeon dérive de "mall-berg", l'ancien tribunal mérovingien, et c'est encore ici qu'on rend la justice à Poitiers même si, vous le verrez plus loin, la façade de l'actuel Palais de Justice a été remaniée après la Révolution française.

    Poitiers en 150 photos

     La construction du Palais ducal commence sous le règne de Guillaume le Troubadour vers 1104.

    Poitiers en 150 photos

    Au Moyen-Age, musiciens, chanteurs et conteurs parcourent les routes, allant de château en château, pour égayer les banquets. Leurs instruments sont petits, faciles à transporter comme : le luth, la flûte ou le tambourin.

    Inventeur de l'amour courtois, le Comte Guillaume le Troubadour (1071 - 1126) est le premier troubadour connu et le premier poète lyrique de la littérature française dont on sait le nom. Les thèmes qu’il évoquait étaient les femmes et l’amour (parfois crûment).

    Guillaume, avec ses chansons, mettait les femmes dans sa poche (si on peut dire !). C'est ainsi que, bien que marié à la Comtesse Philippe de Toulouse, il prend pour maîtresse à son retour de croisade une jeune femme (mariée elle aussi) si belle qu'il la surnomme "Dangereuse" (la Maubergeonne) et l'invoque comme muse dans ses poèmes. A la bataille de Cutanda (en Espagne), il aurait combattu contre les arabes almoravides avec le corps de sa maîtresse peint sur son bouclier.

    Représentation de Guillaume IX d’Aquitaine (Guillaume le Troubadour)
    dans un chansonnier provençal du XIIIème siècle conservé à la BNF.

    Poitiers en 150 photos

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    Un petit air de musique pour clore ce volet : il est tiré du site de l'Académie de Poitiers et
    s'intitule
     "Quan lo rius de la fontana" (chant du troubadour Jaufre Rudel dont Guillaume le Troubadour
    aurait été le maître de poésie ainsi que le suzerain...)

    Quan lo rius de la fontana
    S'esclarzis, si cum far sol,
    E par la flors aiglentina,
    El rossinholetz el ram
    Volf e refranh ez aplana
    Son dous chantar et afina,
    Dreitz es qu'ieu lo mieu refranba.

    Quand le ruisseau de la fontaine
    S'éclaircit, comme il le fait
    Et paraît la fleur d'églantier
    Et le rossignolet sur la branche
    Lance et reprend et adoucit
    Son doux chant embellit,
    Il faut bien que le mien reprenne.

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     On peut voir sur cette photo une partie de l'enceinte du IIIème siècle qui ceinturait la ville.

    Poitiers en 150 photos

    Empruntant la rue de la Regratterie (*), j'arrive face à Notre-Dame-la-Grande, le joyau de la ville.

    Un jour à Poitiers

      L'Office de Tourisme et les maisons avoisinantes sont à colombages. Au Moyen-Age, ce quartier était très animé comme en témoigne le nom de certaines rues : rue de la Regratterie (*) ou rue des Vieilles Boucheries.

     (*) Le regrattier était celui qui vendait en détail, et de seconde main, de menues denrées, particulièrement du sel, des grains, du charbon.

    Un jour à Poitiers

    Un petit marché se tient sur la place Charles de Gaulle.

    Un jour à Poitiers

    Sa façade-écran est célèbre : elle consiste en un grand mur dont la partie supérieure, souvent postiche, dépasse parfois de beaucoup le faîte du toit et est pourvue de deux tours - surmontées de cônes à écailles de pierre - rejetées sur les flancs de l'édifice. Cette façade monobloc ne reflète ainsi pas la division intérieure de l'église.

    Elle est ici richement sculptée : il est probable qu'elle servait de support à des prêches se tenant sur le parvis. Elle se lit en effet comme un livre d’images et raconte l’histoire de la Bible : on peut y voir les douze apôtres ainsi que deux évêques (à l'étage du dessus), et enfin le Christ tout en haut.

    En fin d'après-midi, l'église, chef-d'oeuvre de l'Art Roman, est mieux éclairée.

    Un jour à Poitiers

    La frise biblique encadre le portail central : elle est au dessus des deux portails latéraux.

    De gauche à droite, on voit d'abord Adam et Eve nus près du pommier autour du tronc duquel s'enroule un serpent, puis Nabuchodonosor roi de Babylone (identifié par une inscription), les quatre prophètes (Daniel, Jérémie, Isaïe et Moïse) montrant l'Ancien Testament, l'Annonciation (l'archange Gabriel annonçant à Marie qu'elle sera la mère du Sauveur), l'arbre de Jessé et à côté David jouant de la harpe.

    Un jour à Poitiers

    En ce qui concerne la partie droite de la frise, j'ai moins bien réussi ma photo... Voici quelques unes de celles que j'ai trouvées sur Bernezac.com (un site de tourisme sur la côte atlantique).

    La visitation : la Vierge Marie rend visite à sa cousine Elisabeth.

    Un jour à Poitiers

    La Nativité : la Vierge est allongée. En haut à droite, l'enfant Jésus le bœuf et l'âne. Par miracle, les têtes n'ont pas été endommagées...

    Un jour à Poitiers

    Le bain de l'enfant Jésus : deux femmes lavent le nouveau-né dan un fonds baptismal qui ressemble à un calice.

    Un jour à Poitiers

    Portail central

    Un jour à Poitiers

    Le Christ en majesté, entouré du tétramorphe, est représenté dans cette mandorle (*) Sa tête, comme presque toutes celles de la façade de l'église, a été scalpée par les huguenots lors du sac de Poitiers en 1562. On se demande comment ils ont pu y parvenir...

    (*) Le mot mandorle vient de l'italien "mandorla" qui signifie amande.

    Un jour à Poitiers

    Voici le plan de l'église : on voit bien ici qu'il n'est pas du tout classique. L'église n'a pas de transept en raison probablement de contraintes de place dues à un bâtiment côté nord et à un passage côté sud.

    Pour une journée à Poitiers...

    A l'intérieur, on est surpris de voir que l'église est peinte, en particulier les piliers qui sont ornés de motifs géométriques : ceci date de la restauration de 1851. 

    Pour une journée à Poitiers...

    On aime ou on n'aime pas : pour ma part, j'aime assez surtout que, le soleil donnant, cela faisait de jolis jeux de lumière et puis à l'origine l'église était recouverte de fresques...

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    Chaire baroque en bois sculpté du XVIIème siècle

    Pour une journée à Poitiers...

    Tout au long des XVe et XVIe siècles, différentes chapelles privées appartenant aux familles de la haute bourgeoisie poitevine sont aménagées du côté nord de l’église.

    Je m'arrête à la chapelle des Potiers (N°2 sur le plan) où se trouve une statue en pierre polychrome du XVIème siècle intitulée La Sainte Parente.

    Pour une journée à Poitiers...

    Dans la chapelle des Bardeau (N°7 sur le plan), un vitrail du XIXème siècle rappelle le miracle des clés à la porte de la Tranchée (il a été exécuté dans le style du XVIème siècle).

    L'histoire raconte que, en l'an 1202, les Anglais assiègent Poitiers. Le clerc du maire se vend à l'ennemi : contre une grosse somme d'argent, il leur livrera les clés de la ville. Le forfait doit avoir lieu le jour de Pâques. Pendant la nuit, le clerc se rend dans la chambre du maire pour lui dérober les clés, mais elles ont disparu. Au matin, quand le maire se réveille, lui aussi se rend compte que les clés ne sont plus à leur place. Il se doute d'une trahison ; l'effroi le saisit. Il prévient aussitôt les troupes de la ville et se rend à Notre-Dame-la-Grande pour prier. Là, stupéfaction : il découvre la statue de la Vierge, les clés à la main. Mais, pendant la nuit, la seconde partie du miracle a opéré. Devant les troupes anglaises effrayées, les apparitions de la Vierge, de saint Hilaire et de sainte Radegonde se sont succédé. Conséquence : les Anglais se sont entretués (!), le reste s'est enfui.

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    Dans le choeur se trouve justement une statue de la Vierge (N°18 sur le plan) ou Notre-Dame-des-Clés (XVIIème siècle). On voit la ville représentée sur le chapiteau de la colonne qui la soutient. Jusqu'au XIXème siècle le jour de Pâques, avait lieu une grande procession...

    Pour une journée à Poitiers...

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    Dans la chapelle Sainte-Anne (N°16 sur le plan) située au sud de l'église, se trouve une superbe mise au tombeau en pierre polychrome, oeuvre d'artisans italiens. Au dos d'un des personnages on trouve la date de 1555.

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    Le Christ est déposé dans le tombeau dans son linceul tenu par Joseph d’Arimathie (à la tête) et Nicodème (aux pieds) ; derrière le tombeau se tiennent, de gauche à droite, une sainte femme, saint Jean qui soutient la Vierge et une autre sainte femme.

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    Joseph d'Arimathie était un personnage de l'Assemblée législative de Palestine (Sanhédrin), converti secrètement à la religion catholique, qui a demandé à Ponce-Pilate que le corps du Christ soit enterré : il porte un riche manteau et une bourse à la ceinture.

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    Saint-Jean l'évangéliste soutient la Vierge. Celle-ci, comme les autres femmes, porte une guimpe (qui entoure la tête de manière assez serrée) et un voile par-dessus.

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    Nicodème, lui aussi membre du Sanhédrin, est l'un des tout premiers disciples de Jésus. Il apporta la myrrhe et l'aloès pour l'embaumement du corps du Christ.Une grande tristesse se lit dans le visage de la sainte femme.

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    Le Christ semble apaisé...

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    Continuons la visite extérieure.

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    Le mur sud conserve son porche roman, bien que très restauré au XIXe siècle. Il était surmonté à l’époque romane d’un cavalier sculpté, haut-relief refait au XVIIe siècle puis détruit après la Révolution. Un petit porche gothique (en premier plan) a été rajouté au XVe siècle.

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    Le chevet de l'église est occupé par des terrasses de café.

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    Après un bref déjeuner, passant par le Jardin des Plantes au nord de la ville, je m'achemine vers le Clain, rivière qui arrose Poitiers.

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    Le Clain

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    Une vingtaine de moulins sont construits le long du Clain au Moyen-Age. Certains servaient à la meunerie, d'autre au tannage et d'autres encore à la fabrication du papier (il existait une Université dès le XVème siècle à Poitiers).

    Le moulin de Chasseigne existe toujours : il est devenu propriété privée.

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    Voici la façade (refaite au XVIIIème siècle) de l'église Saint-Jean-de-Montierneuf : elle était l'abbatiale romane de l'ancienne abbaye bénédictine construite au XIème siècle.

    Plutôt austère, la façade si ce n'est le portail...

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    On accède à la nef en descendant une dizaine de marches.

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    Un choeur gothique éclairé par de larges verrières

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    Faisant le tour du déambulatoire, je découvre de magnifiques chapiteaux de colonnes. Rien que pour ça, l'église mérite la visite ! La plupart des chapiteaux sont des copies, les originaux (XIème siècle) sont au musée Sainte-Croix.

    On parle ici d'animaux "affrontés": je n'ai pas identifié leur nom...

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    et ici d'oiseaux "adossés" (qui se tournent le dos)

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    Eléphants affrontés : il s'agit peut-être d'une des plus anciennes représentations de cet animal dans la sculpture de l'Ouest.

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    Dragons affrontés

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    Il y a aussi des chapiteaux aux décors floraux.

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    Ce lion semble curieusement lamper l'eau d'un calice !

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    De retour dans le centre par la rue de la chaîne : elle tire son nom de la chaîne qui servait à barrer la rue en cas de trouble et à protéger le marché le samedi.

    Pour une journée à Poitiers...

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    Au passage, un petit coup d'oeil à la place de la Liberté : entre le moment où cette photo (qui n'est pas de moi car la place était en travaux) et la photo suivante, la torche a changé !

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    En fait, elle a retrouvé son globe d'origine.

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    A l'angle de la Place de la Liberté le très élégant Hôtel Fumé : il s'agit d'un édifice de style gothique flamboyant édifié par Pierre Fumé, Maire de la ville, au XVème siècle. Son fils, François, le fit agrandir au XVIème siècle.

    Une moulure continue sépare nettement la partie haute de la partie basse du bâtiment. Dans la partie haute, d'adorables petits toits en poivrière, des créneaux et de faux mâchicoulis rappellent l'époque médiévale.

    Pour une journée à Poitiers...

    Dommage que le portail sur rue ait été fermé...

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    Un mur isole cet Hôtel particulier de la rue : on y voir un portail ornementé de pierres en saillie, dites en bossage.

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    Cette photo a une petite histoire... Je m'arrête pour photographier ce bel immeuble Renaissance quand un monsieur en sort. Il me propose aussitôt d'en visiter le rez-de-chaussée !

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    Aussitôt dit, aussitôt fait...

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    Voici la courette intérieure : je n'en verrai pas plus !

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    On accède au Palais de Justice depuis la Place Alphonse Lepetit par une volée d'escaliers.

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    On aperçoit à droite l'une des tourelles du Palais des Comtes de Poitiers dont j'ai parlé plus haut.

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    Quand le Palais de Justice est ouvert, lors des Journées du Patrimoine, il est possible de visiter la grande Salle des Pas Perdus ici représentée dans un gravure datant de 1699.

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    Dans le Salon d'Honneur, on peut y voir lors des mêmes journées un vitrail représentant Aliénor d'Aquitaine, petite fille de Guillaume le Troubadour cité plus haut et... Reine des Francs au XIIème siècle.

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    Vieilles maisons Passage de la Petite Roue

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    Voici le portail de l'ancien Hôtel du Grand Prieuré d'Aquitaine (1667), situé dans la Grand' Rue :  il donnait accès à la maison du Prieur et est lui aussi décoré de pierres en bossage.

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    Non loin de là, la boutique d'un fabriquant de parapluies...

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    Ce portail est marqué par le temps...

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    En direction de la Cathédrale

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    Bien que la Cathédrale Saint-Pierre (de style gothique Plantagenêt) ait été construite sur deux siècles (à partir de la fin du XIIème), elle possède une grande uniformité car les architectes qui se sont succédé n'ont pas dévié des plans initiaux.

    Poitiers, au fil des rues...

    Le Portail Central est daté du XIIIème siècle.

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    De plus près, le tympan et les deux linteaux représentant le Jugement Dernier et la Résurrection

    En bas, les morts sortent de leur cercueil ; juste au dessus, l'archange Michel procède au tri (à gauche le Paradis, à droite l'Enfer ; en haut, le Christ trône en majesté entouré de quatre anges ainsi que de Marie et Jean qui intercèdent auprès de lui pour les âmes des registres inférieurs.

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    Joli éclairage du Portail de gauche

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    Pas de chapelles latérales pour cette église à trois nefs où l'on aperçoit à droite la statue de Saint-Pierre.

    Pour une journée à Poitiers...

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    L'orgue de François-Henri Clicquot (facteur d'orgues du Roy) est l'un des mobiliers phare de l'église.

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    Il a été livré en 1791 par son fils, Claude-François, après le décès en 1790 de son père.

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    C'est Pierre Fabre qui a exécuté le buffet de l'orgue et c'est également à lui qu'on doit la jolie chaire à prêcher dont les "piliers" sont en forme de palmier, très élégants je trouve.

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    Autre "monument" du mobilier de la cathédrale, les stalles du choeur, datant du milieu du XIIIème siècle : elles figurent parmi les plus anciennes d'Europe.

    Poitiers, au fil des rues...

    Elles sont ornées d'une extraordinaire variété de thèmes sculptés - animaux réels ou fabuleux (chauve-souris, dragons... - et figures humaines (architecte, lutteurs).

    Poitiers, au fil des rues...

    Bien qu'elles soient mal éclairées, j'ai réussi à trouver l'architecte et son compas,

    Poitiers, au fil des rues...

     ainsi qu'une sorte de coq à la queue de ver blanc... dont les ailes font penser plutôt à celles d'une chauve-souris !

    Poitiers, au fil des rues...

    Le "clou" de la Cathédrale : le vitrail de la Crucifixion, en bonne place dans le choeur

    Poitiers, au fil des rues...

    Poitiers, au fil des rues...

     Au centre, l'objet principal du vitrail : un Christ crucifié entouré à gauche de la Vierge et de son bourreau (Longin : le centurion romain qui plongea sa lance dans le flanc du Crucifié) et à droite de Saint-Jean et de Stéphaton (le légionnaire qui, selon la tradition, présenta à Jésus une éponge imbibée de vinaigre).

    Poitiers, au fil des rues...

    Au-dessus des bras de la croix se tiennent les dix apôtres accompagnés de la Vierge. Ensemble, ils sont tournés vers l'Ascension - la partie supérieure du vitrail.

    Dans cette partie se trouve le Christ en gloire dans une mandorle. Il bénit d'une main tandis que l'autre tient un livre. La mandorle est entourée - de manière surprenante - par deux anges complètement étirés et courbés qui tiennent lieu de fleurs décoratives ou de branches de rameau.

    Poitiers, au fil des rues...

    La partie inférieure du vitrail contient un carré central orné de quatre lobes. Le lobe de gauche relate la condamnation de saint Pierre et de saint Paul. Le carré central illustre le martyre de saint Pierre (crucifié la tête en bas) tandis que le lobe droit montre le supplice de saint Paul (décapité).

    Poitiers, au fil des rues...

    Dans le choeur, deux statues polychromes ont retenu mon attention : l'une représente une Vierge à l'enfant et l'autre un Saint-Joseph accompagné de Jésus.

    Poitiers, au fil des rues...

    Poitiers, au fil des rues...

    Peinture sur un mur de la nef : "La Sainte Famille"
    Cette peinture date de 1670-1675. Elle a été commandée à l'époque par le chapelain de la cathédrale. A la Révolution, elle a été recouverte d'un badigeon, mais dégagée en 1847.

     

    Poitiers, au fil des rues...

    Peinture sur un mur de la nef "Jésus à Gethsémani" (fin du XVIIe siècle)
    La cathédrale Saint-Pierre compte beaucoup de peintures de cette sorte. Elles ont toutes été recouvertes de peinture à la Révolution, mais on les redécouvre depuis le XIXe siècle.

     

    Poitiers, au fil des rues...

    Le Palais épiscopal jouxte la Cathédrale.

    Poitiers, au fil des rues...

    Poitiers, au fil des rues...

    Pour la visite du Baptistère Saint-Jean (construit dans le courant du Vème siècle, il s'agit de l'un des plus anciens monuments de la chrétienté), il faudra que je revienne car il était fermé à cette heure.

    Poitiers, au fil des rues...

    Retour à la gare par le même chemin qu'à l'aller...

    Poitiers, au fil des rues...

    Quelle chance d'avoir bénéficié de ce beau soleil pour cette journée de déambulation...

    Même pas fatiguée !


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  • Cette année, et pour la première fois, je me suis inscrite à l'Université Permanente de Paris qui offre aux Seniors habitant Paris depuis plus de 3 ans une profusion d'activités gratuites (surtout des conférences) dans le domaine culturel principalement, mais aussi des propositions de randonnées pédestres ou de promenades découvertes de la capitale.

    C'est ainsi que vendredi j'ai fait une visite guidée du quartier du Sentier (ce rectangle d'immeubles délimité par la rue du Sentier à l’ouest, le boulevard de Sébastopol à l’est, le boulevard Poissonnière et le boulevard de Bonne-Nouvelle au nord et la rue Réaumur au sud, et dédié à la confection textile).

    Le Sentier avec l'Université Permanente

    Le rendez-vous était donné au 2, Place du Caire dans le 2ème arrondissement.

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    Celle-ci est ainsi nommée pour rappeler le souvenir de l'entrée victorieuse des troupes françaises au Caire le 28 juillet 1798 (conduite par Bonaparte). Les rues avoisinantes évoquent d'ailleurs l'Egypte (rue d'Aboukir, rue de Damiette, rue d'Alexandrie, rue du Nil...).

    La tête de la Déesse Hathor (identifiable à ses oreilles de vache) que vous apercevez entre les branchages de cet acacia aux belles couleurs d'automne, est l'un des trois hauts-reliefs ornant la façade de l'immeuble situé au niveau du Passage du Caire.

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    L'immeuble a probablement été réalisé dans le style "Retour d'Egypte" peu avant 1830 par Jules-Gabriel Garraud, architecte : à cette époque c'était "l'Egyptomania".

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    Une grande frise ornée de hiéroglyphes surmonte les trois têtes d'Hathor, chacune étant couronnée d’une Mastaba, ce qui confirme une bonne connaissance de l’art égyptien.

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    Une autre frise de hiéroglyphes forme la corniche de l’immeuble. On peut y voir la caricature d'Henri Bougenier, peintre du XIXème siècle dont le nez était, pour le moins, proéminent ! Il faut savoir que des caricatures de ce fameux "nez de Bougenier" ont été crayonnées à divers endroits de Paris par ses camarades de l'époque, en représailles d'une querelle.

    On peut se rendre compte sur la photo par la même occasion de l'élégance des chapiteaux en forme de feuille de lotus des colonnettes qui soutiennent la frise.

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    Donnant sur la Place du Caire, le Passage du même nom dont la construction en 1798 est attribuée à l’architecte Philippe-Laurent Pétrel : mesurant au total 370 m, c'est le plus grand de la Capitale). Il fit l’objet d’une vaste opération de lotissement des terrains de l’ancien couvent des Filles-Dieu (religieuses hospitalières).

    C'est devant l'entrée du Passage du Caire que nous retrouvons notre guide de la matinée, Romain Siegenfuhr, diplômé de l'Ecole du Louvre, ayant créé le site "Culture en Capitale".

    Comme sur la photo : très sympathique mais surtout très compétent.

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    Nous sommes une petite vingtaine à participer à cette visite. A l'avant-plan, une sculpture intitulée "L'homme au bras levé" d'Olivier Brice.

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    Nous prenons maintenant la rue d'Aboukir.

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    Le guide nous fait remarquer les fenêtres en demi-cercle du premier étage, signe d'une activité commerciale intense du quartier, de longue date.

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    Regardez la lucarne où était accrochée une poulie destinée à  monter des charges sans emprunter des escaliers parfois trop étroits...

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    Ah... : comme ça c'est mieux, non ?

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     Alors là, il va falloir que vous me croyiez sur parole car la photo ne rend pas la réalité : il s'agit de pans d'immeubles avec des murs "à fruit" situés rue de Cléry.

    Je ne connaissais pas cette expression : Le fruit est l'inclinaison donnée en arrière au côté extérieur des murs d'une construction, la surface intérieure restant cependant et toujours rigoureusement verticale. C'est pour voir plus de solidité que l'on donne du fruit aux murs.

    Un petit crobard vaut mieux qu'un grand discours !

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    La rue des Degrés, comme son nom l'indique, n'est qu'un petit escalier faisant communiquer la rue de Cléry avec la rue Beauregard (dont le nom sera expliqué plus loin).

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    Ses façades aveugles se prêtent au Street Art.

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    La butte sur laquelle nous venons de monter, appelée au XVIIème siècle la "butte aux gravois" (les habitants parlaient aussi de la "Ville-Neuve-sur-Gravois"), provient des immondices et des boues de voirie entassés à cet endroit depuis le Xème siècle jusqu'à la fin du XVIème siècle en dehors de l'enceinte de Charles V (limitée à la rive droite). Les rares rues voisines se plaignaient d'ailleurs des mauvaises odeurs...

    Une visite du quartier du Sentier avec l'Université Permanente

    Des moulins s'y installèrent puis des maisons...

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    Le quartier prit au XIXème siècle le nom de "butte Bonne-Nouvelle" du nom de l'église que l'on aperçoit un peu plus loin.

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    Au 23 de la rue Beauregard (ainsi nommée du fait du panorama qu'elle offrait à l'époque.), se trouvait la maison occupée autrefois par Catherine Deshayes, épouse du bijoutier Monvoisin, dite "la Voisin"célèbre empoisonneuse prétendue sorcière.

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    Voici une estampe de la Voisin (1640 - 22 février 1680) datée du XVIIème siècle 

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    Très connue par ses contemporains (principalement des femmes (Eh oui, les femmes sont parfois plus vicieuses que les hommes, ou plus roublardes... !) dans les domaines de la chiromancie et de la vente de poisons, elle est suspectée d'être à la tête d'un réseau d'environ 100 empoisonneurs qui sévirent pour le compte de la haute société à la fin du XVIIème siècle, ce qui la fit mêler à "L'affaire des Poisons". Elle est également connue pour sa pratique d'avortements, illégaux et sévèrement punis à l'époque.

    L'historien Jean-Christian Petifils raconte :

    "on y vendait aussi bien des onguents que d'actifs poisons, herbes vénéneuses, ciguë, morelle, grains d'opium, venin de crapaud ou de vipère, sublimé, arsenic ou ses dérivés, le réalgar ou l'orpiment ; des devineresses, comme la Bosse, la Vigoureux ou la Voisin, font commerce de philtres aphrodisiaques, où se mêlent urine, sperme, sang menstruel, rognures d'ongle, bave de crapaud et mouches cantharides ; des sages-femmes, comme la Lepère, pratiquent les avortements en série ; des prêtres apostats et sacrilèges, comme l'abbé Cotton, maître des petites écoles de la Charité, l'abbé Deshayes, prêtre de Notre-Dame de Paris, Gilles Davot, chapelain de Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle, l'abbé Mariette, vicaire à Saint-Séverin, et surtout le plus hideux d'entre tous, Etienne Guilbourg, dit le Prieur, adepte du démon, fournissent des hosties consacrées, rédigent des conjurations, glissent sous le calice des poudres et des poisons pour les « activer » et obtenir la bénédiction des esprits, signent des pactes avec le diable."

    La Voisin se livrait souvent à la pratique de messes noires : un jour, la célèbre Madame de Montespan lui demanda d'en organiser une pour qu'elle puisse revenir dans les faveurs du roi en éliminant sa rivale, Mademoiselle de Fontanges. La Voisin accepta et fit appel à l'abbé Etienne Guilbourg pour l'aider.

    Je ne vous raconte pas les horreurs que j'ai lues à ce sujet qui aboutirent à l'arrestation de la Voisin et à son supplice en place de Grève où elle fût brûlée vive...

    Une visite du quartier du Sentier avec l'Université Permanente

    Comme quoi, il n'est pas prudent de jouer avec le feu ! Ha ha ha...

    A la Magritte...

    Ceci n'est pas un fleuriste, c'est un restaurant (au coin de la rue que nous allons emprunter).

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    Rue de la Lune

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    L'église Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle a été construite sur pilotis (du fait sans doute de la nature meuble du terrain). L'édifice actuel, de style néoclassique, date de 1830.

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    La maison Castrique : un beau Siège Social à deux pas des Grands Boulevards...

    A la tête d'une société d'assurance de bris de glaces et de vitrines, Marie Caroline Castrique la développe en y ajoutant un service de remplacement des vitres brisées. En 1842, elle poursuit son idée et crée la Générale Maison Castrique pour assurer le nettoyage des vitres de ses clients.

    Ainsi naquit la première entreprise de nettoyage d'Europe de glaces et de vitrines !

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    A l'arrière du bâtiment, une mosaïque présente l'enseigne.

    Anecdote : Nathalie Kosciusko-Morizet y avait signé un bail pour son futur local de campagne pour la Présidence de l'UMP...

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    Une belle enseigne, non ?

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    La rue de la Ville Neuve (Cf. Ville-neuve-sur-Gravois plus haut) débouche sur le Boulevard Poissonnière au niveau du Théâtre du Gymnas Marie-Bell.

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    La tragédienne Marie Belle en prend la direction en 1962 ; elle interprète notamment une Phèdre particulièrement marquante. Elle dirige le théâtre jusqu’à son décès le 15 août 1985.

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    Le petit immeuble du centre est le premier immeuble daté de la Capitale (1830).

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    En prenant la rue Rougemont, on débouche sur une construction fort élégante...

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    Mais avant d'en parler, le guide s'arrête au N° 13 devant la devanture d'une ancienne crèmerie BOF,un établissement où l’on vend du lait, de la crème, du fromage et souvent des oeufs, d'où l'acronyme BOF pour "Beurre, Oeufs Fromages".

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    Pendant la Seconde guerre mondiale, les détaillants en beurre œufs et fromage ont acquis la dégradante réputation de s'enrichir grâce au marché noir. Ils vendaient leurs produits sous le manteau à des prix excessifs, profitant du rationnement. Le sigle BOF (Beurre Œufs Fromage) est négativement connoté depuis.

    Les laiteries et les crèmeries n’ont pas toujours existé. Pendant très longtemps, les paysans buvaient du lait et vendaient leur fromage à la ville. Les laiteries de campagne apparaissent au début du XXème siècle tandis que les techniques se perfectionnent pour conditionner le lait selon des normes d’hygiène qui se font exigeantes. A la ville, il s'agit souvent de pauvresses venues de leur campagne pour vendre au détail les quelques litres qu’elles tiraient de l’exploitation familiale. 

    La crèmerie de ville, seul établissement capable de s’adapter aux bouleversements du progrès industriel et agricole, remplace ensuite la paysanne. La première crèmerie ouvre à Paris en 1870, près des Halles et de son arrivage de matière première.

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    À Paris, dans la seconde moitié du XIXème siècle, certaines crèmeries deviennent des restaurants bon marché, fréquentés par une clientèle populaire et laborieuse, où les ouvrières et les étudiantes sont nombreuses. Outre des laitages et des fromages, ces crèmeries proposent du riz, des œufs, des bouillons, puis également des viandes plus ou moins soigneusement préparées. Lorsqu'on est lassé de manger tous les jours la même chose dans sa crèmerie habituelle, on va dans une autre, d'où l'expression "Changer de crèmerie" !

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    Détail intéressant, cette laitière très "image d'Epinal" figée en façade sur de la céramique est déjà un métier qui disparaît. Elle est ici fantasmée par la ville qui l’habille de couleur et de vêtements folkloriques ; mais cette image est davantage rêvée qu’elle n’est fidèle et la laitière appartient au passé.

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    Il s'agit de l'oeuvre d'un peintre de la Faïencerie Ebel et Cazet

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    Nous voici devant l'imposant bâtiment de la Banque BNP Paribas. Il fallait bien ce luxe pour une banque... A l'origine, l'édifice était celui de l'ancien Comptoir National d'Escompte de Paris.

    Il est l'une des réussites du style éclectique de la fin du XIXème siècle.

    Il fut élevé entre 1878 et 1881 par Corroyer, élève de Viollet-le-Duc, et se distingue par l’aspect monumental  de sa façade et l’opulence de son ornementation. Encadrant le fronton en marbre rouge, on trouve d’un côté la Finance et son grand livre, et de l’autre le Commerce représenté avec le caducée d’Hermès, sculptures également de Millet.

    Un grand toit en pavillon, rehaussé d’un clocheton, couronne enfin le tout, rappelant que Corroyer fut aussi l’un des restaurateurs du Mont-Saint-Michel !

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    Au dessus des trois hautes arcades de l’entrée, se tient la Prudence qui tient d’une main un sceptre et de l’autre le miroir de la Vérité, grande statue sculptée par Millet. Elle est surmontée  entre les demi-coques de bateaux en haut-relief, d’une frise de cinq médaillons en mosaïque polychrome figurant les cinq continents.

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    Empruntant la rue Bergère qui longe l'édifice, nous arrivons à la Cité Bergère.

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    Cette création urbaine du règne de Charles X est une des plus originales de la Restauration. A l’origine passage fermé la nuit, disposant de trottoirs (innovation pour l’époque) et de réverbères, la cité Bergère relève du style néo-classique le plus élégant.

    Dans cette voie paisible la plupart des immeubles sont des hôtels de tourisme ayant gardé leur ordonnance de baies cintrées sur entresol et leurs chapiteaux ioniques.

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    Les entrées sont souvent agrémentées de gracieuses marquises en fonte datant de la Belle époque.

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    La sortie de la Cité s'effectue par un passage voûte donnant sur la rue Montmartre.

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    Tout près, au 7 boulevard Montmartre, le Théâtre des Variétés est l'un des plus anciens théâtres parisiens encore en activité (il date de 1807).

    Avouez qu'il fait triste figure avec ces néons publicitaires...

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    Notre guide nous montre une photo représentant le théâtre vers 1820, à côté des deux Panoramas.

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    Les Panoramas étaient une attraction commerciale constituée de deux rotondes de 17 mètres de diamètre et de plus de 20 mètres de haut où se déployaient des toiles peintes figurant des paysages de Paris, Toulon, Rome, Jérusalem et d'autres grandes villes célèbres. Le spectateur, placé au centre sur une estrade, recevait la lumière par le haut (par un puits de lumière cachée).

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    Le cinéma n'existait pas encore...

    La Bibliothèque Nationale possède plusieurs estampes représentant des panoramas de Paris tels que celui-ci (une vue du Boulevard Poissonnière).

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    A côté du Théâtre des Variétés, une "pelle" raconte l'histoire du Passage des Panoramas. Doté, dès 1817, de l'éclairage au gaz, il possédait une foule de boutiques de luxe dont le graveur Stern qui y possède encore un emplacement.

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    Le passage des Panoramas sous l'Empire : une affiche du Théâtre des Variétés

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    Voici la Galerie des Variétés qui fait communiquer le théâtre avec le Passage des Panoramas.

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    L'enseigne du graveur Stern

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    On peut voir rue des Panoramas des fenêtres en demi-cercles : c'était le signe, rappelez-vous, d'une grande activité commerciale... et ça l'est toujours !

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    Une rue qui porte bien son nom : la rue des Colonnes. Elle date de l'époque révolutionnaire. Les arcades couvertes permettaient aux passants d'accéder facilement aux commerces. A l'origine, c'était une voie privée fermée par des grilles entre 11 heures du soir et 5 heures du matin.

    Cela conduira aux passages couverts.

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    L'architecte (Nicolas Vestier) dessine des colonnes doriques, très sobres donc, et orne les façades de palmettes (inspirées de l’architecture étrusque).

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    La rue, longue de 90 mètres, a été mutilée et fractionnée par le percement de la rue de la Bourse en 1826 et de celle du Dix-Décembre en 1864. Elle a sans doute inspiré les créateurs de la rue de Rivoli.

    C'est d'ailleurs à la Bourse que se termine cette très intéressante balade.

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    Le plan de la balade

    Cela parait peut-être grand mais en fait on n'a fait que 500 mètres en tout. Que de richesses et d'histoire sur une si petite surface !

    Une visite du quartier du Sentier avec l'Université Permanente

    Merci à la Mairie de Paris (enfin je peux voir où passent mes impôts...)


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